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Soulagement

Retour d'un bon état sanitaire après de longs mois de lutte au vignoble

Vendredi 17 juillet 2020 par Marion Bazireau

La véraison va bientôt se généraliser. Les vignerons pourront alors vraiment relâcher la pression.
La véraison va bientôt se généraliser. Les vignerons pourront alors vraiment relâcher la pression. - crédit photo : Wikimedia
Au regard de la météo et du stade « fermeture de la grappe » atteint dans toutes les régions, le risque de voir le mildiou et l’oïdium se développer a considérablement diminué.

Dans les secteurs très précoces, les premières baies verées ont été observées autour du 5 juillet. Partout ailleurs, c’est encore le stade « fermeture de la grappe » qui domine.

Sur les parcelles exemptes de symptômes, ce stade marque la fin du risque de développement de l’oïdium. La protection peut y être arrêtée. Lorsque les feuilles ou les grappes ont déjà été attaquées, mieux vaut agir jusqu’à la véraison.

Le Bulletin de Santé du Végétal (BSV) de Bourgogne, rappelle aux viticulteurs qu’ils doivent réaliser un comptage sur 100 grappes de leur parcelle à la fin de la rémanence du traitement réalisé à la fermeture de la grappe pour prendre la bonne décision. « Le risque persiste même si l’oïdium ne s’est installé que sur quelques baies » insistent les techniciens.

"Une année clémente pour les vignobles septentrionnaux"

Cette année, les viticulteurs bourguignons ont été épargnés par le mildiou. « Les symptômes sur grappes restent anecdotiques et ne sont observés que dans 4 parcelles du réseau en Saône et Loire et dans le Jura » précise le BSV. L’année aura globalement été clémente dans les vignobles septentrionnaux.

Elle n’a en revanche pas été de tout repos à Bordeaux et dans le Languedoc. « A partir d’avril, il a fallu y mettre en place des programmes de protection sans faille pour faire face au mildiou », rappelle Giacomo Pinna, consultant à l’ICV.

Bordeaux et le Languedoc peuvent souffler

La situation est devenue plus facile à gérer depuis le retour d’un temps chaud et sec début juillet. « Sur notre réseau de parcelles, nous constatons peu de changements, la fréquence de grappes touchées et l’intensité d’attaque n’ont pas changé, et sont respectivement de 16 %, et de 10 % » détaille le BSV bordelais.

Sans pluies, le risque de voir le champignon se développer sur de nouvelles parcelles est désormais quasi nul. Quelques orages sont toutefois prévus en fin de semaine, ou en début de semaine prochaine, selon les régions.

Même chose dans le Languedoc. « Le feuillage est beau dans l’ensemble, mais attention au mildiou mosaïque qui pourrait progresser rapidement cet été en cas de pluie ou de rosées matinales » prévient Laurent Duret, consultant à l’ICV.

"Le faciès rot brun est en légère progression dans les parcelles déjà atteintes "

« Dans l’Aude, le Gard et l’Hérault, sur grappes, le faciès rot brun est en légère progression dans les parcelles déjà atteintes » indique le BSV. Dans le Vaucluse et en Provence, des pluies localisées les 10 et 13 juillet ont pu très localement engendrer des repiquages. Les symptômes apparaîtront autour du 24 juillet. Partout ailleurs, le risque est faible.

La semaine dernière, seules les Pyrénées-Orientales restaient en alerte. « Humidité et orages ont localement relancé la maladie sur grappes et sur feuilles. Sur certains cépages, tels que les grenache, carignan et macabeu, les pertes de récolte sont parfois significatives. »

Ce sera bientôt la véraison. Les vignerons pourront alors vraiment relâcher la pression.

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