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Crédits : Daniel Dorko - agence Réa

Timothée Dufour
Maître en garde
 

C’est l’avocat des causes agricoles. Un titre gagné médiatiquement en défendant des éleveurs dont l’activité était contestée par leurs voisinages. Un titre mis à profit pour défendre des filières, explique Timothée Dufour, qui conseille également des firmes phytos, comme le vignoble a pu le découvrir en 2025 avec son intervention décisive pour le référé repêchant le dossier du Pledge (flumioxazine). Un herbicide dont l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) n’a pas été renouvelée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et qui causait des impasses dans le vignoble (et ses pépinières).

Mais c’est pour défendre la Fédération Nationale des Producteurs de Fruits (FNPF) que maître Timothée Dufour est intervenu et a fait entendre « la voix de la filière des fruits et légumes dans le prétoire ». C’est le conseil que donnait l’avocat parisien originaire de Dordogne à la filière vin ce printemps : « il ne faut pas que le secteur viticole craigne de se manifester dans les prétoires. Je sais que la filière vin fait face à vents et marées et peut se placer en retrait face à des allégations formulées par différentes associations. Mais ce n'est pas la bonne stratégie. Je vois lors des audiences des ONG très structurées pour les suivre et intervenir. Est-ce que l'on est capable d'avoir le même investissement ? »

Prédisant une judiciarisation de la société et un risque de retrait massif des matières actives, l’avocat a rapidement été rattrapé par l’actualité : les retraits de cuivre en cascade par l’ANSES l’été dernier mettant à découvert les contradictions des injonctions à la transition agroécologique et la réalité des surtranspositions réduisant la compétitivité de la filière.


Alexandre Abellan