Accueil / Viticulture / L'acide gibbérellique réduit le risque de botrytis dans les vignes

Des utilisateurs convaincus
L'acide gibbérellique réduit le risque de botrytis dans les vignes

Pour un coût modique, l'acide gibbérellique réduit le risque de botrytis en aérant les grappes. Des utilisateurs sont convaincus.
Par Ingrid Proust Le 27 avril 2022
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
 L'acide gibbérellique réduit le risque de botrytis dans les vignes
Vincent Peltier viticulteur à Reugny (Indre-et-Loire) applique tous les ans de l'acide gibbérellique sur ses chenins les plus à risque de pourriture grise pour économiser un antibotrytis. - crédit photo : DR
E

ntre Roger Belland et le Berelex, c’est une longue histoire. « J’ai commencé à l’utiliser en 2006, afin d’obtenir des grappes plus lâches pour lutter contre la pourriture sur chardonnay et pinot noir, indique ce vigneron de Santenay (Côte-d’Or). Grâce à ce produit et à l’effeuillage, je me passe d’antibotrytis lors des années sans pression. Il a aussi un intérêt qualitatif sur le pinot en permettant une meilleure exposition de ses baies au soleil, et donc plus de couleur. »

"J'économise un antibotrytis"

À Reugny (Indre-et-Loire), Vincent Peltier est un autre utilisateur de longue date de Berelex : « Je l’applique chaque année depuis plus de dix ans sur mes chenins les plus à risque de pourriture grise, en complément d’un effeuillage. Il me permet, en général, d’économiser un antibotrytis. »

Viticulteur sur l’île d’Oléron, Pierre-Adrien Pelletier fait lui aussi l’éloge de ce produit : « très efficace pour un coût minime ». Berelex ne coûte « qu’un peu plus de 10 €/ha », indique Philagro, qui le commercialise. Florgib Tablet, le produit concurrent commercialisé par De Sangosse, lui aussi à base d’acide gibbérellique, est environ à 9 €/ha, selon cette entreprise.

Mais l’acide gibbérellique reste-t-il intéressant les années de forte pression du botrytis ? Oui, répond Camille Huet, responsable marketing cultures pérennes chez Philagro. « Avec Berelex, on peut réduire la dose d’antibotrytis de 25 % pour une efficacité équivalente à un programme en une ou deux applications à pleine dose. »

Roger Belland en est convaincu. Habituellement il n’emploie pas d’antibotrytis. Mais en 2021, il a fait une exception. « Les conditions étaient favorables à la pourriture, explique-t-il. Quatre semaines avant les vendanges, j’ai fait un traitement à un tiers de dose ciblé sur la zone des grappes. »

Vincent Peltier lui aussi a passé un antibotrytis l’an dernier. « Ma future récolte était déjà rognée par le gel et la pression était importante, relate-t-il. Ne voulant pas prendre de risque, j’ai appliqué du Switch (cyprodinil et fludioxonil) à la fermeture de la grappe. »

Pierre-Adrien Pelletier, lui, n’a jamais délaissé les antibotrytis. « J’ai des productions à fort rendement en IGP ou VSIG. Je fais un traitement à la chute des capuchons floraux, j’effeuille et je passe un second traitement à la véraison. Je ne réduis pas la dose, le risque serait trop grand. Mais Berelex permet une meilleure efficacité des produits, comme un effeuillage. »

Attention : il faut intervenir au bon moment

À condition de l’appliquer au bon moment : « L’acide gibbérellique suppose un positionnement très précis », souligne Johanna Sigel, chef marché vigne chez De Sangosse qui recommande d’appliquer Florgib au plus tard une semaine avant la floraison. Camille Huet, chez Philagro, prône d’intervenir « au moins trois semaines avant la floraison, lorsque les grappes mesurent entre 2 et 4,5 cm ».

Pierre-Adrien Pelletier ne le cache pas : « Ce produit est très difficile à positionner, surtout les années où le début de cycle est très rapide. Je fractionne la dose en deux en encadrant le stade boutons floraux séparés. » Roger Belland donne le même conseil : « En deux fois, l’efficacité est meilleure. Je commence à l’appliquer avant les boutons floraux séparés, avec mon premier traitement antimildiou. »

Vincent Peltier prévient : « Si les grappes dépassent 4,5 cm, le produit n’a plus d’effet. Je recommande aussi de pulvériser Berelex le matin, quand l’hygrométrie est élevée, et en période de pousse rapide. »

Peu après son lancement en vigne il y a plus de dix ans, l’acide gibbérellique avait provoqué de la coulure chez des viticulteurs. Des essais de l’Agroscope de Changins, en Suisse, sur pinot noir ont montré un risque de coulure lorsqu’on applique des doses élevées. Pour Camille Huet, il n’en est rien, « mais en cas de positionnement tardif, on peut avoir des problèmes de sorties de grappes l’année suivante », relève-t-elle.

Aucun des vignerons que nous avons contactés n’a constaté d’effet indésirable au fil des années. « Si je passe trop tard, au pire ce produit est inefficace », indique Pierre-Adrien Pelletier, corroborant le constat de Vincent Peltier.

Déconseillé sur certains cépages

« L’acide gibbérellique est une hormone à laquelle tous les cépages ne réagissent pas de la même manière. Il ne pose pas de problème sur syrah, merlot, pinot, chardonnay, chenin, gamay et grenache. Sur le riesling et le sauvignon blanc, en revanche, il peut entraîner des risques sur la sortie des grappes l’année suivante. Nous ne le recommandons donc pas sur ces cépages », explique Camille Huet, chez Philagro. Pierre-Adrien Pelle a utilisé Berelex sur du sauvignon, sans problème particulier, « mais parmi mes cépages, il est le moins réceptif à ce produit », note-t-il.

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
vitijob.com, emploi vigne et vin
Charente - Alternance/Apprentissage
Seine-Saint-Denis - CDI
Ardèche / Drôme / Isère ... - CDI
© Vitisphere 2022 - Tout droit réservé