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Rue de Varenne
Marc Fesneau prend le ministère de l’agriculture… et les dossiers chauds de la viticulture !

Le nouveau locataire de la rue de Varenne trouve sur son bureau une pile de sujets urgents pour l’avenir du vignoble : plan gel, réforme de l’assurance, mise en place de réserves, déploiement de l’irrigation, refonte de la HVE, aides à la transmission…
Par Alexandre Abellan Le 20 mai 2022
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Marc Fesneau prend le ministère de l’agriculture… et les dossiers chauds de la viticulture !
Marc Fesneau est actuellement en campagne pour les élections législatives dans le Loir-et-Cher. - crédit photo : Compte Twitter de Marc Fesneau
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a peut repartir ! Un mois après la réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, Marc Fesnau est nommé ce 20 mai au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, dans le gouvernement d’Élisabeth Borne, nommée première ministre ce 16 mai. Précédemment ministre délégué chargé des relations avec le parlement, Marc Fesneau était jusqu’en 2018 député du Loir-et-Cher (actuellement en campagne pour les élections législatives 2022), il est actuellement le premier Vice-président du Mouvement Démocrate (MoDem). Il succède à Julien Denormandie, qui était en poste depuis deux ans rue de Varenne et déjà regretté par la filière vin.

« On a été très satisfait du ministre précédent, Julien Denormandie. A l’écoute, constructif et travailleur, il se détachait du lot [des précédents ministres de l’Agriculture]. On espère que le prochain sera de la même taille » indique Gérard Bancillon, le président de la confédération des vins à Indication Géographique Protégée (IGP). Saluant le travail réalisé pour la filière par Julien Denormandie (« à mes yeux un grand ministre de l’Agriculture »), Jean-Marie Fabre, le président des vignerons indépendants souhaite que le nouveau gouvernement n’attende pas les élections législatives pour recevoir la filière (« on ne peut pas être attentiste ») et prendre des décisions sur les nombreux dossiers en souffrance (« j’attends du pragmatisme, de l’efficacité et une action immédiate »).

Clore le plan gel

Alors que la filière vin demande depuis des semaines un entretien avec son ministère de tutelle, le nouveau ministre va devoir se pencher sur les demandes d’aides du vignoble pour faire face à la succession de crises géopolitiques (taxes Trump, invasion russe en Ukraine…), covid (tensions logistiques, fermeture de la Chine…) et climatiques (gel, grêle…). La filière demandant un délai de 10 ans pour le remboursement des Prêts Garantis par l’État (PGE), un étalement des encours bancaires (avec le soutien de l’État), une aide équivalente au rachat de franchise de 2,5 points pour les vignerons assurés (ne bénéficiant pas du soutien ouvert récemment)… Des dossiers en souffrance depuis plusieurs semaines, a minima.

Car « les équipes passent, les sujets restent » résume Joël Boueilh, le président des Vignerons Coopérateurs de France. Qui porte par exemple le dossier de reconnaissance des caves coopératives comme organisations professionnelles : une demande « toujours en stand-by, le dossier est sur le bureau et attend une signature » souligne le viticulteur gascon. Dans l’immédiat, la priorité est la clôture du plan gel 2021 : « plus d’un an après, on est dans une phase où les mesures de soutien à l’aval doivent être mis en œuvre prochainement. On espère une issue heureuse et rapide » indique Joël Boueilh. « Il faut clore le volet amont du plan gel 2021 d’ici les vendanges 2022 (paiement et clôture des dispositifs) » indique Jean-Marie Fabre, qui réitère ses appels à l’étalement de la dette covid auprès du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, reconduit dans ses fonctions et déjà sollicité sur ce dossier.

Assurance récolte

Autre sujet crucial, celui de la réforme de l’assurance récolte dont le travail « d’une grande ampleur » reste en cours d’après le ministère. Si les arbitrages n’auraient pas été tranchés sur les seuils d’intervention en cas d’aléas climatiques (entre pertes prises en charge par l’exploitant, celles assurées et celles soutenues par la collectivité), la filière doit prochainement être sollicitée pour trouver un consensus avec les assureurs, l’objectif étant une application du nouveau système dès le premier janvier 2023. Pour y arriver, « les semaines et mois à venir vont en définir les contours, par décrets et ordonnances. On va demander toute l’attention du ministre pour ce premier dispositif cadré et formalisé » indique Gérard Bancillon, qui souhaite une participation de la filière sur les seuils, années de référence… Face aux blocages de la moyenne olympique, les accords internationaux doivent être réouverts plaide Jean-Marie Fabre. Attendant une « mise en œuvre pour janvier 2023 [de la nouvelle assurance climatique], il n’y plus de temps à perdre » ajoute Joël Boueilh. Qui note qu’en termes de pérennisation de l’activité viticole, le nouveau ministre doit également veiller à la bonne « gestion des homologations et réhomologations des produits phytosanitaires pour maintenir les capacités de production, alors qu’année après année, nos solutions se réduisent à peau de chagrin ».

Pour les vins IGP, la résilience des entreprises doit passer par le soutien du gouvernement aux propositions de système de réserves : « on veut des tests dès cette vendange. Il faut attaquer le plus rapidement possible » indique Gérard Bancillon, notant des projets portés par Intervins Sud-Est et InterOc. (toute la filière réfléchissant à ces sujets de sécurisation de la production et de ses marchés). Alors que la réglementation sur l’irrigation est à l’étude pour adapter le vignoble au changement climatique, Jean-Marie Fabre appelle l’exécutif à aller au bout des sujets évoqués par le Varenne Agricole : « il faut un plan Marshall de l’accès à l’eau, sinon nous resterons au milieu du gué ».

Du pain sur la planche

« On a pas mal de sujets brûlants ! » souligne Gérard Bancillon, également attentif à la réforme européenne des Indications Géographiques et au Label Bas Carbone en France. « Il y a du pain sur la planche pour celui qui va gérer le secteur avec l’ensemble du gouvernement » renchérit Jean-Marie Fabre, pour qui « la non-prise en compte d’éléments de difficultés conjoncturelles pourraient conduire à des déséquilibres structurels ».

 

 

Autres dossiers

Avec la réforme de l’assurance récolte, une autre évolution doit être achevée en début d’année prochaine : la refonte du cahier des charges de la certification Haute Valeur Environnementale (HVE). Les discussions sont en cours sur les modalités de changement du référentiel, notamment pour la suppression de la voie B et l’intégration d’un volet sur les produits phytos classés Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques (CMR). « Nous devons accélérer en matière de certification HVE notamment, tout comme en bio » indiquait Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle, le candidat indiquant également se pencher sur le rapport rendu par le député de la majorité Éric Girardin (Marne) concernant la réforme de la transmission des vignobles (cliquer ici pour en savoir plus).

 

 



 

 

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Tous les commentaires (1)
bourvil Le 21 mai 2022 à 10:52:37
Avec la nomination de Mons Fesneau à la tête de ministère de l'agriculture,un parisien ayant fait science-po sans vouloir faire injure, le monde agricole et viticole se retrouve dans le bleu le plus total, nous voici retourner dans l'aire des années Le Fol, le renouveau bye bye .........., mais 58%, pas de fatalisme s.v.p!!!!!
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