LE FIL

Peau de chagrin

Vendange historiquement faible, pas plus de 35 millions hl de vins français en 2021

Vendredi 06 août 2021 par Alexandre Abellan

'Après le gel, la coulure et les maladies accentuent les pertes' indique le ministère de l'Agriculture.
'Après le gel, la coulure et les maladies accentuent les pertes' indique le ministère de l'Agriculture. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Avec des baisses de 19 à 26 % par rapport à la moyenne quinquennale, les services statistiques du ministère de l’Agriculture annoncent un fort repli national. Tout en se montrant particulièrement prudent face aux effets cumulés de multiples aléas climatiques difficiles à appréhender.

En 2021, la production française de vin « serait historiquement faible, inférieure à celles de 1991 et 2017 concernées elles-aussi par un gel sévère au printemps » annonce ce 6 août le Service de la Statistique et de la Prospective du ministère de l’Agriculture (SSP). Rappelant que ces premières estimations sont à prendre avec prudence*, l’administration avance dans sa note que « selon les estimations établies au premier août 2021, la production viticole se situerait en 2021 entre 32,6 et 35,6 millions d'hectolitres, soit un niveau inférieur de 24 à 30 % à celui de 2020 ». Comme l'indique l'infographie ci-dessous, entre 14 et 15,5 millions hl de vins AOP sont prévus (-19 à -26 % par rapport à 2020), avec entre 8,9 et 9,7 millions hl de vins IGP (-28 à -34 %), 7,7 à 8,4 million hl de vins pour eaux-de-vie (-22 à -28 %)... Au global, les rendements attendus en 2021 se rapprocheraient de ceux de 1977, « année où la récolte viticole avait été réduite par un gel destructeur et des précipitations estivales ».

Les fortes pluies de juin et juillet ont été particulièrement favorables aux dégâts de mildiou, « présents y compris sur grappes en « Champagne (la moitié des grappes présente des symptômes de mildiou), Alsace (les attaques devraient entraîner des pertes. L’oïdium est également menaçant), Beaujolais, Val de Loire, Charentes et Sud-Ouest » indique le SSP (oubliant Bourgogne et Bordeaux pourtant touchés), faisant état de développement d’« oïdium et parfois de black rot ou de botrytis selon les régions ». Tombant sur un vignoble national plombé par le gel d’avril 2021 (notamment en Bourgogne, Vallée du Rhône et Centre-Loire pour le ministère) et affecté par la coulure et le millerandage (Centre, Sud-Ouest, Provence et Vallée du Rhône), ces précipitations ont mis sous pression les rendements, dont les prévisions restent à préciser prévient le SSP.

Manque d'eau dans le Sud

Mais « pour les grappes épargnées par cette succession d’aléas, dans l’ensemble des régions hors pourtour méditerranéen, les grains de raisins sont de bonne taille, bien alimentés par les précipitations estivales » notent les experts. Qui prennent garde de préciser le cas particulier des vignobles de Provence, du Languedoc et du Roussillon, où « la sécheresse de surface, si elle venait à se prolonger, pourrait encore amoindrir la production ». À noter qu’« en Corse, la production s’annonce à ce stade d’un bon niveau, proche de celui de 2020. Les sorties de grappes sont normales. Le gel a peu affecté la production globale de l’île. »

Alors que les premières vendanges ont commencé ce 5 août dans l'Aude avec un net retard par rapport à la récolte 2020, le SSP note que « fin juillet, la plupart des vignobles présentent un léger retard de la végétation comparé à 2020, conséquence de températures estivales relativement fraîches ». Pouvant revenir à des dates plus habituelles, les vendanges s’annoncent plus tardives qu’en 2020. En Alsace, « la floraison à la mi-juin accusait un mois de retard comparée à 2020 ». Dans le Languedoc, « à ce stade, la végétation accuse un retard d’au moins une semaine ».

 

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