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Crédits : Hennessy

Florent Morillon
La croissance charentaise
 

Situation saine et sereine dans le vignoble charentais. Mais si l’AOC Cognac enregistre en 2021 ses meilleurs chiffres de commercialisation, ses opérateurs restent toujours aussi modestes et prudents face à des données pouvant rapidement évoluer. « Nous regardons devant, avec nos objectifs, mais cela ne nous empêche pas de regarder derrière et de garder à l’esprit que tout n’a pas toujours été rose » indique Florent Morillon, le directeur des relations amont et des relations institutionnelles des cognacs Hennessy (groupe LVMH). Florent Morillon a bien en tête l’ampleur de la crise du vignoble charentais des années 1990, la situation du vignoble l’ayant poussé à ne pas s’installer sur le vignoble familial et à entamer une impressionnante carrière dans l’administration viticole (des couloirs de la Commission Européenne à la Chambre d’Agriculture de Charente), avant de rejoindre le premier producteur d’eaux-de-vie charentaises.

Si ce n’était pas le moment pour s’installer il y a 30 ans, la filière de Cognac est désormais aussi porteuse qu’attractive. « L’installation de jeunes hommes et femmes est une bonne nouvelle, avec l’arrivée d’expériences et de profils qui changent » pointe le nouveau président de la Fédération des Interprofessions de Charentes et Cognac. Investissant dans ses chais et distilleries, la filière charentaise renouvelle son vignoble et plante de nouvelles parcelles avec la boussole qu’est son Business Plan. Un outil de prévision des besoins du marché que Florent Morillon connaît bien, étant le chef de la famille du négoce au comité permanent du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC).

« Un outil reconnu grâce au travail de nos prédécesseurs » précise Florent Morillon, qui note la nécessité de continuer à améliorer l’outil. Car si l’ouverture de nouveaux marchés le ravit, il ne cache pas son insatisfaction quand Cognac n’arrive pas à répondre à toutes les demandes. « À chaque fois que ce n’est pas du Cognac que l’on vend, c’est un autre spiritueux qui prend la place » regrette-t-il. Confiant, il compare la filière du Cognac à un paquebot : « on fixe un cap, en sachant qu’il y aura des coups de vent et des tempêtes pendant la traversée. Il faut être bien armé et tenir le cap. » Une orientation qui passe par l’accroissement du vignoble, mais aussi par le déploiement du développement durable dans le vignoble charentais.

 


Alexandre Abellan