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Les vins sans alcool, un marché en devenir

Lentement mais surement : les vins sans alcool grapillent des parts de marché. Exemples avec le site dédié "Gueule de Joie" et le domaine de l'Arjolle qui se sont diversifiés sur ce segment.
Par Colette Goinère Le 24 novembre 2021
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Les vins sans alcool, un marché en devenir
Jean-Philippe Braud, présentant sa gamme 'gueule de joie'. - crédit photo : DR
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n janvier prochain au cœur du Marché d'Intérêt National (MIN) de Nantes va ouvrir une cave à vins sans alcools, sur 60 mètres carrés. Un projet porté par Jean-Philippe Braud, à la tête de Gueule de Joie, un site de e-commerce de vente de vins sans alcool, lancé en 2019. « Apres avoir démarré avec internet, nous voulons accélérer le développement en créant des boutiques, car pour faire sauter les a priori des boissons aux profils de vins (bases de raisin avec un ou plusieurs cépages sans fermentation) ou des vins désalcoolisés, il faut faire gouter ces produits aux consommateurs » indique-t-il.  

Tout démarre en juillet 2019, cet ex-consultant en média décide de proposer une alternative crédible à l’alcool, autres que sodas ou jus classiques. Il créée sa SAS, part à la rencontre de producteurs qui se sont diversifiés en proposant des vins sans alcool et lance son site d’e-commerce. La première année, le chiffre d’affaires ne dépasse pas un 100 000 €. Pour l’exercice 2020/21, le chiffre d’affaires a grimpé à 350 000 €. Un prévisionnel de 600 000 € est visé. Le site réunit 5 000 clients et 150 000 cols vendus, avec un panier moyen à 70 €.

Marché d'offre

30 000 cols sont stockés dans l’entrepôt de la jeune entreprise installé au MIN de Nantes. Les trois salariés préparent les commandes qui sont récupérées par le client en point relais ou acheminées à domicile. Gueule de Joie prend à sa charge 30 % du transport. Profils des clients ? « Des consommateurs qui souhaitent modérer leur consommation de vin pour des questions de bien être, de responsabilité. Nous sommes sur un marché d’offre, avec beaucoup de perspective, même si cela reste une niche. La progression est lente mais régulière » confie-t-il. Le site qui propose une cinquantaine de références travaille avec six producteurs français, issu du Languedoc, et d’Alsace. Dernier arrivé en date, un producteur allemand qui décline en rosé, banc, rouge et pétillant sa marque Kolonne Null.

Pour mener à bien son développement sur le territoire, Jean-Philippe Braud devrait ouvrir le capital à des partenaires. En attendant dès janvier, une offre va être faite au secteur du CHR. Sur le site, un espace va être dédié aux restaurants et bars qui pourront passer leur commande.

Diversification

Dans l’Hérault, à Pouzolles, le domaine de l’Arjolle est l’un des six producteurs référencés par Gueule de Joie. Ce domaine de 107 ha de vignes, IGP Côtes de Thongue, qui distribue 750 000 cols à 65 % à l’export, 30 % aux cavistes et 5 % aux particuliers, s’est lancé en septembre 2020 dans le vin sans alcool. Les raisons ? « Il s’agit d’une diversification qui nous permet de toucher de nouveaux consommateurs qui ne veulent pas boire de vin ou qui ne peuvent plus boire d’alcool » explique Geoffroy de la Besnardiere, un des sept associés du domaine, responsable de la commercialisation des vins du domaine. Apres avoir comparé les différentes méthodes d’élaboration de vins de qualité désalcoolisés, le domaine a opté pour « la distillation sous vide », qu’elle a sous-traitée à une société belge, spécialisée dans cette technique.

« Ces vins que nous élaborons en cuves sont envoyés pour être distillés sous vide chez ce sous-traitant. Nous voulons fournir des vins de qualité et éviter d’être dans du jus de fruit. C’est l’écueil dans lequel il ne faut pas tomber » précise-t-il. Une gamme dédiée a été créé, baptisée « Equilibre Zéro » déclinée en blanc, rosé, rouge et mousseux. Sur les bouteilles bordelaises à capsules à vis, figure le nom des cépages. 60 000 cols ont ainsi été écoulées à 80 % à l’export (Pays Bas, Suisse, Irlande) et 20 % chez les cavistes en France. En 2022, une progression de 10 % est attendue. « Nous sommes sur un marché complémentaire qui n’est pas encore régulier mais prometteur et qui n’est plus anecdotique » indique Geoffroy de la Besnardiere. L’offre devrait s’étoffer dans les prochains mois avec des vins élevés en barriques.

 

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