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Crédits : Olivier Bazalge

Éric Chantelot
Protecteur durable
 

Aujourd’hui en charge du secteur agro-écologique de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), Éric Chantelot joue le rôle de coordinateur pour la viticulture du Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (Parsada) depuis son lancement en 2023 par le ministre de l’Agriculture (Marc Fesneau lors du salon de l’agriculture). Après sa première phase opérationnelle en 2024 consacrée à la lutte contre le mildiou et la black-rot, le volet viticole du Parsada est entré dans sa deuxième phase au printemps dernier, dédiée à la lutte contre la flavescence dorée et les ravageurs émergents.

« Il n’y aura pas une solution unique à chaque problématique, mais des combinaisons mixées pour s’adapter », prévient d’emblée celui qui a commencé sa carrière pendant deux ans en Chambre d’Agriculture après l’obtention de son diplôme d’ingénieur en agriculture à Purpan. Enchaînant par un passage à l’Institut Technique de la Vigne et du Vin (ITV), où il s’occupait plutôt de problématiques d’entretien des sols et d’usages d’herbicides, Éric Chantelot a ensuite bifurqué dans le développement et l’appui commercial pour le fabricant de produits phytos Belchim. C’est au terme d’une décennie qu’il a rejoint l’IFV.

« Face à la situation subie, le ministère de l’Agriculture a fait le choix fort de décloisonner les axes de recherche en mettant plus d’investissement sur ce plan global, plutôt qu’un peu de moyens dans des petits projets où chacun reste dans son coin, et faire en sorte que tout le monde se parle », décrit-il au sujet de son rôle de coordination dans le Parsada. Car l’ambition est de taille, face aux multiples impasses qui profilent avec les interdictions de matières actives. « Il faut se donner les moyens d’explorer toutes les pistes possibles, nouvelles, disruptives, et surtout mettre au point une évaluation avec des méthodes standardisées pour mesurer l’efficacité des solutions », enchaîne-t-il.

Le Parsada est planifié pour 5 ans, avec l’objectif d’anticiper les nouveaux moyens d’actions « face à la perspective de disparition de 75 molécules, tout en accompagnant la filière sur les urgences d’aujourd’hui », pose Éric Chantelot. Il cite donc volontiers l’exemple de la lutte contre la flavescence dorée « où une approche disruptive est incontournable pour sortir de la lutte obligatoire. Aujourd’hui, on intervient un an trop tard sur les pieds contaminés. La biologie moléculaire doit nous permettre d’anticiper afin d’identifier les ceps atteints avant qu’ils entrent dans leur phase végétative et deviennent contaminants », appuie-t-il. La filière en a bien besoin.


Olivier Bazalge