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"Sans eau, pas de plants" de vignes alertent les pépiniéristes
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Matériel végétal
"Sans eau, pas de plants" de vignes alertent les pépiniéristes

Face aux chaleurs et à la sécheresse, la pépinière viticole doit arroser pour pouvoir fournir des pieds après les vendanges. Pas de pénurie pour l'heure, mais les fortes chaleurs ont fait des dégâts en mai, au moment des mises en terre.
Par Olivier Bazalge Le 02 août 2022
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La chaleur a provoqué des dégâts pour les plants mis en terre à la fin du mois de mai. Face à la sécheresse, l'arrosage est incontournable - crédit photo : Fanny Mey
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hez les pépiniéristes, le sujet de l’eau est aussi central en 2022 qu’en 2021. Mais pour des raisons diamétralement opposées. « Nous avions eu trop d’eau l’an dernier, ce qui a certainement une incidence sur les taux de réussite des plants de l’année 2021, mais cette année 2022, nous sommes dans l’obligation impérative d’arroser, sinon il n’y aura pas de plants disponibles pour les viticulteurs à partir de cet automne », prévient Delphine Bougès, présidente du syndicat des pépiniéristes viticulteurs de la Gironde et du Sud-Ouest.

Les pépiniéristes ne se revendiquent pas comme des consommateurs importants d’eau mais cette année, ils se disent soulagés « de pouvoir compter, malgré les restrictions qui s’appliquent dans beaucoup de régions, sur la dérogation d’arrosage accordée aux cultures spéciales. Sans quoi ce serait très compliqué, car sans eau, pas de plants », rebondit Delphine Bougès. Mais l’accès à la ressource en eau n’est pas forcément des plus aisés dans tous les bassins, si bien qu’Eric Bourguet, président du syndicat des pépiniéristes d’Occitanie et membre du bureau de la FFPV (fédération française de la pépinière viticole) souligne que « dans nos zones des Cévennes ou de l’ardèche, nous n’avons pas l’eau du Bas-Rhône, ni de forage et qu’il faut donc se faire livrer des citernes d’eau pour pouvoir arroser chaque semaine, c’est indispensable pour que les plants tiennent ».

Chaleurs printanières

« Tant qu’on leur apporte de l’eau, les plants se comportent bien. Car maintenant que le feuillage s’est développé, ils supportent bien la chaleur. Pourvu qu’ils puissent continuer à transpirer en ayant de l’eau à disposition dans le sol », abonde également Miguel Mercier, président adjoint de la FFPV et co-gérant des pépinières éponymes, basées à Vix (Vendée). C’est plus au moment de l’installation de ces pépinières de plants, courant mai, que la chaleur a fait des dégâts. « Les installations tardives, après le 15 mai, ont souffert des fortes chaleurs de printemps. Notamment avec la fonte de la paraffine et des points de greffe totalement exposés aux brûlures. Il y a eu de sérieux problèmes de reprises, alors que les mises en terre plus précoces d’avant le 15 mai se sont bien implantées », décrit Eric Bourguet. « C’était l’inverse l’an dernier à cause de l’eau, les implantations d’avant le 15 mai étaient bien moins belles que les plus tardives », note également Miguel Mercier.

Delphine Bougès n’avait dans tous les cas « jamais vu de chaleurs comme celles-là pour les mises en terre ». Comme Miguel Mercier, elle confirme ces pertes de plants par brûlures sur les installations tardives, à l’exception de secteurs où les températures n’ont pas atteint des sommets, « comme en Savoie, mais cette zone a malheureusement subi d’importants dégâts de grêle en juin », regrette Eric Bourguet. Outre ces aléas, les conditions climatiques actuelles présentent néanmoins des avantages pour la production des pépiniéristes « avec une pression cryptogamique faible », souligne Miguel Mercier. Même si l’humidité de 2021 et les attaques de mildiou peuvent affecter la reprise des plants cette année. « Le passage systématique à l’eau chaude pour la flavescence dorée peut affaiblir les bois de l’an dernier qui n’ont pas pu faire beaucoup de réserves s’il y a eu des maladies », souligne la pépiniériste girondine.

Chiffres lors des tris

Il est encore trop tôt pour parler de bilan chiffré des pertes liées aux conditions de l’année. « Nous pourrons mesurer la réussite à l’occasion du tri des plants entre fin d’année et début d’année prochaine », note Delphine Bougès. Eric Bourguet précise néanmoins que des tendances assez nettes concernant les reprises « se dégageront déjà entre octobre et novembre, à l’occasion des tris anticipés qui seront réalisés pour livrer le matériel végétal pour ceux qui plantent en fin d’automne ».

 

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Tous les commentaires (1)
Lolo-Ito Le 03 août 2022 à 15:24:08
Pourquoi fournir des plants ? N'y a-t-il pas déjà assez de vigne en France ?
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