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Crédits : DR

Adel Bakache
Conseiller par monts et par vaux
 

Inventif, curieux, aventureux et expert de la pulvérisation, Adel Bakache se plie en quatre pour répondre aux nombreuses sollicitations bordelaises, nationales et extra-européennes qu’il reçoit. Jeune trentenaire formé à l’ingénierie en agroéquipement dans son Algérie natale, il a suivi dès la fin de ses études le fil conducteur du machinisme et de la pulvérisation : en France comme en Afrique, de Moët & Chandon à la Chambre d’Agriculture de Gironde, en passant par l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (Irstea) et la Compagnie fruitière. Il a même inventé Éval’Pulvé !

De la bulle à la goutte. S’il ne se destinait pas vraiment à plancher sur la pulvérisation, un module de Master sur les Indices de Fréquence de Traitement (IFT), les phytos Cancérigènes Mutagènes et Reprotoxiques (CMR) et la base Etophy puis son stage de fin d’études chez Moët & Chandon en 2013 sur le process qualité de pulvé l’auront propulsé dans l’univers de l’efficacité des traitements phytosanitaires. S’ensuit un contrat court à l’Irstea sur la mesure de la dérive. En parallèle, la Compagnie fruitière sollicite l’Institut pour améliorer sa pulvé aérienne. « C’est à ce moment-là que j’accepte de faire une thèse, se souvient-il. Du montage d’un labo et d’un pulvé expérimental sur voiturette de golf, le tout envoyé en conteneur au Cameroun en 2015, à la soutenance en 2018, c’était une belle aventure ».

Et une belle réussite. Les résultats de « l’effet de la pulvérisation sur l’efficacité des traitements contre le développement de la Cercosporiose noire du bananier » suscitent des demandes d’expertise et de calibration d’avions de la Compagnie fruitière. Projet qu’il accepte avec l’appui de la société de conseil de son frère, lui-aussi agronome. Ce fut l’opportunité de connaître ensuite les cultures de Côte d’Ivoire et du Ghana. Puis Adel Bakache choisit de revenir « les pieds sur terre », au plus près des pulvérisateurs viticoles, à la Chambre d’Agriculture de Gironde. Humble, il oublierait presque de mentionner ses participations à la base de données sur le matériel Matévi, à la labellisation Performance Pulvé et surtout l’adaptation de son invention Éval’Pulvé à la vigne. « Le principe repose sur un boîtier que j’ai fabriqué pour le bananier, décrit-il. Il suffit de pulvériser un produit fluo et de prendre en photo quelques feuilles avec le smartphone pour savoir comment régler le matériel ».

La suite ? « La pulvérisation par drone a de l’avenir. Il y a encore beaucoup de choses à faire. A mon sens, c’est complémentaire aux autres outils, c’est une cartouche supplémentaire ». Décidément, Adel Bakache se voit toujours dans les airs.

 


Vincent Gobert