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Crédits : DR

Kathleen Van den Berghe
Master of Wine de Loire
 

« Dans ma vie, j’ai toujours acquis de nouvelles connaissances. J’ai obtenu pas mal de diplômes. Mais le Master of Wine a été le plus difficile. Il était devenu une obsession ». Cette année, Kathleen Van den Berghe a été la 7e femme en France, depuis 30 ans, à décrocher ce prestigieux diplôme. Elle est aussi la première Belge flamande à l’obtenir.

Cette femme déterminée est en effet née en Belgique, où elle a mené une première carrière d’ingénieure en génie civil. Cette passionnée de vins a changé de vie il y a 15 ans, tombant amoureuse du vignoble de Bourgueil et du château de Minière. Quelques années plus tard, elle acquiert le Château de Suronde, en AOC Anjou et Quarts de Chaume Grand Cru.

À la tête de ces deux domaines, totalisant 24,5 ha en bio et biodynamie, Kathleen Van den Berghe se lance dans l’œnotourisme, tout en constituant une collection d’art contemporain belge, avec des résidences d’artistes à Suronde. Mais cette hyperactive, également maman, se donne aussi en 2019 l’objectif de décrocher le Master of Wine, « un défi personnel dans une démarche de dépassement de soi, sourit-elle. Je voulais améliorer mes pratiques, savoir comment faisaient d’autres vinificateurs. J’ai eu la chance d’avoir le soutien de ma famille et des équipes exceptionnelles sur mes deux domaines pour préparer les différentes épreuves de l’examen ».

Nantie de son titre MW, elle veut désormais en faire un outil pour les vins de Loire : « la Loire fait peur de par le nombre de ses AOC et cépages. Et ses vins ne sont pas mis au même niveau que la Bourgogne, Bordeaux ou la Champagne, alors qu’on y produit de grand vins à prix raisonnables ».

Kathleen Van den Berghe va accentuer ses actions de pédagogie. « Je faisais déjà des materclass sur les vins de Loire pour InterLoire ou dans le cadre du WSET (Wine and Spirit Education Trust) et j’en assure encore plus aujourd’hui. Je voudrais aussi proposer des dégustations encore plus techniques pour des étudiants en vins et des clubs œnophiles ». Pour elle, le vin est bien plus que le contenu d’un verre, « il raconte une histoire, une passion ».


Ingrid Proust