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Crédits : DR

Tristan des Ordons
Pisteur de mildiou
 

Originaire de Paris et diplômé de l’Agro Montpellier, Tristan Roze des Ordons pose ses valises dans le Bordelais dans les années 1990. Longtemps il combine une activité de vigneron à son poste de technico-commercial chez le distributeur phyto Touzan. En 2021, il plaque tout pour créer la société de conseil viticole Phloème, aux côtés de Laurent Chambriard et Aurélie Albert, deux autres anciens de Touzan.

De leur expérience de terrain les trois fondateurs gardent une approche pragmatique : baisser les phytos oui, mais sans grever la rentabilité des exploitations. Et pour ce faire, « nous avons d’emblée misé sur le numérique », confie l’agronome. « Un conseiller en stratégie numérique nous a assisté et nous nous sommes dotés d’applications d'observations terrain, d’un outil de cartographie et d’un extranet pour regrouper nos résultats ». Enveloppe : 500 000 € sur 5 ans.

Un effort colossal pour cette structure naissante, mais qui change la donne. « Nous avons pu centraliser toutes nos observations dès le départ, nous avons monté sans doute le plus gros réseau d’observation en vigne de France ». Un « minerai » de données, « que l’on croise avec les calendriers de traitement de nos clients » et qui permet « de proposer des stratégies parcellaires et optimisées, indispensable dans le contexte de restrictions actuel ».

Aujourd’hui, Tristan des Ordons et ses collaborateurs ne pourraient plus travailler autrement, car « les modèles de pression mildiou actuels, qui se fondent sur des données d’avant dérèglement climatique, ont montré leurs limites ». Tandis que les solutions innovantes ne donnent pas encore satisfaction. Le biocontrôle ? « Très efficace sur tordeuses et botrytis, mais incapable de maitriser une forte pression mildiou ». Les variétés résistantes ? « Intéressantes mais pas encore adaptées aux AOP ».

La société de conseil continue le développement de son outil numérique, tout en étendant son offre phyto à d’autres pans de la viticulture. « Notamment la fertilisation ou les travaux en vert, dont on évalue de plus en plus l’impact sur la protection avec nos clients. Nous sommes aussi engagés dans la plantation de haies et les relations avec les riverains ».

Une méthode Phloème qui fait mouche. « Nous conseillons aujourd’hui environ 200 propriétés, principalement en Gironde et en Charente, un peu jusqu’à la Loire désormais. On est passé de 3 à 11 collaborateurs en trois ans ». Au tour du mildiou d’être sous pression.


Clément L’Hôte