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Les nombreuses cartes à jouer des vins français sur le marché australien

Vendredi 03 avril 2020 par Alexandre Abellan

« La France a une image prestigieuse sur le marché australien. Mais attention, cela peut aussi être vieillot. Face à une logique de nouveau monde très moderne. La France a souvent un temps de retard. Il faut montrer les cépages sur les étiquettes. C’est un marché dynamique » conseille Camille Lhote.
« La France a une image prestigieuse sur le marché australien. Mais attention, cela peut aussi être vieillot. Face à une logique de nouveau monde très moderne. La France a souvent un temps de retard. Il faut montrer les cépages sur les étiquettes. C’est un marché dynamique » conseille Camille Lhote. - crédit photo : Vintage Cellars
Au-delà de la récente ruée sur les rayons de bières et de vins, épidémie de coronavirus oblige, le marché australien est une cible export de choix pour les opérateurs de France. En témoigne l’analyse du bureau australien de Business France.

Défrayant la chronique en ces temps d’épidémie mondiale de Coronavirus avec ces restrictions à l’achat de vins et autres boissons alcoolisées, les consommateurs australiens témoigne de leur goût pour le vin et sa culture. Une maturité qui permet de tirer un parallèle inattendu : « l’Australie, c’est le marché anglais sous le soleil ! » résume Camille Lhote, la chargée de développement vins et spiritueux du bureau de Business France à Sydney. A entendre l’experte, les opérateurs du vin français peuvent facilement trouver leurs repères sur le marché australien s’ils ont déjà une activité export vers le marché britannique en particuliers, ou d’autres marchés anglosaxons en général (notamment ceux où les ventes d’alcool se font obligatoirement dans des magasins spécialisés).

En Australie, « on parle anglais (ce qui facilite les affaires et permet de réutiliser sa documentation), on demande le cépage sur l’étiquette, on privilégie la capsule à vis… Et les tendances de consommation sont les mêmes qu’au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : le bio*, les bulles, les rosés, les canettes, les faibles degrés d’alcool, les premix… » détaille Camille Lhote. Mais contrairement aux consommateurs anglais qui ont dernièrement tendance à privilégier les vins du nouveau monde, les consommateurs australiens diversifient leurs achats européens en cherchant des nouveautés.

Effritement néo-zélandais

Pays producteur, l’Australie importe 15 % de sa consommation de vin (voir graphiques ci-dessous). La France est le deuxième pays fournisseur de vins étrangers en Australie (20 % en volumes, mais 39 % de la valeur), derrière la Nouvelle-Zélande (55 % des volumes et 40 % en valeur) et devant l’Italie (13 % volume et 11 % valeur). Dernièrement, les importations australiennes de vins néo-zélandais marquent le pas, témoignant d’un intérêt des consommateurs australiens pour d’autres profils produits : des rosés légers, des vins blancs secs et des rouges fruités. « Les Australiens n’ont plus envie de shiraz et de pinot noir très tanniques. Ils cherchent des vins rouges du Rhône, du gamay, du tempranillo… Mais attention à la croissance des vins italiens » prévient Camille Lhote.

Cette recherche de nouveaux profils ouvre le champ des possibles aux vins français pour l’experte du marché australiens. « Le marché est en constante recherche de nouveautés. Il s’agit de connaisseurs de vin qui ne se limitent pas à Bordeaux et à la Bourgogne. Les vins de Loire et d’Occitanie répondent à une demande de vins de cépages aux étiquettes plus simples et moins complexes » souligne Camille Lhote.

"C’est le moment d’arriver sur le marché"

Les importations australiennes de vins français sont en effet diversifiées. La la Vallée de la Loire pèse ainsi pour 17 % des expéditions françaises d’AOP en volume, la Bourgogne, la Vallée du Rhône et le Languedoc-Roussillon pour 12 % chacun, Bordeaux pour 11 %... Sans oublier la Provence, qui monte à 15 %. « La Provence cartonne. Le rosé est émergent, le consommateur est encore en phase de découverte. C’est le moment d’arriver sur le marché. Comme il y a peu de production domestique de rosés (elle va sans doute augmenter à l’avenir pour répondre à la demande) et que les consommateurs aiment des rosés clairs et secs (Provence, Loire, IGP).. » analyse Camille Lhote.

« En revanche, faire des affaires en Australie prend du temps » prévient l’experte. « Comme ils s’engagent sur des vins expédiés et stockés à l’autre bout du monde, les opérateurs australiens sont exigeants et ne peuvent pas prendre le risque de se tromper sur un prix ou un positionnement produit. Il faut partir sur un délai d’un an à un an et demi pour valider une première commande » souligne Camille Lhote, ajoutant que « les Australiens sont conformes à leur image cool. Mais s’ils sont lents, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas intéressés, juste qu’ils sont prudents. Il s’agit de partenariat réfléchi sur le long terme. »

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la fiche dédiée à l’Australie de Business France.

 

 

* : A noter cependant qu’il n’existe « pas d’équivalence reconnue entre les labels bio européens et australiens. Des travaux sont en cours » indique Camille Lhote.


 

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