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Aude

Des vignes embrasées par les incendies

Mardi 27 juillet 2021 par Alexandre Abellan

Paysage de désolation dans les vignes de Moux et Fontcouverte ce 26 juillet.
Paysage de désolation dans les vignes de Moux et Fontcouverte ce 26 juillet. - crédit photo : Château la Baronne
Faisant de nouveau office de coupe-feu, le vignoble audois attend que la situation se stabilise pour recenser les dégâts. Et reste inquiet : la sécheresse exacerbe le risque de départ de feux pour le reste de l’été.

Aride, le millésime 2021 devient inflammable dans le vignoble de l’Aude. Du samedi 24 au dimanche 25 juillet, un incendie a dévasté des centaines d’hectares dans les garrigues des communes de Fabrezan, Fontcouverte et Moux. « Les vignes ont fait coupe-feu, c'est évident (comme les autres cultures : oliviers, chênes truffiers...). Nos bords de vignes sont brûlées par le dôme de chaleur des flammes. Sur nos parcelles étroites, se tenant entre deux garrigues, il n'y aura que quelques rangs à sauver » indique Anne Lignères, du château la Baronne (90 hectares de vignes, dont une dizaine aurait été affecté par les flammes). Face au paysage lunaire qui enserre ses vignes, la vigneronne indique déjà qu'elle refera « tout pour que la vie (végétale et animale qui était présente) revienne ». D'autant plus que son vignoble a déjà connu les incendies, il y a une vingtaine d'années, dans le même vallon, et en 2008, à proximité de Fontfroide.

Faisant office de coupe-feu, des vignobles ont été touchés par ces flammes, sans que des chiffres de dégâts puissent actuellement être avancés. « Heureusement qu’il y avait de la vigne, sinon ce ne sont pas 800 hectares qui auraient brûlé, mais le triple » indique Frédéric Rouanet, le président du syndicat des vignerons de l’Aude. Dans l’attente d’un bilan global dans le vignoble, les dégâts actuellement perçus ne pourraient être que la face émergée de conséquences plus importantes. « En bordure de vignes, on voit 4 à 6 rangées qui brûlent et noircissent. Mais l’impact du rayonnement est d’une telle intensité qu’il va falloir attendre pour voir comment les rangs réagissent derrière » indique Alexandre They, le président des Vignerons Indépendants de l’Aude, qui note l’effet inconnu des produits retardant envoyés par les avions bombardiers dans le brasier (ces sels pouvant brûler les végétaux).

Nouveaux départs de feux

Faisant état de vignes touchées chez ses adhérents avec une ampleur qui semble inédite, la cave coopérative du Mont Alaric (Moux) attend le jeudi 29 juillet pour conduire de premières visites d’estimation de dégâts, les pompiers étant encore sur place. Comme l’indique le Service Départemental d'Incendie et de Secours de l’Aude (SDIS 11), de nouveaux départs de feux ont lieu ce lundi 26 juillet dans le massif.

Alors que la sécheresse frappe le département, « le risque [incendie] est actuellement maximal » souligne Alexandre They, qui note que le déficit d’hygrométrie met également en difficulté le vignoble, avec « des parcelles où l’on voit des brûlures de feuilles en bas des souches ». Frédéric Rouanet renchérit : « le manque d’eau est une catastrophe. Ça va être compliqué d’arriver jusqu’au bout… » Pour Anne Lignères, le vignoble audois a reçu moitié moins d'eau qu'à l'accoutumée à date, avec 275 mm depuis octobre (contre 500 mm en temps normal). Après le gel du printemps (touchant 40 de ses 90 ha), le millésime 2021 est résolument éprouvant pour la vigneronne, qui ne se donne pas d'autre choix que de garder le moral. D'autant plus que le « cœur du domaine, le château et les bâtiments sont saufs. »

 

 

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