X

 
Crédits : UMVR

Samuel Montgermont
L’assembleur du vin avec la société
 

À la posture du sans, il préfère la culture du sens. Directeur général de Grandes Serres et de la maison Denuzière (négoce bourguignon Michel Picard), Samuel Montgermont s’est pris de passion pour le vin à vingt ans, après avoir rencontré un médecin passionné de vin qui lui a transmis le virus : non seulement de la dégustation, mais aussi de l’histoire, de la culture, du métier… Reprenant des études à Rennes et à Aix-en-Provence avant de travailler dans les côtes-du-Rhône, il se passionne progressivement pour l’assemblage. Du travail d’anticipation de l’approvisionnement à la commercialisation d’une cuvée finalisée.

Devenu président de l’Union des Maisons de Vins du Rhône et de Vin & Société en 2020, le musicien affirme et développe une vision réaliste de la consommation de vin. Notant que « la filière est très mature, on ne prône pas la consommation excessive d’alcool », le négociant prône un débat dépassionné et constructif : « nous n’avons pas de sujet d’addiction, le vin ne peut pas être relégué à la molécule d’éthanol ». Souhaitant ouvrir la discussion avec les détracteurs de la filière vin (n’utilisant pas le terme d’hygiéniste), Samuel Montgermont défend les bénéfices sociaux et économiques de la filière vitivinicole (attractivité des territoires, paysages façonnés et entretenus…). Mais « il ne faut pas tout casser sous prétexte de dénormalisation » pointe-t-il.

Faisant le constat sans appel d’une forte déconsommation du vin en France, Samuel Montgermont y voit l’occasion d’innover pour la filière. « Les modes de consommation changent. La déconsommation est flagrante et violente, par l’effet de la pyramide des âges. C’est l’opportunité pour le vin de s’adapter » conclut-il.


Alexandre Abellan