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Cédric Bache
M. Robot

 
Vincent Gobert

Quel sera le prochain saut des robots Bakus ? C’est la question que l’on se pose après l’accélération donnée en 2019 par Cédric Bache à Vitibot, la start-up qu’il a fondée en 2016 avec son père, Dominique Bache, et dont il est le jeune et discret président. « 2019 a été une année chargée, analyse-t-il sobrement, nous avons développé dans les premiers mois six robots enjambeurs de présérie pour la Champagne, dont quatre livrés et deux que nous avons gardé. Après l’été, nous avons développé la pulvérisation confinée. Enfin nous avons monté pour le Sitévi deux nouveaux enjambeurs dont l’arche est boulonnée au lieu d’être soudée, un pour les vignes étroites et basses et l’autre pour les vignes hautes et plus larges. Le but est aussi de sortir de la Champagne, d’aller en Bourgogne, dans le bordelais, le Cognac ».

Humble, mais avec une pointe de fierté et d’ambition, Cédric Bache dit qu’il recherche même un local sur Bordeaux pour accueillir une équipe dédiée au secteur. Mais de quels moyens peut-il disposer pour mettre en musique tous ces projets ? C’est bien simple, les tours de table s’enchaînent à une vitesse déconcertante. Après 3 millions d’euros levés en 2018, Vitibot a réussi à réunir la même somme en 2019, grâce à un accompagnement bancaire et au soutien de l’Ademe. « Nous sommes aussi sur le point de finaliser une levée à 10 millions €, glisse-t-il, l’air de rien. C’est quasiment bouclé, nous ferons une annonce début 2020 ». Ces chiffres semblent aujourd’hui bien loin du départ de l’aventure.

En 2016, dans un garage de la rue de Flocmagny, à Châlons en Champagne, ce petit-fils de viticulteurs d’à peine 24 ans met au point un logiciel devant rendre autonome un chenillard pour le travail de la vigne. Quatre ans plus tard, il investit une ancienne usine de 4 000 mètres carrés dans la zone de Farman, à Reims. Le nombre de ses salariés double chaque année. Il recherche déjà une dizaine de profils en production, R&D et technico-commerciaux en ce début d’année 2020, qui s’ajouteront à la centaine de ses employés. On dit souvent que la cinquième année est décisive dans la survie d’une start-up. Peut-être pas pour celle de Cédric Bache.

 


Vincent Gobert