emps d’échange politique majeur pour la filière vin, le salon de l’Agriculture permet de porter les multiples dossiers chauds du moment auprès de l’exécutif, des parlementaires et des administrations, comme le déploiement du plan de sortie de crise français (où ne manque plus que le financement européen de la distillation de crise), les tensions géopolitiques obscurcissant l’accès au marché américain en particulier (et les demandes de fonds européen de compensation en général), les craintes hygiénistes contre la consommation de vin (au niveau de l’Organisation Mondiale de la Santé, OMS), la préservation des moyens de production sans surtransposition sur les phytos (avec le dossier emblématique du cuivre)… « Il y a plein de sujets, y compris celui de la Politique Agricole Commune (PAC) » pose le viticulteur languedocien Jérôme Despey, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer.
Président du salon de l’Agriculture, il a pu porter ses inquiétudes sur l’avenir des financements européens de l’Organisation Commune du Marché vitivinicole (OCM vin) auprès du président de la République, Emmanuel Macron, lors de l’inauguration du salon ce 21 février et auprès de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, déjeunant sur le pavillon vin ce 22 février. Et il compte les répéter à l’occasion de leurs visites auprès du premier ministre, Sébastien Lecornu, et du commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen. Dans la PAC d’après 2027 actuellement proposée par Bruxelles, « il n’est pas possible que l’OCM vin devienne facultative pour les États membres avec des possibilités de cofinancement, ce serait la fin de la politique viticole commune avec des distorsions selon qu’un pays décide de mettre ou pas les moyens dans le cofinancement » alerte Jérôme Despey.
Défendant une négociation européenne des budgets liés à l’OCM vin pour une déclinaison nationale, le président du conseil spécialisé vin ne veut pas d’un secteur viticole devant négocier des fonds face aux autres secteurs agricoles dans une PAC arbitrée par chaque État membre. « L’OCM vin optionnelle serait une situation gravissime. Ce serait un grand risque pour continuer à accompagner les investissements, la restructuration, l’œnotourisme, la conquête de parts de marché… Ce serait un très mauvais signal pour un secteur qui traverse de telles difficultés » prévient Jérôme Despey, qui veut également « préserver le budget » de l’OCM vin en particulier et de la PAC en général : « je veux sanctuariser un budget commun spécifique pour la viticulture. Alors que dans les éléments budgétaires actuellement communiqués, nous voyons une baisse de 13 % des fonds pour la PAC. Il faut un maintien à l’euro près en tenant compte de l’inflation. »
Si le sujet mobilise d’autres vignobles européens (Espagne et Italie notamment) et des instances collectives (CEVI pour les vignerons indépendants, COPA COGECA pour les syndicats transversaux, EFOW pour les vins AOC…), le combat s’annonce rude prévient Jérôme Despey. Relevant que le président de la République a noté les enjeux et que la ministre de l’Agriculture se montre déterminée pour maintenir l’OCM vin obligatoire et son budget spécifique. Les négociations sur le volet budgétaire de la PAC doivent avoir lieu cette fin d’année. « L’objectif est de revoir la copie qui ne nous convient pas. En passant d’un système obligatoire à optionnel, ça remettrait en cause les équilibres actuels. Ce n’est pas de bon augure » conclut Jérôme Despey.




