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Crédit photo : DR
Renaud Cavalier
Conseiller inventeur
 

Il a plus d’un tour dans son sac ! Ex-vendeur en concession, formateur tractoristes et ex-agriculteur sur l’exploitation familiale dans sa jeunesse, Renaud Cavalier a gardé de ses débuts professionnels un goût prononcé pour le machinisme au contact des producteurs, notamment de ses frères (l’agriculteur Edouard et le viticulteur Jean-Benoît). Aujourd’hui expert en agroéquipement de la Chambre d'Agriculture du Gard, il continue de mélanger savamment les genres, entre démonstrations au champs, développement de solutions techniques et expertise nationale sur la pulvérisation.

Savant fou ? Pas du tout ! Renaud Cavalier sait où il veut aller. Et il y va. « Je rentre dans la Chambre en 1998 se souvient le natif de Fourques, en rive droite du Rhône. C’est une époque où on commence à parler des problématiques pulvé. Mon rêve était alors de fabriquer le premier banc de réglage pour pulvérisateur en France, car je voyais beaucoup de soucis dans les vignes. On y est arrivés en 2000 avec une subvention de la Région. C’était un banc de mesures mais aussi pédagogique, pour que les résultats parlent aux viticulteurs ». Ensuite, tout s’enchaîne. Le service de traitement spécialisé Adivalor l’appelle pour discuter des bidons mal rincés. L’initiative donne naissance à Rincotop. Puis à la fin des années 2000 arrive Lavotop : Renaud Cavalier met au point une solution pour laver les pulvérisateurs sur la parcelle. Son obsession reste l’écoute du terrain. « Mon souci, c’est de concevoir des solutions que les constructeurs ne font pas » explique-t-il. C’est pour cette raison qu’il développe ensuite d’autres systèmes, comme par exemple un contrôle des débits droite et gauche d’appareil, au lieu d’un seul à l’achat de la machine. Tout comme un simulateur de conduite de tracteur, à destination des jeunes, avec l’aide de Claas, de Groupama et de la MSA.

Dernière innovation en date, cette année 2020, la barre de guidage Matrix 430 VF. Renaud l’a développée en collaboration avec la société Teejet. « Le travail de nuit peut être une vraie galère. Il fallait une solution pour être sûr de savoir dans quelles rangées on a déjà travaillé, et inversement ». Depuis 2013, tous les développements de produits sont accessibles sur commande depuis le site internet Top-Pulvé de la chambre d’agriculture du Gard. « La Chambre m’a toujours laissé la possibilité d’être créatif. C’est grâce à cette ouverture qu’aujourd’hui on a des papiers hydrosensibles les moins chers, qu’on a Top’incorpo, un mélangeur et incorporateur de bouillie que j’ai développé en 2009, à la suite d’une remarque de mon frère sur la hauteur des outils et le risque à utiliser des échelles. L'enjeu pour l'agriculture aujourd'hui, c'est de produire mieux avec moins de produits. Cela ne sera possible qu'avec une pulvérisation irréprochable, en conventionnel comme en biologique. Toute ma carrière, je me suis efforcé de trouver des solutions techniques efficaces, accessibles financièrement pour les agriculteurs et compatibles avec les attentes sociétales et environnementales ».

A l’avenir, Renaud Cavalier veut défricher encore d’autres domaines. Outils connectés, hybridation désherbage mécanique et chimique, pulvé ZNT moins coûteuse, pulvé anti-dérive proche de la végétation sont pour lui autant de terrains de recherche. Mais celui qui le tient particulièrement à cœur c’est le « tracteur tonneau ». « Je vois encore trop de monde l’été, des conducteurs en tracteur sur la route, qui roulent à fond avec l’arceau de sécurité en bas. Ça me fait trembler. Ils n’ont pas conscience du danger. Je veux montrer l’intérêt de porter une ceinture, grâce à un tracteur tonneau sur remorque, avec arceau ».

Courtisé ailleurs par des constructeurs, l’enfant du pays est resté fidèle à son département et à sa chambre d’agriculture. « Je suis appelé sur des démonstrations dans le Var, en Corse, dans le Vaucluse, etc. Je rencontre des viticulteurs de toute la France et je suis heureux de promouvoir le département gardois, de montrer qu’en Chambre, il y a des gens qui ne comptent pas leurs heures. Ça existe encore les passionnés ! »

 


Vincent Gobert