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Millésime 2019

Coup d’accélérateur pour les vendanges en Languedoc

Mercredi 04 septembre 2019 par Michèle Trévoux

Les vignes en coteaux, installées sur sols peu superficiels, souffrent particulièrement du manque d'eau.
Les vignes en coteaux, installées sur sols peu superficiels, souffrent particulièrement du manque d'eau. - crédit photo : DR
Les vendanges, qui avaient démarré très tranquillement autour du 19 août en Languedoc, changent de rythme. Suite aux températures très élevés de la semaine dernière, les teneurs en sucre sont montées en flèche. Les machines à vendanger vont tourner plein pot toute cette semaine.

C’est le branle-bas de combat cette semaine en Languedoc. Sous l’effet de températures encore très élevées, la maturité s’est accélérée la semaine dernière. « On a observé des gains en degré potentiel de plus de 2% vol. sur certains cépages et dans certains secteurs. Certains chardonnays sont déjà entre 13,5 et 14 % et les degrés flambent également sur les rouges », indique Stéphane Yerle consultant en viticulture et œnologie.

Un millésime qui s’annonçait tardif

Les vendanges avaient pourtant démarré très tranquillement à partir du 19 août. « Le millésime 2019 s’annonçait avec un retard de 7 à 10 jours sur l’an dernier. Le débourrement a été précoce mais la vigne a ensuite pris du retard car le printemps a été frais. La floraison a été lente ce qui a conduit à une forte hétérogénéité, non seulement au sein des parcelles mais à l’intérieur même des grappes », observe Nicolas Dutour, œnologue consultant au laboratoire Dubernet. La pluie s’est ensuite faite très rare et la chaleur s’est installée très vite, atteignant des sommets fin juin avec l’épisode caniculaire qui a provoqué de nombreux dégâts d’échaudage. La quasi absence de pluie durant tout l’été, a, elle aussi, contribué au retard.

Des situations très hétérogènes

 « On constate de très fortes hétérogénéités selon les situations. L’irrigation fait nettement la différence cette année. Sur les sols maigres et les coteaux non irrigués, les vignes souffrent de la sécheresse. Les baies sont très petites et le rendement en jus est réduit », observe Simon Gautier de l’ICV. « Le Gard et la région de Montpellier sont les plus touchés par la chaleur et la sécheresse. La plaine biterroise qui bénéficie d’entrées maritimes a mieux résisté. Mais c’est dans l’ouest audois et le limouxin que la récolte s’annonce la plus belle cette année. Les fortes précipitations du mois d’octobre ont sans doute profité au vignoble et il est encore tombé 50 mm fin août. Les vignes sont magnifiques et la récolte s’annonce belle en quantité et en qualité » détaille Stéphane Yerle. Les dernières prévisions du Ministère de l’Agriculture tablent sur une récolte régionale en retrait par rapport à celle de l’an dernier : 11,9 millions d’hl contre 12,6 millions d’hl l’an dernier.

Un état sanitaire parfait

Conséquence de cet été sec et chaud, la pression des maladies et ravageurs a été très faible cette année : pas de mildiou, quasiment pas d’oïdium. « Du côté du littoral, les premières chenilles de 3ième génération d’eudémis ont été observées, de même que quelques chenilles de Cryptoblabes gnidiella, la pyrale des agrumes », note l’ICV de l’Hérault, invitant les viticulteurs à bien surveiller les cépages les plus tardifs.

Du fait des fortes chaleurs de cette fin d’été, le potentiel aromatique des blancs et des rosés est moindre que celui de l’an dernier. On le sait, les thiols n’aiment pas la chaleur. Il faudra travailler sur les arômes fermentaires des sauvignon et rosés pour conserver une certaine intensité aromatique. Les cépages terpéniques (muscat, viognier, riesling…) s’en sortent mieux avec des arômes de fruits tropicaux. « Les jus des premiers blancs que nous avons rentrés sont riches en polyphénols. Il faut travailler les moûts avec des collages pour éliminer cette charge en polyphénols et bien séparer les jus de goutte des presses », témoigne Stéphane Roques, le directeur de la cave de Florensac.

Des moûts très pauvres en azote

Les acidités sont pour le moment sensiblement supérieures à celles de l’année dernière, qui étaient très basses et les pH sont également inférieurs. Les teneurs en potassium sont plutôt faibles ce qui laisse augurer d’une stabilité de l’acidité. Contrairement à l’an dernier, les teneurs des moûts en azote assimilable sont particulièrement faibles et proches du seuil de carence. « Ce printemps plutôt froid n’a pas favorisé une bonne minéralisation des sols. Dès le mois de juin, nous avons constaté que l’assimilation de l’azote par la vigne était inférieure de 50% à celle relevée l’an dernier. La moyenne dans nos analyses se situe à 100 mg/l mais on trouve des situations extrêmes à 40 mg/l », souligne Nicolas Dutour.

Inquiétude sur la maturité phénolique des rouges

La grande inconnue à ce jour concerne la maturité phénolique des rouges. « Si nous n’avons pas de pluie cette semaine, il est à craindre que certaines parcelles de rouges ne puissent atteindre la maturité phénolique. Tout s’est accéléré la semaine dernière, il va falloir faire des arbitrages pour les dates de récolte », avance Sébastien Pardaillé du laboratoire Natoli et Associés. Stéphane Yerle est du même avis : « On a déjà de beaux degrés sur certaines parcelles de grenache et de syrah. La maturité technologique est atteinte, mais on est loin de la maturité phénolique. Les raisins se déshydratent, on constate des pertes de poids des raisins et les acidités se concentrent. Si on ne veut pas des degrés pharamineux, il faudra ramasser avant que les tannins soient parfaitement mûrs ». Les conditions météorologiques des jours prochains peuvent encore changer la donne mais pour le moment, les prévisions n’annoncent pas de pluie mais de la tramontane, qui ne peut qu’accentuer la concentration des baies.

 

 

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