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Rebelote, petits rendements confirmés pour les vins blancs de Gascogne
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2022 en écho à 2021
Rebelote, petits rendements confirmés pour les vins blancs de Gascogne

Pas épargné par les aléas successifs, le département gascon entrevoit une récolte encore plus faible qu'en 2021. Sans stocks, la campagne va démarrer avec des prix fermes et des volumes qui ne pourront satisfaire tout le monde
Par Olivier Bazalge Le 21 octobre 2022
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Rebelote, petits rendements confirmés pour les vins blancs de Gascogne
De faibles volumes sont attendus dans le Gers. - crédit photo : Michel Carossio - Vignoble Côtes de Gascogne Paysage Printemps
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el, grêle, sécheresse… La petite récolte 2022 se confirme dans le Gers et les opérateurs s’affairent pour accéder aux moindres volumes disponibles. Si le syndicat des vins IGP des côtes de Gascogne ne veut pas encore s’avancer sur des chiffres sans les déclarations de récolte définitives, Alain Desprats, son directeur, prévient que le bilan sera loin des 1,7 million hl (Mhl) de moyenne pour le bassin de production gersois, « sachant qu’il y a un volant de 100 000 hl d’incertitude », lâche-t-il.

« Certains annoncent 1 Mhl pour cette récolte mais je ne suis pas certain qu’on y arrive, il y a des chances que l’on soit tout juste à la moitié d’une récolte habituelle », augure même le courtier François Tarrit. Toutes les zones de production gersoises ont été touchés par l’un ou l’autre des aléas climatiques de l’année, le courtier ne voit donc aucun endroit ayant pu atteindre les rendements espérés. « Le gel n’a heureusement pas eu l’impact de 2021 en ne touchant que des chardonnay et gros manseng plus précoces, la grêle s’est concentrée sur un couloir assez large mais la sécheresse a fait le plus de mal en sévissant partout », reprend le courtier.

Deux faibles récoltes de rang

Alain Desprats ajoute que cette seule sécheresse affecte le potentiel de récolte de 20 à 30%. « Dans une année normale, la moitié des volumes, 850 000hl, part en IGP côtes de Gascogne, 400 000 hl va en vin de France, 200 000hl sont des vins de base pour l’Armagnac et le reste est produit dans les AOP du département », détaille-t-il. Les bases pour Armagnac risquent d’être les plus pénalisées, « car les producteurs ont tendance à privilégier les vins commerciaux », pose Alain Desprats. Mais tous les segments seront néanmoins touchés, Alain Desprats ajoutant à titre indicatif « qu’en 2021, le gel a fait descendre la production gersoise à 1,3 Mhl, entraînant une diminution de 20 % des volumes revendiqués en IGP côtes de Gascogne ».

Mais le plus préoccupant reste l’enchaînement de deux faibles récoltes, qui fait démarrer la campagne d’achat « sans stocks, alors que nous avions commencé la campagne précédente avec des stocks normaux », indique François Tarrit, maintenant une tension sur les disponibilités et les prix. « Les prix étaient déjà hauts l’an dernier », rappelle Alain Desprats, et François Tarrit ne voit pas une autre issue que « des prix qui se maintiennent fermes, sans sortir des clous de ce qui s’est pratiqué avec le millésime précédent, autour de 100 €/hl pour les colombard et 110-115 €/hl pour les sauvignon ».

Besoin d’une augmentation de leur valorisation

Olivier Dabadie, président de l’interprofession IGP côtes de Gascogne, a conscience de la nécessité, pour certains opérateurs, de pouvoir fournir leurs marchés. Il appelle néanmoins à savoir raison garder pour ne pas mettre en péril le fragile équilibre de l’offre de prix. « Certes, nos vins ont besoin d’une augmentation de leur valorisation, mais de manière constante et continue. D’autant qu’une spéculation sur les prix ne serait pas bienvenue au regard des difficultés qui s’annoncent avec l’inflation et les augmentations de prix des matières sèches », avertit-il. Avec la diminution de son pouvoir d’achat, le consommateur risque de procéder à des arbitrages pas nécessairement favorable au vin. « Ne reproduisons pas des erreurs que d’autres zones de production ont commises par le passé, au risque de perdre des marchés importants si les prix augmentent trop vite », enchaîne Olivier Dabadie, « car nos viticulteurs pâtissent déjà suffisamment de deux années culturales marquées par les aléas, ils sont en 1ère ligne ».

Pour un bassin gersois qui n’a jamais de mal à fournir des vins très frais et à l’aromatique marquée, la question qualitative vient également au premier plan, après le cumul d’aléas qui a marqué une hétérogénéité des maturations avec ce millésime 2022,. « Des colombard très acides ont dû être rentrés précocement dans les zones grêlées et, a contrario, la sécheresse et la chaleur ont pu conduire à des sauvignon et colombard bien mûrs, avec des profils que l’on va retrouver dans d’autres régions, comme en Languedoc qui a bien produit », avise François Tarrit. Également président de l'union coopérative Plaimont, Olivier Dabadie nuance ce constat en se montrant « satisfait des niveaux d’acidité obtenus, qui ont permis de maintenir des profils frais malgré les craintes ».

Incertitudes

Sur un plan plus large, certains opérateurs trouvaient dans le Gers « des blancs frais et aromatiques à intégrer dans des assemblages en vins de France, il va donc falloir à quel niveau se situe cette production de vin de France sur ce millésime, tant en volume qu’en qualité, car si les profils habituels ne sont pas au rendez-vous, il faudra pouvoir trouver ces volumes ailleurs, probablement en Languedoc », relève Florian Ceschi directeur du cabinet de courtage Ciatti Europe. Il indique pour l’heure un marché prudent qui commence l’achat des blancs « en se couvrant sur les très belles qualités, mais qui reste néanmoins attentiste sur le gros des volumes, avec beaucoup d’incertitudes liées à des marchés de distribution en baisse de rythme, aux effets de l’inflation et aux difficultés vis-à-vis des matières sèches ». Ce que confirme François Tarrit.

 

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