X

 
Crédits : DR

Lionel Delbac
Chercheur de nuisibles
 

Depuis 30 ans, Lionel Delbac, chercheur à l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) de Bordeaux au sein de l’unité mixte de recherche Santé et Agroécologie du VignoblE (SAVE), se consacre aux insectes ravageurs. Ingénieur d’étude, ses premiers travaux de recherche se sont tournés vers les tordeuses de la grappe et la confusion sexuelle avant de se focaliser sur l’identification des insectes nuisibles et invasifs. Cicadelles, drosophiles, Cryptoblabès, vecteurs de la flavescence dorée, toutes espèces endémiques ou invasives passent sous son microscope.

À la tête de l’Observatoire des Insectes Nuisibles Endémiques ou Invasifs du Vignobles (OVNI) depuis 2022, il surveille le développement de ces populations indésirables sur 158 parcelles réparties de la Bretagne à l’Alsace et de la Corse à la Champagne. Grâce au piégeage des insectes à nouaison, fermeture de grappe et maturité puis leur analyse, il est parvenu à identifier en 2024 en Corse, puis dans les Pyrénées-Orientales et le Var peu de temps après, Jacobiosca lybica, plus connue sous le nom de cicadelle africaine. Neuf mois plus tard, en octobre 2025, c’est dans l’Aude que le ravageur est débusqué.

Dans son laboratoire, Lionel Delbac et toute l’équipe d’Adrien Rusch de l’INRAE planchent sur la mise au point d’un outil de diagnostic terrain pour faciliter l’identification de Jacobiosca lybica avant l’apparition des premiers symptômes sur feuilles. Aujourd’hui, seule l’observation microscopique des organes génitaux mâles au stade larvaire de 3 mm permet de l’authentifier et de la différencier de la cicadelle des grillures. Un manque de praticité.


Pauline Orban