LE FIL

Gel, mildiou...

"Année en 1, année de rien…" pour des vignobles de Champagne

Mercredi 04 août 2021 par Aude Lutun

Exemple de grappe attaquée par le mildiou.
Exemple de grappe attaquée par le mildiou. - crédit photo : BSV Champagne
L’année 2021 semble donner raison à l’adage populaire viticole. Après le gel puis la pluviométrie inédite des mois de juin et juillet, la récolte ne sera pas généreuse dans de nombreuses parcelles.

« C’est une année très compliquée, témoigne Arnaud Descôtes, directeur qualité et développement durable au Comité Champagne. Le vignoble champenois avait perdu 30 % de la récolte avec le gel d’avril. Puis nous avons encore perdu 20 à 25 % de la récolte avec le mildiou. Les disparités sont énormes entre les villages et les parcelles, selon la pluviométrie, les pratiques culturales, la qualité de la pulvérisation et le positionnement des traitements. En juin, il a plu 150 mm contre 60 mm habituellement. » La vallée de la Marne, la vallée de l’Ardre, la Montagne de Reims Ouest et le massif de Saint-Thierry sont les zones les plus impactées, les pluies ayant été les plus actives sur ces zones.

« Le mildiou est un combat de tous les jours, confirme Benoît Tarlant, viticulteur à Oeuilly. Nous n’irons pas vendanger certaines parcelles. On espère récolter 5 000 kg/ha en moyenne, si la météo du mois d’août est correcte. Les vignes qui ont été taillées le plus tardivement sont les plus touchées, ainsi que nos parcelles de meunier, car les orages sont arrivés pendant leur floraison ».

Risque oïdium

Dans la Côte des Blancs, moins touchée par le mildiou, c’est l’oïdium qui inquiète les viticulteurs. « Je reste confiant, explique Romain Colin, vigneron à Vertus. Le gel avait impacté 20 % de la récolte mais le mildiou est globalement contenu. Je suis plus inquiet sur la grosse montée d’oïdium. Avant, cette maladie ne touchait que certaines parcelles historiquement sensibles. Maintenant, l’oïdium se développe partout. Il faudra trier aux vendanges… ».

Sur l’ensemble du vignoble, Arnaud Descôtes craint davantage les dégâts liés à la pourriture grise que par l’oïdium. Et il espère, comme tous, que la météo du mois d’août sera plus ensoleillée : « en 2012 et en 2016, la météo a fini par s’inverser et nous avons eu de beaux millésimes. Il nous faudrait du soleil à partir du 15 août ! ».

 

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