LE FIL

Vendanges 2019

L'heure de la rentrée a sonné pour les raisins blancs bordelais

Mardi 03 septembre 2019 par Alexandre Abellan

Pour les raisins blancs, « il y a un bon potentiel de sucre et une acidité importante. Les poids des baies sont modérées » résume Pascal Hénot.
Pour les raisins blancs, « il y a un bon potentiel de sucre et une acidité importante. Les poids des baies sont modérées » résume Pascal Hénot.
En Gironde, la récolte a commencé pour les crémants et va se généraliser pour le sauvignon blanc. L’incertitude demeure pour les rendements, notamment en rouge.

« Les vendanges de crémants de Bordeaux commencent fort aujourd’hui et les blancs vont se lancer dans la semaine » résume Stéphane Héraud, le président de la section vin de Coop de France Nouvelle-Aquitaine, pour excuser les absents de son assemblée générale de rentrée, ce lundi 2 septembre à Bordeaux. « Pour le sauvignon blanc, les vendanges commenceront ce mercredi [5 septembre] et l’ensemble des blancs seront ramassés à partir du [lundi] 9 septembre » pronostique l’œnologue-conseil Pascal Hénot, le directeur d’Enosens Coutras, soulignant que la phénologie du millésime 2019 est dans la moyenne des trente dernières récoltes.

S’appuyant sur les moyennes de relevés de maturité d’une centaine de parcelles bordelaises, le consultant souligne que le 26 août dernier, le degré alcool potentiel était de 11,5 % pour le sauvignon blanc et de 9,5 % pour le sémillon. Tandis que les acidités restent importantes, avec une acidité totale moyenne respectivement de 6,5 et 5,5 g/l H2SO4, ainsi qu’une concentration en acide malique de 5,5 et 4,5 g/l. Les baies sont de petites tailles, avec des poids moyens de 1,45 et 1,85 g rapporte Pascal Hénot. Qui souligne la difficulté d’estimer des rendements : « en moyenne ils ne dépasseront pas 50 hectolitres par hectare, et Bordeaux peut viser 5 millions hl, mais la situation est très hétérogène. Surtout en rouge. »

"Le vignoble résiste mieux à la sécheresse"

Dans le vignoble bordelais, les situations sont très disparates suite aux accidents climatiques localisés (gelées et orages de grêle), aux phénomènes de coulure et de millerandage sur des parcelles tardives (à cause d’une fin de floraison humide) et à une série de coups de chaud cet été (avec des brûlures sur grappes avant véraison). Si des parcelles affichent des maturités bloquées après la canicule estivale, « malgré le déficit hydrique, le vignoble résiste mieux à la sécheresse que les années précédentes. Les vignes ont plus souffert du trop chaud que du trop sec » souligne Pascal Hénot.

L’incertitude du Botrytis

En rosés, les vendanges sont attendues pour le 15 septembre. Pour les rouges, les parcelles précoces de merlot pourraient être récoltés dès le 20 septembre, la majorité du vignoble devant arriver à maturité après le 25 septembre. Du moins si la pression botrytis n’accélère pas le rythme de récole. « Le risque est moyen. Les raisins ont des concentrations de sucres élevées, mais une bonne acidité et des pellicules plutôt dures » nuance Pascal Hénot, s’inquiétant cependant de perforations parfois importantes des troisièmes générations de vers de la grappe.

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