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Il est l'heure de vendanger dans le Gard !
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Coup d'envoi
Il est l'heure de vendanger dans le Gard !

Top départ avec la récolte des premiers muscats pour la cave d'Héraclès, basée à Codognan. Les vendanges des autres variétés blanches suivront dès le début du mois d'août mais les conditions climatiques dicteront l'évolution des maturités
Par Olivier Bazalge Le 29 juillet 2022
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La machine à vendanger a récolté les premiers raisins de 2022 à Codognan - crédit photo : O. Bazalge pour Vitisphere
A

près un premier record battu dans l’Aude le 25 juillet, c’est au tour de la cave d’Héraclès, dans le Gard, de procéder ce 29 juillet au lancement des vendanges le plus précoce de son histoire. Une soixantaine de tonnes de muscat petits grains est arrivée au quai de réception de la cave basée à Codognan, en provenance des parcelles de trois adhérents.

« Nous récoltons ce jour 5 hectares en ouvrant le quai de 8 heures à midi. Nous avions ramassé ces muscats frais thiolés le 31 juillet en 2020, année précoce, le record est encore battu », note Frédéric Saccoman, directeur de la cave d’Héraclès. Dans cette zone où l’eau du bas Rhône arrive à proximité grâce au canal Philippe Lamour, les vignes irriguées ne présentent pas de stress hydrique et ce n’est pas un éventuel phénomène de concentration qui a conditionné cette maturité précoce, pour des raisins qui titrent 11 % potentiels à leur arrivée dans le conquet.

Nous réfléchissons au ré-encépagement

Avec 1 250 hectares de vignes dont 95 % sont certifiées en bio, la cave d’Héraclès ne réalise pas simplement « un coup » en vendangeant si tôt dans l’été. « C’est une tendance lourde que nous observons avec les années. L’évolution du climat tend à avancer ces dates de maturité, pas seulement sur les muscats car nous attaquerons les sauvignon dès le 2 août la semaine prochaine, et enchaînerons sans coupure jusqu’à fin septembre », reprend Frédéric Saccoman.

Tant au niveau des équipes techniques que des adhérents, cette précocité ne laisse personne indifférent au sein de la coopérative gardoise. Le maître de chai achève sa dernière semaine de congés et Julien Puccini, l’un des vignerons récoltant du muscat ce 29 juillet, fait part de son questionnement quant aux perspectives. « Nous réfléchissons au ré-encépagement pour revenir vers des variétés de raisins blancs méridionales plus classiques pour remplacer ce muscat d’une quinzaine d’années », avance le viticulteur gardois. Frédéric Saccoman n’en dit pas moins sans pour autant être en mesure d’avoir une position tranchée entre les variétés attendues par le marché et les contraintes de production engendrée par l’évolution climatique.

Julien Piccini (à dr.) et son cousin Anthony attendent la machine à vendanger en bout de rang - OB

Apports d'azote foliaire

« Pour les variétés thiolées muscat et sauvignon, nous ne déclenchons pas la récolte sur la base du degré mais bien de la dégustation des baies et des niveaux d’acide malique, qui se situent entre 2,3 et 2,6 g/l H2SO4 sur les muscats qui rentrent ce 29 juillet, pour un pH de 3,2 », affine Marie David, responsable amont de la cave d’Héraclès, qui indique également un bon niveau d’azote assimilable malgré des mesures faibles d’azote dans les pétioles en cours de campagne. « Nous procédons systématiquement à deux pulvérisations d’azote foliaire à véraison pour les variétés thiolées, et nous en avons même préconisé une sur chardonnay cette année au regard de la faiblesse de minéralisation », poursuit-elle.

Alors qu’une, voire deux, nouvelles vagues de chaleur sont à nouveau annoncées dès le début du mois d’août, l’équipe d’Héraclès reste prudente concernant la fluidité des maturations pour le reste des blancs puis sur les variétés noires. « Comme tout le monde, nous savons qu’il va être primordial d’avoir de la pluie en août pour accompagner les maturations des raisins et des pellicules, mais nous croisons les doigts pour ne pas nous retrouver avec un épisode cévenol de 300mm. Malheureusement, les évènements climatiques deviennent systématiquement si excessifs qu’on en peut miser sur rien », s’inquiète Frédéric Saccoman.

Les 1ers muscats 2022 dans le conquet - OB

 

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