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Avec 44 millions hl, la France ne va pas faire le plein lors des vendanges 2022
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Premières estimations
Avec 44 millions hl, la France ne va pas faire le plein lors des vendanges 2022

Alors que les vignerons ne savent pas estimer à date leurs productions au vu des successions de coup de chaud et de stress hydrique, les services ministériels estiment une récolte d'environ 44 millions d'hl, soit 16% de plus qu'en 2021.
Par Marion Bazireau/Alexandre Abellan Le 09 août 2022
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Avec 44 millions hl, la France ne va pas faire le plein lors des vendanges 2022
La route vers les vendanges paraît encore bien incertaine en ce mois d'août 2022. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2020)
A

u 1er août 2022, la vendange française se situerait en 2022 entre 42,6 et 45,6 millions d'hectolitres, d’après la première note sur le sujet des Services de la Statistique et de la Prospective (SSP). 

Ce niveau est supérieur de 13 à 21% par rapport à la faible récolte de 2021, à 37,8 millions d’hectolitre, marquée par un gel de printemps historique. Le millésime devrait se retrouver proche de la moyenne quinquennale. « Il s’agit d’une première estimation à affiner au regard de l’incertitude entourant l’évolution de la sécheresse en cours » résume l’administration.

En 2022, la floraison de nombreux vignobles s’est déroulée dans des conditions climatiques plus favorables que l’an dernier. Pour l’heure, la production est orientée à la hausse sur un an dans la majorité des bassins viticoles, à l’exception des Charentes, très impactées par la grêle de juin. « Les pertes sont estimées pour l’heure à 15 % des surfaces » reprend FranceAgriMer. 

D’autres vignobles ne devraient pas atteindre la moyenne quinquennale. Dans le Bordelais, où les vendanges devraient débuter dans une semaine, le gel d’avril, puis la grêle en juin ont touché le vignoble. 10 000 ha sont concernés à des degrés divers. Et les jeunes plants sont assoiffés.

Dans le reste du Sud-Ouest, le gel a touché l’Armagnac et la grêle a fortement endommagé certains vignobles. Le déficit hydrique, s’il venait à se prolonger, pourrait réduire encore les rendements.

Un bon millésime dans plusieurs vignobles

Un bon millésime est en revanche attendu en Champagne, où la végétation compte 12 jours d’avance par rapport à la moyenne décennale, le début des vendanges étant attendu fin août. « Les pluies en juin ont permis une bonne recharge des sols et le mildiou est discret. Le potentiel de production agronomique est prometteur, se situant au-dessus du niveau moyen 2017-2021 » indique l’administration.

De belles perspectives s’offrent aussi aux vignerons de Chablis et de Sancerre. En Bourgogne, si les vignerons attendent encore des pluies, à ce stade, la production serait même proche du plein potentiel et supérieure au niveau moyen quinquennal. Les vendanges sont prévues fin août. L’état sanitaire est bien préservé.

Dans le Jura, la vendange s’annonce prometteuse en volume, au-dessus des niveaux moyens quinquennaux après le gel dévastateur de 2021. En Savoie, situation saine et précocité de la végétation caractérisent 2022. La production serait proche de la moyenne quinquennale.

La sécheresse ampute la récolte

Dans le Val de Loire, les vendanges sont prévues en avance. Le gel d’avril puis la grêle en juin ont affecté localement des vignobles. Le potentiel de production rebondirait après la faible récolte de 2021 à un niveau supérieur à la moyenne quinquennale. Toutefois, la sécheresse pourrait amoindrir le rendement en jus et au final les volumes. Dans le Muscadet, la canicule aurait amputé 20% de la récolte

Dans le Beaujolais, la sécheresse commence aussi à entamer le potentiel prometteur de la floraison réussie.

En Languedoc et Roussillon, où les toutes premières vendanges ont débuté dès la fin juillet, la production du bassin qui s’annonçait un peu supérieure à la moyenne quinquennale pourrait être revue à la baisse compte tenu de la sécheresse. Les vignerons sont également préoccupés par les niveaux d’acidité

Dans la Vallée du Rhône et le Sud-Est, l’état sanitaire est préservé. L’avance de la végétation atteint 10 jours. Même si le vignoble provençal commence à souffrir du manque d’eau, le rendement devrait rejoindre son niveau moyen quinquennal. 

En Corse, le mildiou et l’oïdium sont contenus. La production rebondirait sur un an. A ce stade, la récolte s’annonce en avance avec un potentiel en hausse par rapport à la moyenne quinquennale. Néanmoins, la sécheresse, qui commence à impacter la vigne, pourrait réduire in fine les rendements.

L’Alsace tire vraiment la langue. La pluviométrie est particulièrement faible depuis le printemps. Le poids moyen des grappes est inférieur à la moyenne décennale, notamment pour le cépage Gewurztraminer. La production devrait se situer en dessous des niveaux moyens quinquennaux.

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