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Le vignoble audois appelle à l’eau
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A sec
Le vignoble audois appelle à l’eau

En Languedoc, les acteurs du vignoble veulent faire avancer le dossier des retenues collinaires au plus tôt, ainsi que l'utilisation de la ressource en eau dans les différentes formes sous laquelle elle peut se présenter.
Par Olivier Bazalge Le 20 septembre 2022
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Le vignoble audois appelle à l’eau
Le préfet de l'Aude Thierry Bonnier entouré du président des Vignobles Cap Leucate Lilian Copovi (à g.) et les représentants des Vignerons indépendants Jean-Marie Fabre et Alexandre They (à dr.)
L

’époque est à la tournée des vendanges chez les préfets. Comme leurs voisins héraultais deux semaines plus tôt, les acteurs de la filière viticole audoise ont profité de la traditionnelle tournée du préfet Thierry Bonnier pour réitérer l’urgence de l’accès à l’eau pour les producteurs du département.

Aux côtés du président de la chambre d’agriculture départementale, Philippe Vergnes, les représentants de la filière viticole, dont le président national des Vignerons indépendants, Jean-Marie Fabre, venu en voisin du village de Fitou où est installé son domaine de la Rochelierre, ont eux-aussi mis en exergue « la nécessité d’arrêter de faire des réunions mais de donner les premiers coups de pelleteuses pour réaliser les travaux d’aménagement pour l’approvisionnement de l’eau », a insisté Philippe Vergnes.

Le noeud du stockage

De l’eau ou plutôt « des eaux », comme l’a relevé Joël Castany, président de Cordier by Invivo et ancien président des Vignobles Cap Leucate. « Il n’y a pas qu’une eau disponible mais bien plusieurs, que ce soit la pluviométrie, les cours d’eau ou encore la réutilisation des eaux usées que nous expérimentons ici depuis 4 ans. Mais l’expérience montre aujourd’hui qu’envisager l’irrigation n’est possible que si le stockage est possible, sinon c’est trop limité », avertit-il. Présent lors de cette tournée, le député européen Eric Andrieu abonde pour cette solution multimodale de captation de la ressource en eau, ainsi eu le principe du stockage, qu’il juge « indispensable si nous voulons permettre au plus grand nombre d’avoir cet accès à l’eau pour leurs cultures ».

Car le choix de la visite préfectorale dans ce secteur audois situé entre Fitou et Leucate ne doit rien au hasard. Enclavé entre la rocaille des contreforts des Corbières et les étangs du bord de Méditerranée, la zone figure parmi les plus déficitaires en eau, « et ne disposant surtout d’aucun accès à l’irrigation, en faisant une zone désertique lorsqu’il n’y a aucune précipitation comme cette année », renchérit Lilian Copovi, président de la coopérative vignobles Cap Leucate.

Partage de la ressource

Si elle manifeste son impatience quant à la possibilité d’accès à la ressource en eau, la filière viticole audoise ne veut pourtant pas se montrer trop gourmande sur un sujet qui peut vite se révéler explosif auprès de l’opinion publique. « Nous ne pourrons avancer sur ce sujet que de manière collective, par des retenues collinaires, des forages collectifs, et un partage de la ressource pour tous les usages, à l’image de ce que nous ont remonté les pompiers cet été, qui seraient intervenus plus efficacement sur certains feux s’ils avaient pu puiser l’eau dans ces bassins collinaires », appuie le président de la CA 11. Le préfet Thierry Bonnier souligne d’ailleurs que le département fait figure d’exemple « car c’est le seul de France où le comité de gestion de l’eau, intégrant l’ensemble des parties prenantes dont la chambre d’agriculture, se réunit chaque semaine ».

Une prochaine étape devrait être franchie dans le département avec la création prochaine d’un GIP (groupement d’intérêt public) « en charge de la régulation de la ressource, dans une approche concertée distinguant les enjeux d’eau brute et d’eau potable, avec la ressource existante et la ressource à créer, parce que je suis convaincu de la nécessité des retenues, pour l’agriculture mais aussi les autres usages, car on ne peut plus éteindre des incendies avec de l’eau potable », avance Thierry Bonnier.

 

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