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Revivez la finale du meilleur sommelier du monde 2019

Vendredi 15 mars 2019 par Alexandre Abellan

Décerné tous les trois ans, le titre de meilleur sommelier du monde est le plus prestigieux de la profession. 66 candidats étaient en lice ce 11 mars, ils n'étaient plus que 3 ce 15 mars.
Décerné tous les trois ans, le titre de meilleur sommelier du monde est le plus prestigieux de la profession. 66 candidats étaient en lice ce 11 mars, ils n'étaient plus que 3 ce 15 mars. - crédit photo : ASI
Ce 15 mars, trois sommeliers ont démontré l’étendue de leurs talents pour remporter le titre international le plus prestigieux de leur métier. Retrouvez le compte-rendu de la compétition, jusqu’à l’annonce du vainqueur.

17h35 : Et le vainqueur est…

Gagnant aux points, Marc Almert remporte le titre de meilleur sommelier du monde 2019. Nina Hjgaard Jensen arrive deuxième et Raimond Tomsons troisième.

Pour en savoir plus sur le vainqueur, cliquer ici.
 

 

16h56 : La dernière épreuve, servir un magnum d'effervescent sans pouvoir revenir en arrière.

Tous trois sur scène, Marc Almert, Raimond Tomsons et Nina Hjgaard Jensen doivent chacun remplir 16 verres avec un magnum de vin effervescent italien (Villafranca rosé, Franciacorta). « Chaque verre doit recevoir la même quantité, vous ne pouvez pas revenir en arrière une fois qu’un verre est rempli et vous devez vider la bouteille. Vous avez cinq minutes » précise Jon Arvid Rosengren.


Une fois sa bouteille débouchée, Raimond Tomsons est lancé.

 

Marc Almert remplit d'une traite ses verres de rosé pétillant.

 

Nina Hjgaard Jensen a sa propre technique : répartir en arc de cercle ses verres.

 

Mesurés par le jury, les résultats sont variables.

 

14h29 : Premières épreuves : le service, la dégustation à l'aveugle, la décantation, les accords mets et vins...

Dans le rôle d’un client avec trois amis, le sommelier suisse Paolo Basso demande d’abord deux verres de Sauternes et une bière belge typique. Problème : il n’y a pas de vins doux bordelais derrière le bar. Première candidate Nina Hjgaard Jensen propose en alternative de remplacer le vin doux par un vin sec girondin. Les clients préfèrent un autre liquoreux, le vin sud africain Klein Constatia. Pour garder le vin frais, une cliente demande des glaçons. Pour finir, Nina Hjgaard Jensen recommande des snacks. Passant en deuxième, Raimond Tomsons nettoie consciencieusement les verres et prend soin de faire goûter le vin auparavant de le servir. Rattrapé par le temps, il n’a pas le temps de servir la bière et semble visiblement déçu d'avoir perdu son contrôle du temps et de l'épreuve. Ayant attendu deux heures « dans le sous-sol », Marc Almert goûte le vin de Constance avant de le servir, tout en omettant pas de proposer au jury de le goûter. Avec un sang froid hors pair, le sommelier assure le service de la bière et du liquoreux en expliquant leurs particularités, mais n’a pas le temps de servir le vin dans le verre rempli de glaçons.

Marc Almert pour l'exercice de l'appéritif.

 

Le deuxième exercice est une description organoleptique complète d’un vin rouge inconnu, en trois minutes, demandée par la critique anglaise Jancis Robinson. Raimond Tomsons avance qu’il s’agit d’un vin autrichien, un Blaufränkisch du Mittelburgenland, millésime 2012, dont il estime le prix de vente à 30 euros. Pour Marc Almert, il s'agit d'un Saint-Émilion, « du niveau de qualité d’un grand cru classé, comme Canon La Gaffelière ».

Raimond Tomsons décrivant un vin rouge à l'aveugle.

 

Le troisième test est la décantation et le service d’une bouteille de Vega Sicilia Único Reserva Especial en six minutes. Dans le feu de l’action, Nina Hjgaard Jensen fait tomber un verre et recommence son épreuve, qui se poursuit sans incident. Les candidats doivent répondre à trois questions sur cette cuvée : quelle est sa particularité (un assemblage de trois millésimes de la propriété de la Ribiera del Duero), quels sont les millésimes de l'édition 2016 (1996, 1998 et 2002) et quand cette cuvée a été lancée (1965). « Honnêtement, je n’ai jamais goûté ce vin. Merci messieurs pour avoir commandé cette adorable bouteille » laisse échapper Marc Almert, sous les rires de l'audience.

Nina Hjgaard Jensen se préparant à décanter une bouteille de Vega Sicilia à la bougie.

 

Le quatrième exercice est une dégustation à l’aveugle de quatre vins, qui doivent être reconnus et assortis de conseils d’accords mets et vins en quatre minutes chrono. Nina Hjgaard Jensen reconnaît un vin blanc du Rhône, un chardonnay sud-africain, un Xérès et un Madère. Raimond Tomsons propose un grenache/viognier du Rhône, un sangiovese de Toscane et un tokay. Pour Marc Almert il s’agit d’un riesling autrichien, d’un Rioja reserva, de Xérès et d’un Madère. Emblématique, cet exercice est particulièrement ardu avec le développement mondial de la viticulture (voir encadré).

Marc Almert en pleine dégustation à l'aveugle.

 

La cinquième épreuve consiste à proposer des accords mets et vins pour un menu gastronomique, en changeant à chaque fois de pays d’origine. Le tout en trois minutes. Nina Hjgaard Jensen comme Raimond Tomsons n’ont pas eu le temps de finir l’épreuve.

Le sixième test est plus ludique, avec le nom de 24 cuvées inscrites sur des magnets, qui doivent être posés sur des tableaux en fonction de leur cépage principal. « Ça, c’est amusant » s’exclame Nina Hjgaard Jensen. Dans le match, les deux autres finalistes affichent davantage la concentration que le divertissement dans leurs regards.

Nina Hjgaard Jensen répartissant les noms de cuvées sur les tableaux des cépages.

 

La dernière épreuve est une dégustation à l’aveugle de dix spiritueux blancs, dont le nom et le pays doivent être devinés en 3 minutes. Sont cités par les concurrents aquavit, eau-de-vie de cerise, génépi, gin, grappa, mezcal, pastis, pisco, saké, tequila, vodka...

Raimond Tomsons passant d'une eau-de-vie à l'autre.

 

« C’était amusant » confie Nina Hjgaard Jensen à la fin de sa session, qui relativise son incident avec le verre pendant la décantation en se souvenant d’avoir servir un vin bouchonné à la crème de la filière danoise du vin. Ne sachant pas s’il est satisfait de sa prestation, Raimond Tomsons souligne à son terme sa joie « d’avoir la possibilité d’être sur scène parmi les trois finalistes et de représenter la Lettonie dans cette compétition mondiale ». Se disant peu satisfait de sa prestation sur les spiritueux, Marc Almert marque le contre coup de quarante minutes d'intenses épreuves.

À 16h40, Marc Almert est le dernier finaliste à quitter la scène après la série de sept épreuves.

 

14h13 : Et les trois finalistes sont…

L’allemand Marc Almert : sommelier au Baur au Lac à Zürich, il a remporté le titre de meilleur sommelier allemand en 2017.

Le letton Raimond Tomsons : à la tête du restaurant Vincents à Riga. Meilleur sommelier 2017 d’Europe et d’Afrique, il était arrivé septième au concours du meilleur sommelier du monde 2016.

La danoise Nina Hjgaard Jensen : en poste à Kong Hans Kælder, à Copenhague. En 2018, elle a remporté la compétition de la sommellerie danoise, en 2016 elle remportait le championnat de la sommellerie nordique.

De gauche à droite les trois finalistes : Raimond Tomsons (qui passera en deuxième), Nina Hjgaard Jensen (qui passera en première) et Marc Almert (qui passera en troisième).

 

Ce trio est revers pour la sommellerie française, le candidat national David Biraud étant éliminé avant la fin de la compétition. Tout comme ses compatriotes Loïc Avril (Australie), Julie Dupouy (Irlande) et Antoine Lehebel (Belgique). « Ne soyez pas déçus, vous avez être bons, vous êtes de top sommeliers » congratule Andres Rosberg, le président de l’ASI, distribuant des diplômes aux 16 semi-finalistes n’ayant pas été retenus.
 

Sourire crispé pour David Biraud, qui en était à sa quatrième tentative.

 

Coup dur pour Julie Dupouy, qui était arrivée deuxième lors de la finale 2016 du concours du meilleur sommelier du monde.

 

13h55 : Hommage à Gérard Basset

La compétition s’est ouverte sur la réunion sur scène de précédents vainqueurs du meilleur sommelier du monde, avec un absent : Gérard Basset, disparu ce 16 janvier dernier. Ayant concouru pour le Royaume-Uni, il était le dernier vainqueur français du concours du meilleur sommelier du monde (en avril 2010). Combattant depuis 2017 un cancer de l’œsophage, cette figure appréciée de la sommellerie internationale a réalisé une carrière brillante. Basé au Royaume-Uni depuis les années 1980, il cumulait les titres de Master Sommelier et Master of Wine.

En sa mémoire, l’ASI annonce la création d’un prix annuel : le « Lifetime Achievement Award Gérard Basset », récompensant un sommelier pour son impact sur le métier. Cette récompense sera attribuée pour la première fois en octobre prochain en France, lors de la réunion annuelle de l’ASI. « La compétition du meilleur sommelier du monde était son moment préféré du calendrier de la sommellerie. Il serait tellement déçu de ne pas pouvoir être là » témoigne sur scène Nina Basset, sa veuve, accompagné de son fils, Romané.

 

13h30 : Dernière ligne droite

À suivre en direct ci-dessus, la diffusion de la compétition commence sur la chaîne YouTube de l’Association de la Sommellerie Internationale (ASI). Se déroulant au Queen Elisabeth Hall d’Anvers, la compétition internationale doit durer jusqu’à 18 heures, l’annonce du vainqueur étant attendue dans la foulée. Trois finalistes se préparent à se départager, dont les noms vont être dévoilés dans quelques instants.

Ce 11 mars, ils étaient 66 candidats du monde entier à se départager à Anvers. Après les demi-finales, ils étaient encore 19 en compétition ce 13 mars. Dont quatre de nationalité française. Si le sommelier du Mandarin Oriental, David Biraud, est pour la quatrième fois consécutive le candidat de la France, on note également la présence de Loïc Avril (concourant pour l’Australie), Antoine Lehebel (Belgique) et Julie Dupouy (Irlande).
 

Les dix-neuf demi-finalistes du concours 2019 du meilleur sommelier du monde. Crédit : ASI.

Les clés de la dégustation à l’aveugle par le précédent vainqueur suédois

Le 19 avril 2016 à Mendoza (Argentine), le candidat suédois Jon Arvid Rosengren est devenu le meilleur sommelier du monde. Ayant échoué en demi-finale en 2013, le sommelier a sur rester modeste après sa victoire tant espérée. « Contrairement à ce que l'on en dit, la dégustation à l'aveugle est très peu une question de talent. Mais d’entraînement » confiait-il lors d’une masterclass Vinexpo Challenge, le 21 juin 2017. « Même les meilleurs n'arrivent pas à 100/100, ça n'existe pas ! » rassure Jon Arvid Rosengren. Pour lui le nerf de man guerre est la concentration : « il faut se focaliser sur les arômes et le profil du vin dans le verre, le disséquer pour le relier a ses connaissances théoriques et ses expériences. Puis tout oublier quand on passe au verre suivant" conseille-t-il.Tout en reconnaissant qu'avec l'expansion du monde viticole, plus rien ne peut être considéré comme acquis : « je ne m'avancerai pas à reconnaître un tempranillo australien… »
 

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