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Crédit photo : Luc Jennepin
Jean-Marie Fabre
L’optimisme réaliste
 
S’il n’avait pas achevé sa maîtrise de chimie par l’obtention du Diplôme National d’Œnologue, le président des Vignerons Indépendants aurait sans doute rejoint l’école des officiers de la gendarmerie nationale de Melun. Ayant repris le domaine familial en appellation Fitou*, l’élu viticole n’a pas l’âme d’un brigadier-chef, étant plus marqué par une leçon sportive de jeunesse, dans l’équipe de rugby locale : « j’étais avant. J’en ai gardé un enseignement de mon entraîneur. Il est plus facile de savoir où aller quand on sait où l’on est réellement. » Une maxime que le vigneron garde en tête pour piloter son entreprise comme les revendications de la fédération des caves particulières. Pas de lamentations ni d’occultations sur les difficultés actuelles, mais un diagnostic basé sur le réel pour négocier la mise en œuvre des leviers les plus efficaces résume Jean-Marie Fabre. Mobilisé avant même le premier confinement, le vigneron fait remonter aux parlementaires et à l’exécutif les demandes de constitution d’une « boîte à outils » la plus complète possible. Avec des réussites pour l’ensemble de la filière et de ses organisations sur les demandes de distillation de crise et d’aides au stockage privé, mais aussi des victoires en demi-teinte pour les exonérations de charges et des interrogations persistantes (comme pour le remboursement des Prêts Garantis par l’Etat). Le déconfinement estival ayant montré la capacité de rebond de la filière, Jean-Marie Fabre utilise son optimisme pour demande un soutien réaliste au gouvernement. Sa première vocation militaire lui fait ainsi demander « une division de combat au commerce extérieur pour aller sur front commercial ». * : Jean-Marie Fabre a réduit la surface domaine (de 31 à 15 ha), a diversifié la production (passant à 100 % des ventes en bouteilles) et a conservé l’inscription du domaine dans la méthode Cousinié (pour se passer d’intrants chimiques).
Alexandre Abellan