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« Les planètes se sont alignées pour faire de 2022 un grand millésime »
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Languedoc
« Les planètes se sont alignées pour faire de 2022 un grand millésime »

Les vignes du Languedoc n’ont pas tant souffert de la sécheresse et ont bénéficié de conditions idéales pour se développer et donner des baies de qualité. Les laboratoires Dubernet ont dressé un premier bilan du millésime à l’occasion de leur traditionnelle réunion pré-vendanges.
Par Marion Bazireau Le 26 août 2022
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« Les planètes se sont alignées pour faire de 2022 un grand millésime »
Les premiers rendements en jus sont bons. - crédit photo : DR
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appelant la précocité du millésime, jamais la réunion « pré-vendanges » organisée par Dubernet n’avait eu lieu aussi tôt. Ce 23 août, « le premier groupe de laboratoires indépendants d’œnologie d’Europe » a rempli l’hémicycle de la Chambre de commerce et d’industrie de Narbonne.

« Ce millésime est le 55ème que je suis et il ne ressemble à aucun autre » a indiqué Marc Dubernet, avant de revenir sur les pluviométries enregistrées dans le Languedoc Roussillon de novembre à août. « Sur Narbonne, nous avons 528 mm, contre 426 mm en moyenne sur 20 ans. L’année dernière à la même époque nous n’étions qu’à 243 mm. A Montpellier, il n’est en revanche tombé que 226 mm. Carcassonne est beaucoup mieux positionnée avec 667 mm. Perpignan s’en tire aussi très bien avec 404 mm ».

Le vignoble a d’abord bien été arrosé en novembre. « Le printemps a également été particulièrement humide et favorable au démarrage physiologique de la vigne. Au mois de juin, les orages ont bien profité aux secteurs jusqu’alors les moins arrosés ».

Pas de contraintes hydriques violentes

Contrairement à 2021, où la vigne a connu des contraintes hydriques violentes, sauf dans des sols vraiment superficiels, elle n’a jamais vraiment souffert cette année. D’ailleurs, la valeur du Delta C13 n’a pas été aussi haute depuis 2014.

« Dès l’hiver, nous avons eu la bonne surprise de constater des réserves en sucres dans la moyenne alors que l’on pouvait craindre des valeurs basses similaires à 2017 suite au gel. Heureusement les pluies du mois de septembre ont maintenu le feuillage un peu plus longtemps, a enchaîné Guillaume Desperrières, directeur général de la SRDV. Et nous sommes certainement la région qui a connu le meilleur printemps, associant confort hydrique et températures élevées, et, sauf exception absence de gel et de grêle ».

Ces conditions se sont traduites par de bons niveaux en minéraux et oligoéléments. Le début de campagne a été marqué par un haut niveau azoté, accompagnant la croissance du vignoble, notamment en mai et en juin. « Les stades boutons floraux séparés et fermeture de la grappe se sont vite enchainés, avec un grossissement des baies globalement correct, et, aujourd’hui une avance végétative et un démarrage précoce des vendanges ».

Les niveaux d’azote assimilable des premiers moûts sont élevés, de bon augure pour les levures et l’aromatique des jus.

A l’image de l’azote, le bon fonctionnement du sol se reflète dans les teneurs en phosphore, similaires à celles que l’on avait trouvé en 2011, un millésime inédit.

Beaucoup de potassium

Autre élément important pour l’équilibre des moûts, le potassium. « Malgré des assimilations plutôt basses par la plante, qui auraient permis de préserver la fraîcheur des vins, les fortes températures que la vigne connaît depuis le mois de mai ont fait migrer tout le potassium dans les raisins »  a expliqué Guillaume Desperrières. Attention donc aux chutes d’acidités, avec de bas niveaux d’acide malique et aux envolées de pH, notamment sur les cépages précoces. De nombreux vignerons seront certainement amenés à acidifier leurs cuvées.

Elément antagoniste du potassium déterminant de la qualité des polyphénols dans les rouges, le magnésium est plutôt élevé. « A contrario des autres éléments, le calcium est plutôt bas, ce qui peut rendre les baies plus sensibles au flétrissement, à l’éclatement, ce qu’on commence à voir au vignoble. Pour renforcer la solidité des pellicules, le mieux est d’en apporter entre la nouaison et la fermeture de la grappe ».

Côté oligoéléments, aucun gros problème à signaler. « On peut avoir des carences sur mourvèdre ou sur des secteurs calcaires en manganèse, qui joue sur la productivité et la qualité. Mais globalement les niveaux sont similaires à ceux des derniers millésimes ».

Bons premiers rendements

A fin août, l’état sanitaire du vignoble est parfait. « Il n’y a pas de botrytis cinerea, sauf dans quelques secteurs du Gard, les vers de la grappe sont maîtrisés. Il faut cependant surveiller cryptoblabès sur les vignobles proches du littoral tels que celui de La Clape » reprend Marc Dubernet.

Le poids des baies n’est plus mesuré que par la Chambre d’agriculture des Pyrénées Orientales mais semble correct, loin de 2017 mais supérieur à 2021. Reste à voir si elles libéreront beaucoup de jus. « Pour l’instant, les premiers rendements en cuve sont bons ».

D’après Matthieu Dubernet, à qui est revenu le mot de la fin, « les grands millésimes commencent au printemps et toutes les planètes se sont alignées pour que 2022 en fasse partie. Il faut cependant raison garder sur la précocité et ne pas se précipiter pour vendanger les rouges ».

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Tous les commentaires (1)
Poirier Thierry Le 01 septembre 2022 à 15:41:42
Quel plaisir de découvrir de si belles analyses Merci !
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