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Les vins d’Entre-deux-Mers veulent passer au rouge
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Bordeaux
Les vins d’Entre-deux-Mers veulent passer au rouge

L’appellation bordelaise souhaite ouvrir son cahier des charges à une nouvelle couleur et à une obligation de certification environnementale. L’INAO vient de valider la création d’une commission d’enquête.
Par Alexandre Abellan Le 14 septembre 2021
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Les vins d’Entre-deux-Mers veulent passer au rouge
L’ouverture à une nouvelle couleur se cantonne au rouge, la production de rosé en appellation Entre-deux-Mers n’étant pas à l’ordre du jour. - crédit photo : Château Vermont
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es cartes des vins de Bordeaux vont devoir revoir leurs couleurs : du rouge va arriver dans l’Entre-Deux-Mers, jusque-là exclusivement productrice de vins blancs. « Il y avait un trou dans la raquette » et il faut réparer « un oubli de 1937 (à la création de l’AOC) » résume David Labat, le nouveau président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG). Élu ce 19 juillet à la suite de Bruno Baylet (dont il était le vice-président depuis 2019), David Labat connaît bien la demande d’ouverture au rouge du cahier des charges de l’appellation, qu’il souhaite voir aboutir pour le millésime 2023.

Porté devant l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO), le sujet avance depuis l’assemblée générale extraordinaire du 9 avril dernier (qui a validé la proposition à 93 %), avec la validation ce premier septembre par le comité régional de l’INAO (4 abstentions sur 32 votants) et la décision ce 9 septembre de la création d’une commission d’enquête par le comité national des vins AOC (qui a aussi validé l’obligation de certifications environnementales, voir encadré).

Valorisation du produit

Ces validations successives témoignent pour David Labat de l’intérêt de Bordeaux pour une nouvelle appellation œuvrant à la valorisation de l’offre. « On souhaite segmenter les vins de Bordeaux, avec des critères plus stricts et élevés que Bordeaux et Bordeaux Supérieur pour donner du sens à cette hiérarchisation » indique le président de l’ODG, ajoutant que son « seul objectif est la valorisation du produit, avec un prix de vente à 9-12 € la bouteille. L’objectif est que les producteurs puissent vivre de leur travail quotidien. Pour une frange, ce n’est plus le cas depuis des années. »

Pour soutenir cette montée en gamme, l’ODG veut imposer dans son cahier des charges des contraintes viticoles (comme une densité minimale de 4 500 pieds/hectare), des interdits de vinification (pas de copeaux, ni de thermovinification) et un encadrement de la commercialisation (avec une mise à disposition à partir de janvier de l’année n+2 par rapport aux vendanges). Pour cette dernière mesure, « on va obliger les producteurs à mettre en marché des vins affinés et aboutis pour être prêts à boire dès la mise en vente » explique David Labat, souhaitant proposer des vins rouges accessibles tout en ayant une capacité de vieillissement.

AOC complémentaire

Avec un potentiel actuellement éligible à 5 800 hectares, la future AOC Entre-deux-Mers rouge devrait être réservée aux vins les plus valorisés souligne David Labat, qui ne veut pas d’opposition entre appellations : « on restera des producteurs multi-AOC : Bordeaux, Bordeaux Supérieur... » Pour le président de l’AOC, cette diversification est une nécessité commerciale pour toucher les clients des metteurs en marché direct (35 % des volumes produits étant vendus en vrac). « Nous avons besoin de reconnaissance historique. Aujourd’hui, la région d’Entre-Deux-Mers produit 85 % de rouges. L’idée est de matérialiser auprès des consommateurs la réalité de notre région » indique le vigneron à la tête du château Vermont (40 hectares de vignes à Targon).

L’AOC réunit actuellement 1 600 ha de vignes (soit 30 % des vignes blanches de son aire délimitée), avec 272 producteurs (60 % caves particulières, 40 % caves coopératives). La production moyenne est de 85 à 90 000 hectolitres de vins blancs secs. L’ODG table sur une baisse de 30 à 40 % de la production 2021 avec les effets du gel, du mildiou et des cicadelles.

 

 

 

Obligation de certification environnementale

Autre changement conséquent, le futur cahier des charges va également inclure l’obligation de certification environnementale, de niveau 2 à minima (AgriConfiance, HVE, Terra Vitis…) ou en vicitulture bio (AB). Validée par le dernier comité national de l’INAO, cette nouveauté marque l’évolution de la doctrine de l’INAO en termes de mesures agroenvironnementales. « On ne peut pas mettre en place d’objectif avec un délai transitoire, ça doit être obligatoire dès la mise en place du cahier des charges » explique David Labat.

« La certification environnementale peut être inscrite dans un cahier des charges à condition que les vignerons soient à majorité déjà certifiés. Notre objectif d’ODG n’est pas d’exclure gens, c’est de les fédérer » ajoute le vigneron, qui précise que 94 % de l’AOC est sous certification environnementale de niveau 2 a minima ou AB.

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