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Même aux antipodes, le marché australien est à suivre pour les vins français
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Même aux antipodes, le marché australien est à suivre pour les vins français

Important toujours plus de vins, l’Australie est une destination particulièrement porteuse pour les vins rosés et effervescents, mais aussi pour les rouges légers et les blancs fruités.
Par Alexandre Abellan Le 10 août 2022
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Même aux antipodes, le marché australien est à suivre pour les vins français
Avec un fort pouvoir d’achat, les consommateurs de vins sont plutôt des urbains, portés sur la capsule à vis et les cépages. - crédit photo : Anthony Leroy
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e classant dans le monde du vin à la cinquième place des producteurs et à la dixième des consommateurs, l’Australie peut être considérée comme un marché mature pour le vin pose Anthony Leroy, chargé de développement pour les vins et spiritueux au bureau Business France de Sydney, ajoutant que « les consommateurs sont éduqués aux vins : 43 % des Australiens en consomment, c’est une population supérieure à celle des buveurs de bières (qui consomment cependant plus de volumes) ». Si les vins australiens représentent 90 % de la consommation domestique (une omniprésence accentuée par la fermeture du marché chinois, imposant un redéploiement des volumes), les vins importés ont leur carte à jouer sur le marché note Anthony Leroy. Qui prévient que le premier concurrent est le vin de Nouvelle-Zélande. Voisin, ce partenaire historique est même inclus dans les rayons des vins locaux, avec ceux australiens.

Pour les vins français, l’Australie est une destination au développement soutenu. Malgré la crise covid, « il n’y a pas eu de creux dans les ventes, la croissance est continue » pointe Anthony Leroy, qui note le retour de la France en première place des fournisseurs en valeur (voir graphiques ci-dessous). Si la complexité du système des appellations peut être un désavantage concurrentiel (la grille de lecture se fait d’abord par les cépages en Australie), la réputation qualitative et le positionnement valorisé des vins français restent intacts pour l’expert du marché. Qui prévient les opérateurs français : « les distributeurs australiens insistent pour que les bouteilles de vin soient vendues avec des capsules à vis (qui représente 90 % du marché, les 10 % restant tiennent du haut de gamme). Le contraire est considéré comme un handicap pour les vins d’entrée et de moyen de gamme. » Le marché australien est également friand d’étiquettes plus colorées et attrayantes.

Boom du rosé

Parmi les tendances du marché australien se distinguent les vins rosés, en fortes croissances. « La consommation de rosés s’est très développée, l’Australie est le sixième marché au monde, avec la Provence qui représente un tiers du rayon (d’autres régions se développent comme cabernet d’Anjou…) » rapporte Anthony Leroy. Si les vins bio et nature constituent une niche en croissance, l’expert note surtout des hausses notables sur les vins effervescents (l’Australie étant très consommatrice de champagnes). Si les crémants se développent, la grosse concurrence porte sur le Prosecco, pas seulement italien, des vins australiens utilisant cette indication géographique sur leur marché intérieur.

Très portée sur la consommation de vin à domicile, l’Australie a encore accentué cette orientation après la crise covid (et les fermetures de bars pendant les confinements successifs), avec une forte hausse des ventes en ligne a augmenté (de 6 % en 2019 à 10 % du marché en 2021). La vente de vin devant s’effectuer dans des magasins spécifiques, les acteurs de la grande distribution ont des enseignes puissantes, les groupes Endeavour (Dan Murphy’s et BWS) et Coles (Vintage Cellars) pesant pour 70 % du marché, quand la restauration tombe à 17 % et les cavistes spécialisés à 3 %.

Conseil à l’implantation

Pour les opérateurs français venant prospecter sur le marché australien, « il est important de répondre aux appels d’offre des groupes Endeavour et Coors, qui passent en direct. Pour le réseau de la distribution, les importateurs et distributeurs sont à contacter sur place » témoigne Anthony Leroy, qui note que « tous les types de produit français peuvent se faire une place en Australie. Il y a d’autres tendances que les rosés et effervescents. On recherche des vins rouges légers, comme pinot noir, gamay, cabernet franc… des vins blancs plus fruités… » Si les décisions d’achat peuvent se prendre rapidement, les tensions logistiques actuelles portent à trois mois les délais d’expédition.

Pour en savoir plus sur ce marché, cliquer ici.

 

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