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Konrad Schreiber
Pourfendeur de sols nus
 

Ne parlez pas d’« exploitation » viticole à Konrad Schreiber. Pour l’ingénieur-agronome de 60 ans, il est temps de passer à la « collaboration ». Entre les agriculteurs et leur environnement. Sa société La Vache Heureuse y veille chez les éleveurs. Et, désormais, sa filiale La Belle Vigne, créée en 2020 pour la filière viticole.

Konrad Schreiber a investi personnellement dans cette SAS. L’objectif : accompagner les vignerons vers l’agroécologie, en revisitant la gestion de leur vignoble, en totalité. Clivante pour certains, l’approche du consultant est essentielle pour d’autres. Dans le Bordelais, Claire Lurton, propriétaire des châteaux Haut-Bages Libéral et Ferrière, soutient La Belle Vigne dès ses débuts. Les châteaux Cheval Blanc (Saint-Emilion) et Anthonic (Médoc), ou David Duband (Bourgogne) font partie des propriétés conseillées par l’expert.

Son approche holistique comprend l’introduction d’arbres et de haies dans les vignes, une réflexion sur le matériel végétal, ou encore l’amélioration des modes de taille. Mais la clef de voûte reste, selon lui, la vie des sols. « Sol nu, sol foutu », martèle Konrad Schreiber au cours de ses nombreuses conférences. Son idéal : un vignoble à 100 % couvert par des végétaux, pour ramener de la fertilité et de la résilience. Mais pas que. « Les sols agricoles ont un potentiel de séquestration de carbone immense, qui n’est pas pris en compte dans les bilans carbone aujourd’hui ». Konrad Schreiber l’assure : « le carbone paysan sauvera la société ».

 


Clément L’Hôte