LE FIL

60 % en Champagne et 30 % à Bordeaux

Les vins français perdent 1 milliard € à l'export en 2020

Jeudi 11 février 2021 par Alexandre Abellan

Les vins français enregistrent de fortes baisses de leurs exportations aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, à Singapour…
Les vins français enregistrent de fortes baisses de leurs exportations aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, à Singapour… - crédit photo : Création Vitisphere avec Info.gram
De la fermeture des restaurants, pour cause de crise covid, au désavantage compétitif des taxes Trump, en passant par le repli du marché chinois, l’an passé marque une forte baisse des expéditions du vignoble de France. Le point complet en infographies grâce aux données de Business France.

En 2020, le vignoble français a moins exporté, et moins cher, sous les coups conjugués de la crise covid, des taxes Trump et du repli de la consommation chinoise. La France a exporté 13,6 millions hectolitres de vins* pour 8,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires (voir infographies ci-dessous). Soit des baisses de 4,9 % en volume et de 10,8 % en valeur par rapport à 2019. Globalement, les expéditions françaises chutent de 702 500 hl et 1 milliard € d’après les données récoltées par Business France (via la Direction Nationale des Statistiques du Commerce Extérieur).

Significative, cette chute des exportations 2020 est en partie atténuée par les performances enregistrées en fin d’année. « Sur le premier semestre 2020, les exportations baissent de 10 % en volume et 20 % en valeur. Mais cette chute se résorbe en fin d’année, avec +0,2 % en volume et -1,8 % en valeur sur le deuxième semestre, ce qui très proche du second semestre 2019 (+13 % volume et valeur pour décembre 2020 par rapport à décembre 2019) » indique Adrien Boussard, le référent sectoriel vins et spiritueux pour Business France. Une tendance regain à suivre ce début 2021 pour savoir si elle perdure.

Les perdants des confinements

En 2020, les plus forts replis à l’export sont enregistrés en volume pour les vins tranquilles conditionnés en bouteilles (-490 000 hl, soit -4,9 %) et en valeur pour les vins effervescents (-648 millions €, soit -18,8 %). Les seules croissances notables concernent les vins conditionnés en BIB (+13,4 % en volume et + 7,1 % en valeur) et les expéditions de moûts (+42,1 % en volume, mais -16,7 % en valeur). Si les vins en vrac affichent une forte valorisation (+16,8 % en valeur, alors que le volume se replie de 1,3 %), Adrien Boussard note que des expéditions de vins non-conditionnés ont pu chercher à contourner les taxes Airbus sur le marché américain (notamment en Provence et vallée du Rhône). Une stratégie rendue caduque par les nouvelles surtaxes américaines.

En termes de pertes de valeur, le repli des exportations du vignoble français se concentre essentiellement en Champagne (-634 millions €) et à Bordeaux (-288 millions €). Encore plus que les autres vins, les effervescents de Champagne pâtissent de la pandémie de covid. Cette dernière ferme les lieux de convivialités (restaurants, mariages, salons…) et étouffe l’esprit festif propice à la consommation de vins champenois. Également touchée par la crise sanitaire, la commercialisation des vins de Bordeaux est également perturbée par la chute des importations américaines (globalement -441 millions €, soit-23,5 %) et le fort repli en volume du marché chinois (important globalement 381 000 hl de vins français en moins, soit -30 %).

Destinations export
Si la Chine fait partie des marchés les plus en repli en 2020, Adrien Boussard souligne qu’en décembre les exportations françaises sont reparties à la hausse (+49 % en décembre 2020 par rapport à l'an passé). Entre commandes pour le nouvel an et premiers effets des taxes chinoises sur les vins australiens. Globalement, les marchés européens sont plus résistants que le grand export, avec des destinations porteuses, comme les Pays-Bas (ayant une activité de réexportation), l’Irlande, la Norvège, la Suède… A noter également les potentiels de développement en Corée du Sud, au Brésil, en Australie

Si les AOC Champagne et Bordeaux sont les plus touchées (ainsi que celle de Cognac, pour les spiritueux), « d’autres AOC s’en sortent mieux, comme la Bourgogne et la Provence » souligne Adrien Boussard.

 

* : Ces chiffres incluent les vins qui ne sont pas d’origine française, mais sont réexportés par des opérateurs français. Pour les vins tranquilles, cette part représente 14 % des volumes et 8 % de la valeur.

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