LE FIL

Vendanges 2020

Une production des vins français en hausse de 7 % et tout en incertitudes

Vendredi 07 août 2020 par Alexandre Abellan

« A ce stade, des incertitudes demeurent sur les volumes qui seront produits en AOP dans certains bassins, en raison d’un marché économique dégradé par la crise du Covid-19 » prévient le ministère de l'Agriculture.
« A ce stade, des incertitudes demeurent sur les volumes qui seront produits en AOP dans certains bassins, en raison d’un marché économique dégradé par la crise du Covid-19 » prévient le ministère de l'Agriculture. - crédit photo : Pôle Emploi
Les services du ministère de l’Agriculture indiquent de premières tendances, tout en se montrant particulièrement prudent sur l’enjeu des décisions de rendements et des ouvertures de réserves interprofessionnelles.

« Selon les estimations établies au premier août 2020, la production viticole se situerait en 2020 entre 44,7 et 45,7 millions d'hectolitres, soit un niveau supérieur de 6 % à 8 % à celui de 2019 » annonce ce 7 août le Service de la Statistique et de la Prospective du ministère de l’Agriculture (SSP). Rappelant que ces premières estimations sont à prendre avec prudence*, l’administration souligne dans sa note que « sans être aussi élevée que celle de 2018 » (4,9 millions hl), cette vendange « pourrait renouer avec le niveau de la récolte précédant 2017 » (son gel historique ayant fait tomber la récolte nationale à 3,7 millions hl).

Une seule certitude à l’heure actuelle : « fin juillet, tous les vignobles présentent une avance remarquable par rapport à 2019, jusqu’à un mois en Val de Loire ». Egalement historique dans le vignoble bordelais, cette précocité voit les premières vendanges débuter en Languedoc depuis la fin juillet. En Alsace, « les vendanges devraient débuter en août, plaçant 2020 parmi les cinq années les plus précoces de son histoire » note le SSP, qui indique que « le potentiel de production s’annonce généreux », mais se garde de toute estimation comme « les volumes en AOP n’ont pas encore été fixés par l’interprofession ». Une prudence de mise pour l’administration face aux multiples inconnues liées à la gestion professionnelle de la crise du coronavirus.

"Des incertitudes demeurent sur les volumes qui seront produits en AOP"

Critiqués par le passé pour leurs estimations précoces, les services statistiques agricole proposant de premières prévisions plus tardivement qu’à l’accoutumée (début août et non fin juillet), et avec moins de précisions (réduction drastique des tableaux chiffrés). Il n’y a notamment pas le détail par bassin viticole des volumes attendus. « A ce stade, des incertitudes demeurent sur les volumes qui seront produits en AOP dans certains bassins, en raison d’un marché économique dégradé par la crise du Covid-19 » explique le SSP.

Précisant que « dans le Grand-Est notamment, les plafonds réglementaires n’ont pas encore été fixés par les interprofessions ». En Alsace donc, mais aussi en Champagne, où « les volumes en AOP n’ont pas encore été fixés par l’interprofession » souligne la note, indiquant cependant que « le potentiel de production agronomique est prometteur ». L’administration ajoute que « dans d’autres bassins, la mise en œuvre de la réserve complémentaire est envisagée », comme la réserve interprofessionnelle des vins rouges d’appellation Bordeaux et Bordeaux Supérieur (avec exemption pour un déclassement de 10 % du vignoble en IGP ou vin de France).

Pressions climatiques

De manière globale « la production est orientée à la hausse sur un an dans la plupart des bassins viticoles » résume le SSP, soulignant que le millésime n’aura pas été indemne d’aléas climatiques. Comme le gel qui a touché plus ou moins localement les vignobles du Gard et de Provence (notamment le Var), ainsi que le fort orage de grêle sur Buzet, et « un peu de coulure [ayant] fait suite à une floraison déroulée dans des conditions climatiques mitigées » en Bourgogne et  Beaujolais… L’évènement marquant de ce millésime restera la forte pression mildiou, qui a pesé sur le vignobles charentais (sans faire diminuer le potentiel de production de Cognac) et va amputer les rendements de Bordeaux (« jusqu’à 30 % de la production sur certains secteurs »), du Var et du Languedoc-Roussillon (« les pertes se concentrent essentiellement en Roussillon » précise le SSP).

Alors que la fermeture de la grappe réduit à néant la pression sanitaire, c’est désormais la canicule qui inquiète. « La sécheresse de surface, si elle venait à s’aggraver, pourrait modérer cette hausse » nationale de la production prévient le SSP, résolument prudent.

 

 

* : « Par nature, ces prévisions ne peuvent prendre en compte les évènements susceptibles de survenir après cette date et d’influer sur la récolte finale » précise l’administration.

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