Accueil / Commerce/Gestion / La Thaïlande, un marché centré sur les vins rouges
La Thaïlande, un marché centré sur les vins rouges
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Idée export
La Thaïlande, un marché centré sur les vins rouges

Dans ce pays où la consommation d'alcool est fortement dominée par la bière et les spiritueux, le vin se fait doucement une place. La couleur rouge est prépondérante, mais de nouvelles tendances semblent percer. La pénétration du pays est difficile et obligatoirement corrélée à l'entremise d'un importateur bien implanté
Par Olivier Bazalge Le 18 novembre 2022
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
La Thaïlande, un marché centré sur les vins rouges
Le pays du sourire fait la part belle aux vins rouges - crédit photo : Business France
«

 La Thaïlande est un important consommateur d’alcool, à hauteur de 50 l/an/habitant, très majoritairement dominé par la bière, qui génère 73 % de la consommation. C’est également un marché important pour les spiritueux qui représentent 26 % de la consommation. Les vins ont une place bien moindre, 1 % des volumes », situe Gaël Bensoussen, conseiller commercial pour Business France basé à Bangkok, capitale qui regroupe à elle-seule 12 des 69 millions d’habitants que compte la Thaïlande. « Sur le plan des proportions démographiques et de la superficie, la Thaïlande présente des similitudes avec la France, avec également une grande ouverture côtière sur les mers », poursuit-il, « mais la consommation de boissons alcoolisées ne concerne que 16 millions d’habitants, soit 23 % de la population ». L’économie du pays est présentée par le conseiller Business France comme intermédiaire, entre celles des pays émergents et celles des pays développés.

Le marché du vin se caractérise par une large domination de la consommation de vins rouges, qui occupent 85 % des volumes de ventes de vins de toutes origines dans le pays en 2021. « Les effervescents n’occupent que 3 % des volumes alors que les blancs tranquilles 10 %. Malgré des volumes encore faibles, les vins blancs et rosés offrent un potentiel de développement intéressant, avec le développement d’une consommation moins traditionnelle, plus jeune et récréative », situe le conseiller Business France.

L'Australie est passée devant

Avec 28 % des volumes de vins vendus en 2021, l’Australie devance la France, historiquement leader, mais qui ne s’accapare que 18 % des volumes, à égalité avec le Chili. L'Australie et le Chili ont signé des accords de libre-échange avec la Thaïlande et bénéficient d’un traitement tarifaire préférentiel (taxe à l'importation de 24 % pour l’Australie au lieu de 54 %). La France s’est également faite dépasser en valeur par l’Australie, en occupant 25 % des parts de marché. « Trois types de consommateurs de vin se côtoient. Les historiques sont issus des grandes familles aisées et éduqués à l’univers du vin. Il y a à côté de ça une nouvelle génération de jeunes urbains aisés, moins connaisseurs mais plus enclins à s’afficher avec le vin qui constitue un marqueur social de réussite. La troisième catégorie est intimement liée aux étrangers présents dans le pays, entre expatriés et touristes », déroule Gaël Bensoussen.

Le conseiller précise que le pays se réouvre enfin au tourisme après une crise Covid qui a fermé les frontières et lourdement affecté les importations de vin, mais la fréquentation reste encore bien en-deçà des 40 millions de visiteurs annuels que recevait le pays en 2019. « Le pays est revenu à 10 millions de touristes en 2022, la marge de progression reste donc conséquente, même si l’Etat a fixé des orientations en faveur d’un tourisme plus haut de gamme et moins massif à l’avenir», ajoute-t-il.

Un importateur sinon rien

Malgré les mesures gouvernementales visant à diminuer les méfaits de l’alcool, les prévisions économiques tablent d’ici 2026 sur une croissance moyenne de la consommation de vin d’environ 7,7 % par an. « Il y a une véritable ambivalence entre la déclaration de guerre à l’alcool, fléau sur les routes, et la manne de taxes que les boissons alcoolisées rapportent à l’état, et à deux entreprises familiales quasi-monopolistiques, qui se partagent 95 % des ventes de bières dans le pays », situe encore le conseiller Business France.

Les conditions d’accès au marché du vin sont également fortement liées à la mise en relation avec des importateurs bien implantés. « 30 à 50 importateurs sont bien positionnés pour distribuer les vins dans le pays. Ce sont des gens qui se déplacent rarement et l’envoi d’échantillons est très cher avec une taxation au-delà d’un litre. Le meilleur moyen de les rencontrer réside donc dans les évènements de dégustation organisés par Business France, qui permettent en outre d’échantillonner en quantité suffisante grâce aux quotas diplomatiques », détaille Gaël Bensoussen. Les importations de vins et spiritueux sont réservées aux sociétés de nationalité juridique thaïlandaises, disposant d’une licence délivrée par le département des accises. L’obtention d’un permis d’importation est nécessaire pour chaque lot importé, avec une approbation des mentions de l’étiquette par ce même département. La vente en ligne et la publicité sont interdites.

Le conseiller Business France indique que les vins importés de France sont pourvus d’une image de prestige, qualité, et considérés comme premium, avec une prépondérance du marché thaïlandais pour les vins de Bordeaux et Bourgogne, qui dominent en volume et en valeur les importations de vins français. Cette offre française de vins est très majoritairement distribuée à travers le circuit HoReCa (hôtels-restaurants-cafés), secteur qui a le plus souffert de l’arrêt d’activité lié au Covid, « mais qui va tirer la reprise avec une croissance attendue de ce secteur autour de 4 %, alors qu’il regroupe plus de 11 000 hôtels et 205 000 restaurants, dont 61 000 juste à Bangkok », précise Gaël Bensoussen.

Place des spiritueux

Depuis les années 80, la production de vin a été introduite en Thaïlande, avec aujourd’hui une dizaine de vignobles répartis dans plusieurs régions. « Ces vins ‘new latitude’ sont produits avec des raisins cultivés dans une zone du nord du pays, confinée entre les 14ème et 18ème parallèles », relate Gaël Bensoussen, « la Thaïlande produit désormais plus d'un million de bouteilles de vin chaque année, rouge, blanc, vin de dessert et même des mousseux élaborés en méthode traditionnelle ». Ces vins sont servis dans des restaurants thaïlandais haut de gamme, vendus localement et même exportés à l'international. La Thaïlande exporte des vins, vers la Birmanie et le Cambodge, mais selon le conseiller Business France, il s’agit de réexportation de vins importés.

Les spiritueux importés sont très demandés dans les grandes villes, notamment les villes touristiques comme Bangkok, Pattaya, Phuket et Chiangmai. « Les brandy et cognac français sont un créneau très important, occupant un tiers des importations de spiritueux thaïlandaises. C’est un marché important pour les fêtes et cadeaux, où le packaging joue un rôle majeur », finit Gaël Bensoussen.

Pour en savoir plus sur ce marché, cliquez ici

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé