LE FIL

En infographies

Le covid fait décrocher la valorisation des exportations de vins français

Mercredi 09 décembre 2020 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 11/12/2020 11:37:53

Dans la compétition mondialisée des marchés du vin, la valorisation des vins français pâtit largement plus que la moyenne.
Dans la compétition mondialisée des marchés du vin, la valorisation des vins français pâtit largement plus que la moyenne. - crédit photo : Hillebrand
La forte présence des cuvées françaises sur le réseau de la consommation hors domicile explique les fortes baisses en valeur enregistrées par les exportateurs sur les neuf premiers mois de l’année.

La pandémie de covid est passée par là. De janvier à septembre 2020, la France a exporté 9,8 millions hectolitres de vin pour 5,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’après les dernières données compilées par Business France (voir infographies ci-dessous). Des baisses de 7,5 % en volumes et 17 % en valeur par rapport à 2019. Avec un repli deux fois plus important en valeur qu’en volume, le prix moyen du litre de vin exporté par la France se rétracte de 10 %, tombant à 6 €/litre.

Alors que les importations mondiales de vin ont diminué de 10 % en valeur de janvier à août dernier, les vins France sous-performent avec des chutes plus conséquentes, témoignant d’une exposition accrue à la conjoncture actuelle. Si la crise sanitaire pèse sur les dépenses des ménages dans le monde, cette perte de valeur ajoutée des vins français peut également s’expliquer par la fermeture fréquente des réseaux de consommation hors domicile. « Les vins et spiritueux premiums subissent de plein fouet la crise sanitaire. -28 % en valeur pour la Champagne, -24 % pour Bordeaux, -8 % pour la Bourgogne, -28 % pour Cognac… » énumère Adrien Boussard, le référent sectoriel vins et spiritueux pour Business France.

Cas particuliers

Après s’être stabilisées en juin-juillet, les exportations de vins AOP n’ont pas rebondi à la rentrée (-5 % en volume et -15 % en valeur sur les neuf mois). Passant par une baisse des prix moyens, et un développement des expéditions en vrac, seuls les vins du Beaujolais et de Provence affichent des hausses en volumes* (+4 %, pour -3 % en valeur). Alertant sur des biais sur les performances des IGP Terres du Midi et Méditerranée (leurs codes de suivi export ayant été créés en 2019), Adrien Boussard note que ce sont les vins de moyen et d’entrée de gamme qui tirent leur épingle du difficile jeu pandémique.

Alors que les principaux marchés importateurs de vins français se replient, l’analyste note que ce sont les exportations vers les pays tiers qui baissent le plus : « le marché s’est recentré sur l’Union Européenne ». Dans ce contexte, les cas particuliers de marché augmenté leurs importations sont d’autant plus notables : les Pays-Bas (pour de la réexportation), la Suède, la Norvège, l’Irlande… Ainsi que la Corée du Sud, « seul pays asiatique en croissance. La Chine est en repli depuis deux ans et les commandes japonaises du début de l’année, par anticipation des Jeux Olympiques de Tokyo, contrecarrent la mise en place de l’accord de libre-échange » conclut Adrien Boussard.

 

* : A noter également pour les spiritueux le bond des exportations d’Armagnac : +124 % volume et +55 % valeur (croissances essentiellement en vrac vers l’Allemagne et les Etats-Unis).

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé