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Les vignes vont griller sous de nouveaux coups de chaleur... et de chalumeau ☀️🥵☀️
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Sud-Ouest, Vallée du Rhône…
Les vignes vont griller sous de nouveaux coups de chaleur... et de chalumeau ☀️🥵☀️

Après une accalmie, la canicule revient sur les vignobles : des pics de chaleur sont attendus mercredi prochain avec des intensités qui s'annoncent fortes. Une quatrième canicule pourrait même se profiler en août.
Par Alexandre Abellan Le 29 juillet 2022
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Les vignes vont griller sous de nouveaux coups de chaleur... et de chalumeau ☀️🥵☀️
Les vignes suent à grosses gouttes sous l’enchaînement des canicules de ce millésime 2022. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
C

ycle infernal de stress maximal. Au rythme des canicules qui se suivent et se ressemblent cet été, dans le vignoble « ça devient franchement très compliqué » témoigne Gérard Bancillon, le président de la Confédération des vins IGP de France. Viticulteur dans le Gard, il voit que « la situation se dégrade de jour en jour. On a des baies grosses comme des plombes de chasse. Les vignobles de coteaux se défeuillent tous les jours, avec un tapis de feuilles mortes. » Et les choses ne vont pas s’améliorer, au contraire.

Après les deux canicules exceptionnelles des 17 juin et 17 juillet, « une troisième canicule devrait commencer lundi premier août pour 3 à 4 jours » analyse le docteur en agroclimatologie Serge Zaka de la société Itk. Pour l’expert, « c’est acquis. Il est encore trop tôt pour connaître la magnitude, mais les températures pourraient dépasser 40°C. Elles seront comprises entre 35 et 40 °C sur le Sud de la France, Sud-Est et Sud-Ouest compris. » L’origine de ce nouveau coup de chaud se trouve dans la réserve d’air chaud qui se trouve au Sud de l’Europe, au niveau de la péninsule ibérique, et qui remonte à chaque bifurcation du vent dans les conditions anticycloniques actuelles : « une poche d’air chaud nous menace à tout moment » résume Serge Zaka.

Pic mercredi

Déroulant le scénario actuellement prévu par les modèles météo, Emmanuel Buisson, le directeur de l’innovation Weenat – Weather Measures, indique que le coup de chaud commence ce week-end dans le Gard avec 30 à 35°C, avant de contaminer le pourtour méditerranéen, de Marseille à Perpignan, puis remonter en début de semaine par le Sud-Ouest sur la façade atlantique et par la Vallée du Rhône jusqu’en Bourgogne. « Le pourtour méditerranéen sera au-dessus de 35°C, il n’y pas de 40°C prévu pour l’instant. Il y a aura une migration vers l’Est à partir de mercredi 3 août, la journée qui sera très chaude. Jeudi 4 août, un flux d’ouest nord-ouest arrive et on va voir la chaleur s’atténuer, on l’espère avec des pluies » avance Emmanuel Buisson, notant qu’il est encore trop tôt pour avoir une dynamique d’évacuation précise.

Quatrième canicule

Ce nouveau coup de chaud sera « d’autant plus dramatique que les réserves hydriques sont basses : on bat les records de 1976 en termes de sécheresse. Il s’agit de la réserve en eau la plus basse mesurée en France » souligne Serge Zaka. Le docteur en agroclimatologie pointe que tous les vignobles de France seront concernés par ces fortes températures, et plus particulièrement en basse vallée du Rhône et dans l’arrière-pays méditerranéen (notamment dans l’Aude). Si les modèles sont encore incertains, « une nouvelle canicule se profile autour du 10 août. Nous ne sommes pas à l’abri d’une quatrième canicule au cours du mois d’août » prévient Serge Zaka. « Un nouveau coup de chaleur sur plusieurs jours pourrait revenir la semaine suivante, comme un accordéon » confirme Emmanuel Buisson.

Pas de quoi rassurer dans le vignoble. « On ne sait pas comment ça va se finir. Il y a des risques de blocage… Ce ne sera pas la première fois, il va falloir se souvenir de ce que l’on a fait en 2003 » témoigne Gérard Bancillon, qui espère des pluies (sans grêle). Tout en craignant de violents épisodes cévenols avec la montée des températures de la mer Méditerranée. « Je suis très inquiet pour la période des épisodes méditerranéens (de mi-août à mi-octobre, voire mi-novembre), la température de la Méditerranée est 5°C au-dessus des normales » reconnaît Emmanuel Buisson. Pointant que la température de l’eau n’est pas le seul élément déclenchant, une dépression est aussi nécessaire, Serge Zaka se veut rassurant. « Le pire n’est jamais certain » conclut Gérard Bancillon.

 

 

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