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Rosé de l’Atlantique
Mouton Cadet positionne les vins rosés de Bordeaux sur le premium

La marque phare de la baronnie lance une cuvée s'inscrivant dans une stratégie de modernisation de la production vitivinicole et de la commercialisation des vins bordelais.
Par Alexandre Abellan Le 15 mars 2022
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Mouton Cadet positionne les vins rosés de Bordeaux sur le premium
L'étiquette 2021 se décline en trois versions déclinant l'atmosphère de la côte Atlantique. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
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our prendre la vague des vins rosés premiums, l’océan Atlantique ne manque pas d’atouts face à la mer Méditerranée estime le négociant Baron Philippe de Rothschild (BPR), qui lance une nouvelle version rosée de Mouton Cadet : bio et vegan, plus moderne dans son packaging et résolument ambitieux dans son développement futur. Avec la croissance ininterrompue de sa consommation, le vin rosé « est un marché qui nous intéresse, et qui contrairement au vin rouge, se vend en majorité dans la restauration et le circuit prescripteur. Pour nous il y avait une combinaison idéale [pour] se tourner vers la jeune génération » indique Véronique Hombroekx, la directrice générale déléguée de BPR, présentant la cuvée à la presse ce 15 mars au restaurant chez Huguette (Paris VI).

Il s’agit du deuxième vin bio de Mouton Cadet, après le lancement d’un rouge bio l’an passé, et de sa première cuvée labelisée végétalienne. « Le label bio pousse notre engagement pour la protection de l’environnement et le label vegan est très important, étant moi-même végétarienne » indique la réalisatrice Mathilde Sereys de Rothschild, représentant la dernière génération de la famille Rothschild au sein du creative lab ayant abouti à cette cuvée.

12€/col

Avec 100 000 cols, il s’agit d’une « cuvée confidentielle » indique Véronique Hombroekx, qui souligne son aspect saisonnier, avec une commercialisation limitée sur « les beaux jours », de la fin mars à octobre. Déclinée en trois étiquettes (voir photo ci-dessous), la cuvée arbore une capsule à vis pour la bouteille de 75 cL (et un bouchon pour le magnum). Avec un prix de vente consommateur de 12,90 euros la bouteille, Mouton Cadet prend un positionnement plus habituel en Provence qu’à Bordeaux.

« Notre chance est d’avoir une marque extrêmement forte de Bordeaux » pose Philippe Sereys de Rothschild, le président de BPR, qui souligne le travail de ses équipes techniques : « nous avons travaillé sur qu’est un rosé de l’Atlantique pour lui donner ses lettres de noblesse. Nous avons voulu lui donner une couleur aromatique du Sud-Ouest ». Œnologiquement, le label vegan aura été facile à obtenir, le négoce utilisant déjà de la bentonite pour ses collages précise Ophélie Michaud, l’œnologue chargée de la communication technique de BPR.

Bordeaux autrement

Pour les vendanges 2022, ce seront 40 % des 1 500 hectares de vignobles sous cahier des charges Mouton Cadet qui seront bio. Passer au 100 % certifié bio n’est pas un objectif de court-terme, l’enjeu étant pour Véronique Hombroekx de travailler sur différents leviers de l’agroécologie pour arriver à son objectif : des vins sans résidus de pesticides. « Nous, c’est Bordeaux autrement : prouver qu’à Bordeaux on peut faire de belles choses sans utiliser de produits phytosanitaires » résume Véronique Hombroekx.

Ce qui passe par une relation de long-terme avec le vignoble. L’approvisionnement de Mouton Cadet repose ainsi sur 250 contrats pluriannuels auprès d’autant de vignerons et viticulteurs de Gironde (ils étaient 450 à la prise de fonction de Véronique Hombroekx, qui a marqué le virage agroécologique du négoce). N’ayant pas adopté le label Zéro Résidu de Pesticide (ZRP du collectif Nouveaux Champs), la baronnie ne s’interdit pas tenter d’autres productions alternatives : sans sulfites ajouté, biodynamie…

Vague de fond

Quant aux crus classés de cette branche de la famille Rothschild (dont le château Mouton Rothschild, premier grand cru classé en 1855), la conversion à la viticulture biologique est un axe de travail parmi d’autres, comme la biodiversité et le biocontrôle, indique Philippe Sereys de Rothschild, qui vise plus largement à aboutir à une viticulture de précision et d’avenir : « c’est la vague de fond, on ne peut pas l’arrêter ».

 

La cuvée s'accompagne d'un "rituel" : la découpe de zestes de pamplemousse rose pour aromatiser l'extérieur du verre et accompagner la dégustation.

 

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