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La crainte du Brexit ne doit pas occulter les relais de croissance pour les vins français

Jeudi 03 décembre 2020 par Alexandre Abellan

Pauline Gauthier appelle les opérateurs à s’implanter à Londres, mais à ne pas se désintéresser du reste du pays. Comme l'Ecosse, très consommatrice de vins français.
Pauline Gauthier appelle les opérateurs à s’implanter à Londres, mais à ne pas se désintéresser du reste du pays. Comme l'Ecosse, très consommatrice de vins français. - crédit photo : Gouvernement britannique
Fog typiquement britannique, l’incertitude persistante sur les conséquences douanières de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne ne doit pas être l’arbre épouvantail qui masque une forêt d’opportunités pour le bureau londonien de Business France.

« Le Brexit, il faut s’y préparer et il va apporter des changements. Mais en parallèle, pour rester présents commercialement, il faut rester agressif et porter l’image des vins français » résume Pauline Gauthier, à la tête du pôle Agrotech de Business France à Londres. Alors que les modalités de sortie de la Grande Bretagne de l’union douanière européenne restent incertaines (avec le risque d’une absence d’accord, le no-deal), les exportateurs de vins et spiritueux se préparent au rétablissement des frontières et de leurs multiples formalités au premier janvier 2021.

« Le challenge est loin d’être insurmontable, le Royaume-Uni devient un pays tiers comme un autre » répond Pauline Gauthier aux plus craintifs. L’essentiel pour la cheffe de pôle est de maintenir les relations avec les clients et prospects britanniques avec l’envoi de nouvelles et d’échantillons alors que le marché reste particulièrement actif à l’approche des fêtes de fin d’année. S’il ne stocke plus à l’approche de la date fatidique du rétablissement des frontières, le marché en serait incapable au vu des commandes attendues pour décembre souligne Pauline Gauthier.

"Les entrepôts sont pleins"

Résiliente face à la pandémie de covid-19, la consommation britannique de vin s’est reportée des restaurants (fermés) aux circuits de ventes à emporter (le off trade). Si la valeur ajoutée du réseau CHR est perdue, la consommation de vin s’est maintenue en volume. Résultat, « les entrepôts sont pleins, il n’y a pas de place pour stocker en prévision de noël » rapporte Pauline Gauthier. Dans ce contexte, les vins français résistent note l’experte, citant les panels en grande distribution de Nielsen, qui indique sur le off trade des ventes de vins français en hausse de 7 % en volume et 10 % en valeur de juin 2019 à juin 2020.

« Ce sont des croissances très dynamiques, arrivant derrière celles du Chili. Les vins français sont aussi très bien positionnés sur le circuit des cavistes, qui est un réseau très actif » note Pauline Gauthier. Le marché britannique reste très disputé, la France y reste le premier fournisseur de vin en valeur (voir infographies ci-dessous) et le deuxième en volumes (derrière l’Italie). Réputé pour son environnement ultra-concurrenciel, la Grande Bretagne en tire toute son importance dans le monde du vin.

Marché précurseur

« C’est une scène de concurrence internationale très dynamique. Il s’agit d’un marché mature globalement stable, mais avec des niches à fortes croissances en faisant un marché d’innovation. Tous les producteurs mondiaux viennent tester leurs produits et affronter la concurrence : ce qui va se passer ici, va se décliner en général sur d’autres pays » analyse Pauline Gauthier. Qui fait état de tendances actuellement fortes pour les vins rosés, les effervescents hors champagne (Prosecco et crémants), la viticulture biologique, les produits artisanaux, la tendance au faible degré alcool (et à la désalcoolisation), aux vins premix (dont les wine seltzers). Sans oublier l’intérêt pour de petits formats, comme les canettes.

Face à ces multiples niches, le vignoble français présente une gamme large et diverse, où l’offre bio est développée note Pauline Gauthier. Qui alerte cependant sur l’enjeu d’accessibilité de cette diversité française, qui peut ressembler à une complexité illisible sur certaines étiquettes.

Pour en savoir plus sur le marché britannique, cliquer ici.

 

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