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Vins d'Alsace
La cave de Pfaff signe un accord de distribution exclusif avec les Grands Chais de France

La coopérative de Pfaffenheim va confier la distribution à l’export et en GMS France de sa gamme de vins et crémants au négoce Arthur Metz, filiale des Grands chais de France (GCF). Une première dans le genre en Alsace.
Par Christophe Reibel Le 25 mai 2022
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La cave de Pfaff signe un accord de distribution exclusif avec les Grands Chais de France
L’accord de partenariat a été signé dans les locaux de GCF par Anne Simon et Joseph Helfrich, (assis au premier plan) en présence des administrateurs de la coopérative. - crédit photo : GCF
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ncore candidate à une fusion il y a un cinq semaines, la coopérative haut-rhinoise se voit désormais un avenir autonome même s’il est lié depuis le 23 mai à un gros opérateur du vignoble. C’est ce lundi 23 mai qu'Anne Simon, présidente de la cave de Pfaffenheim et Joseph Helfrich, président d’Arthur Metz, ont signé au siège de GCF à Petersbach, un accord de partenariat qui porte sur dix ans renouvelables. Thierry Schoepfer, directeur de transition à Pfaffenheim et Serge Fleischer, directeur général d’Arthur Metz, en ont détaillé les contours en conférence de presse le mardi 24 mai.

Cet accord maintient les deux structures juridiques existantes, mais prévoit que le négociant devienne progressivement à partir du deuxième semestre 2022 l’interlocuteur exclusif de la coopérative. Il en distribuera les marques (Pfaff, Black&Tie, Dopff&Irion, Ernest Wein, …) dans le monde et dans la grande distribution française. « Au lieu de démarcher par exemple directement au Canada, Pfaff figurera désormais dans l’offre du bureau de GCF dans le pays » explique Thierry Schoepfer. En production, Arthur Metz « accompagnera la coopérative sur des axes d’amélioration et de restructuration, notamment en R&D viti-oeno ». GCF a signé un contrat-cadre similaire en 2010 avec la coopérative du Mont-Tauch en appellation Fitou.

Se désendetter en dix ans

« L’objectif est de baisser les charges d’exploitation trop élevées et de désendetter Pfaff » rappelle Serge Fleischer. Dans ce but, Arthur Metz rachète l’unité d’embouteillage « surdimensionnée » de la coopérative et lui met à disposition une unité de mise mobile, idéale pour les séries à petits volumes et petits contenants dans lesquels le site de Pfaffenheim va se spécialiser. Les dix pressoirs du vendangeoir de Pfaffenheim viendront eux en appoint des besoins d’Arthur Metz, notamment pour assurer le pressurage des raisins à crémant. Le personnel déjà ramené de 40 à 24 salariés pourrait encore baisser. Le boulet de quelque 7 M€ de dettes qui a mis la cave aux abois depuis de longs mois doit s’alléger au fil des ans. « Le plan de désendettement court sur dix ans comme le remboursement des comptes courants associés » signale Thierry Schoepfer.

Arthur Metz paiera les arriérés de récolte

La cave conservera en propre ses ventes dans les réseaux spécialisés (CHR, cavistes, caveau etc…) en France. Mais la majorité des volumes (soit quelque 45 000 hl/an pour 330 ha) passera par Arthur Metz. La rémunération future des 129 adhérents de la cave sera calculée selon une formule de prix inscrite dans l’accord et prenant en compte des indicateurs comme les prix constatés par l’interprofession et les cours du vrac. Dans l’immédiat, Arthur Metz s’engage à leur régler les arriérés d’environ 35 % de la récolte 2020 que la cave avait retenus pour redonner de l’oxygène à sa trésorerie. Il reprendra également progressivement les stocks de la coopérative. Le point d’appui qu’Arthur Metz, 268 producteurs pour jusque-là 900 ha de vignes sous contrat, dispose à présent à Pfaffenheim le conduit aussi à proposer à de nouveaux apporteurs certifiés HVE3 exploitant 0,5 ha au minimum, de rejoindre l’entreprise. Le négoce est en effet à la recherche de 150 à 200 ha supplémentaires pour couvrir la majorité de ses ventes en vins d’Alsace qui sont passées ces trois dernières années de 77 000 à 92 000 hl.

 

Thierry Schoepfer et Serge Fleischer. « C’est un accord sur dix ans bien réfléchi et évolutif ». (Photo C. Reibel)

 

 

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