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33 €/hl la distillation de crise visant 1,2 million hl de vins français en surstock
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C’est annoncé !
33 €/hl la distillation de crise visant 1,2 million hl de vins français en surstock

Il y aura une campagne de distillation de crise des vins rouges et rosés en France en 2026 annonce la Commission européenne qui débloque 40 millions €, un budget deux fois moindre que celui demandé par les vignerons, après des fonds et des prix plus conséquents lors des récentes campagnes de distillation en 2020 et 2023-2024.
Par Alexandre Abellan Le 25 février 2026
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33 €/hl la distillation de crise visant 1,2 million hl de vins français en surstock
Permettant de vider les caves de lots n’ayant plus de marché et de générer de la trésorerie pour les domaines, la distillation de crise est fréquemment critiquée pour son nivellement par le bas des prix du marché, qui se calent sur le niveau plancher des primes d’envoi à la distillerie. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives)
S

onnez hautbois, résonnez musettes : à l’occasion de sa visite au salon de l’Agriculture ce mercredi 25 février, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, répond positivement à la demande française de financement sur les fonds de réserve de crise pour la distillation des surstocks de vins rouges et rosés. Sur les 450 millions d’euros de ce fonds d’aides aux filières agricoles déstabilisées conjoncturellement, Christophe Hansen annonce à Vitisphere que ce seront 40 millions d’euros qui seront alloués à la filière des vins de France (dès l’adoption de la mesure, prévue en avril prochain).

Cible à 1,2 million hl

« Ce budget va permettre de cibler plus 1,2 millions d’hectolitres de vins rouges et rosés en surplus » indique le commissaire, pointant que « c’est une réponse urgente et indispensable, prise en étroite coordination avec le gouvernement français, pour faire face à l’effondrement des prix et la saturation des stocks en France ». Se projetant sur « une petite bouffée d’oxygène pour des viticulteurs asphyxiés par la crise », Christophe Hansen estime qu’« en retirant les volumes les moins compétitifs, cette action rétablira un équilibre temporaire avant les vendanges 2026 et complétera les efforts nationaux d’adaptation structurelle, comme l’arrachage, et la transition vers des cépages plus adaptés. »

Ces 40 millions € correspondent à la demande portée par le ministère français de l’Agriculture indique-t-on à Bruxelles, l’objectif étant donc de retirer 1,2 million d’hectolitres de vin pour une compensation de 33 €/hl sans distinction de catégorie à date (AOP, IGP ou vin de France). Ces 40 millions € restent inférieurs aux 80 millions € demandés par la filière hexagonale pour apurer les surplus de vins sans marché et sans valorisation, pesant sur l’ensemble des cours malgré les petites récoltes successives (le millésime 2025 réussissant à faire plus bas que le très faible 2024).

Réponse imminente

Formulée fin novembre après l’évolution stratégique des demandes françaises (la Commission européenne ne voulant pas d’arrachage sur les réserves de crise*), la demande française de financement européen de sa distillation était au centre d’intenses échanges entre la ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, et le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, comme la première l’avait annoncé, ce 9 janvier en attendant « la réponse imminente » du second, ou ce 11 février en faisant part de « signaux encourageants » alors que le président de la République, Emmanuel Macron, voulait une annonce pour le salon de l'Agriculture.

Précédentes campagnes

Il reste désormais à mettre en œuvre cette nouvelle distillation de crise qui s’annonce avec un budget et des prix réduits par rapport au passé récent. Les précédentes campagnes affichaient des primes de 58 €/hl pour les vins de France et 78 €/hl pour les vins AOP et IGP en 2020 lors de la crise covid (250 millions € pour 2,6 millions hl sur les 3,3 millions hl candidats) et 45 €/hl pour les VSIG, 65 €/hl pour les IGP et 75 €/hl pour les AOP de surstocks liés à la guerre en Ukraine lors des trois vagues de 2023 à 2024 (200 millions € pour 3 457 vignerons, caves coopératives et négociants bénéficiaires ayant envoyé 4,4 millions d’hectolitres de vins rouges et rosés à la distillerie).

Autres demandes

Lors de sa visite du salon de l’Agriculture, Christian Hansen sera aussi interpelé par la filière viticole sur l’avenir des financements européens de l’Organisation Commune du Marché vitivinicole (OCM vin) alors que la prochaine Politique Agricole Commune (PAC) la rendrait optionnelle et dépendante de co-financements par les États membres. Les opérateurs charentais ne manqueront pas de demander au commissaire européen le fléchage de 40 millions € pour arracher 4 000 hectares de vignes d’AOC Cognac (à 10 000 €/ha) en compensation européenne des taxes antidumpings chinoises (dans le cadre du conflit sur les véhicules électriques).

 

* : Ayant répété sa fermeture à tout financement communautaire d’un arrachage définitif structurel (la France l’ayant demandé en vain la rentrée 2025), Christophe Hansen avait indiqué son ouverture à de la distillation conjoncturelle : ce qui a imposé à la France de changer son fusil d’épaule dans sa demande d’aides, optant pour un arrachage définitif à 4 000 €/ha sur 130 millions € de fonds nationaux (l’appel à manifestation d’intérêt pour les candidats est en cours jusqu’au 6 mars) et une distillation sur réserve de crise européenne (comme le Portugal, qui avait bénéficié de 15 millions € en 2024). Un changement de stratégie ayant porté ses fruits.

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NSTI34 Le 25 février 2026 à 07:39:42
33 ?/hl pour 1,2 million d'hl : la distillation de crise est relancée. C'est une bouffée d'oxygène à court terme, personne ne le conteste. Mais on voit bien que le mécanisme devient récurrent : même problème, même réponse. On va sans doute alléger temporairement les stocks, remettre un peu de trésorerie dans les exploitations et stabiliser légèrement les cours? sans garantie que l'effet dure. Cela permettra aussi de maintenir à flot certaines structures déjà très fragilisées? pour un an de plus. La vraie question reste entière : que fera-t-on l'an prochain ?Si les causes structurelles ne sont pas traitées en profondeur, la distillation risque de devenir un outil de gestion annuelle du marché plutôt qu'une mesure exceptionnelle de crise.
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