X

 
Crédit photo : IFV
David Lafond
La viticulture disruptive
 

Ses essais ? David Lafond pourrait vous en parler pendant des heures. Cet ingénieur au pôle Val de Loire de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) teste des systèmes de culture très disruptifs. Sa vision ? Avec le mode de conduite actuel de la vigne, les marges de manœuvre pour réduire le recours aux produits phytosanitaires sont très limitées, les viticulteurs ayant déjà fait beaucoup d’efforts. Il faut donc un système de conduite en rupture. Et raisonner à l’échelle d’un territoire. « En arrivant à des paysages plus diversifiés, on va baisser la pression des bioagresseurs et donc les traitements » explique-t-il. Exit donc la monoculture. Place aux arbres de différentes essences, aux haies, aux couverts végétaux variés… en association avec les vignes. Des principes que l’ingénieur éprouve à Montreuil-Bellay, dans le cadre du programme Diverviti.

David Lafond, 42 ans travaille depuis douze ans à l’IFV. Mais c’est dans la production qu’il a démarré sa carrière. « J’avais toujours la tête dans le guidon et n’avais pas le temps de réfléchir à l’amélioration des pratiques » explique-t-il. Or ce qui l’intéresse, c’est d’avoir une vision à moyen et long terme de la viticulture. Il rejoint donc l’IFV où il commence par travailler sur la réduction des produits phytosanitaires, notamment via la modélisation. Puis il passe aux approches systèmes. David Lafond est conscient que de tels changements ne peuvent pas se faire du jour au lendemain. Pour autant, il n’a pas peur de se projeter… Et de tester la vigne du futur.

 


Christelle Stef