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Ces vignerons testent leur patience et la résistance des cépages Bouquet
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Longues démarches
Ces vignerons testent leur patience et la résistance des cépages Bouquet

Cas pratique : les exploitants du château des Fenals, dans l'Aude, se sont lancés dans les démarche de plantation d'une variété résistantes au mildiou et à l'oïdium dans le cadre du réseau Oscar Oc.
Par Olivier Bazalge Le 22 septembre 2022
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Ces vignerons testent leur patience et la résistance des cépages Bouquet
Marion et Mickaël Fontanel-Moyer, château des Fenals à Fitou - crédit photo : O. Bazalge pour Vitisphere
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ette année, la tournée des vendanges du préfet de l’Aude s’est arrêté au château des Fenals, à Fitou. Là, le représentant de l’Etat Thierry Bonnier a rencontré Marion et Mickaël Fontanel-Moyer, couple d’exploitants désireux de faire évoluer l’encépagement de la propriété face à la nouvelle donne climatique, particulièrement prégnante cette année dans cette zone littorale du département. Après concertation avec les services techniques de la chambre d’agriculture de l’Aude (CA 11), le couple a entériné à l'été 2021 une demande de plantation expérimentale d’une variété résistante Bouquet. « Après analyse de nos sols, nos échanges avec le service de multiplication des plants nous ont conduit à faire une demande de plantation pour le G9, une variété qui présente beaucoup de promesses pour pallier aux limites de nos muscats face à l’évolution climatique. Très sensibles à l’oïdium, ceux-ci voient en outre leurs rendements limités avec les conditions actuelles, et des difficultés pour maintenir des profils de vins frais », avance Marion Fontanel-Moyer.

Le G9 est une de ces variétés dites ‘Bouquet’, donc monogénique et porteuse du gène ‘Run1’ de résistance à l’oïdium. Son expression aromatique est remarquable, comme sa capacité à conserver sa fraîcheur, essentielle en contexte méridional. Tardif, ce cépage ne présente pas de capacité de surmaturation et produit naturellement plus de glutathion et d’acide ascorbique que la moyenne. Ces caractéristiques en font un candidat prometteur dans le contexte d’évolution climatique, et reconnu en dégustation par les professionnels.

2000 pieds de G9

« Ce type de plantation est faisable dans le cadre du protocole Oscar Oc, dans la limite de sites démonstrateurs d’un ha maximum chez des vignerons sélectionnés et approuvés par Inrae, et soumis ensuite à un cahier des charges très strict pouvant conduire à l’arrachage à tout moment », indique Didier Viguier, responsable du service de multiplication des plants de la CA 11. Grâce à ce réseau d’observation de parcelles Oscar Oc, porté par le CIVL, sous l’égide de l'Inrae et l'IFV et avec le soutien des chambres d'agriculture et de la région Occitanie, les expérimentateurs entendent disposer d’éléments solides concernant le comportement agronomique et œnologique des variétés plantées. « Il sera également plus facile d’observer d’éventuels contournements de la résistance sur toutes ces surfaces que sur les quelques dizaines de pieds de l’expérimentation VATE* », décrypte Didier Viguier.

Marion et Mickaël Fontanel-Moyer ont donc exposé au préfet le parcours d'une candidature acceptée lors du comité de pilotage d’octobre 2021, mais toujours en attente d'une confirmation définitive de la part d'Inrae, pour pouvoir planter du G9 au printemps 2023. « Nous avons ciblé une quarantaine d’ares pour accueillir 2 000 pieds, mais sans accord définitif nous ne pouvons entamer la préparation de la parcelle », poursuit l’exploitante du château des Fenals. La vigneronne a donc souligné auprès du préfet la longueur d’une telle démarche alors que les remous du climat ne se font pas attendre.

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Temps long

« Pour une demande acceptée en fin d’année 2021, le greffage ne peut se faire qu’au printemps 2022, pour une plantation au printemps 2023. Mais certaines demandes doivent attendre plus d’une année avant d’être acceptées », précise Didier Viguier. La 1ère récolte n’intervient ensuite qu’après 3 campagnes (2025 dans ce cas) pour élaborer un vin qui ne peut être commercialisé qu’en vin sans IG. « Les exploitants sélectionnés s’inscrivent dans un cadre de recherche, sans garantie de pérennité, car on les avertit bien que la parcelle peut être arrachée à tout moment si un contournement de la résistance ou des difficultés agronomiques sont décelées », termine Didier Viguier.

 

* : Une fois reconnue distincte, homogène et stable (DHS), une variété doit démontrer sa valeur agronomique, technologique et environnementale (VATE), par des expérimentations appropriées et codifiées dans un règlement technique spécifique homologué par arrêté ministériel. Le suivi VATE est réalisé sur une période de cinq récoltes et sur deux parcelles de conditions pédoclimatiques

 

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