résentant 300 millions euros « d’annonces en faveur du monde agricole » ce vendredi 9 janvier lors d’une conférence de presse à Paris, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, dévoile des avancées pour les mesures viticoles présentées le 24 novembre à Montpellier, pour le salon Sitevi. Soit son « plan de sortie de crise viticole en quatre axes : un nouveau dispositif d’arrachage pour adapter le potentiel à la réalité du marché ; la prolongation des prêts de consolidation garantis par BPI avec des critères assouplis et des plafonds revalorisés ; 15 millions € d’allégements des charges sociales sur 2025-2026 ; et la sollicitation de la réserve de crise européenne pour financer une opération de distillation de crise des surstocks » résume la ministre, précisant qu’elle attend « la réponse imminente du commissaire [européen à l’Agriculture, Christophe Hansen NDLA] sur ces dernières demandes » de distillation, s’élevant à 80 millions € sur les réserves européennes de crise agricole pour les représentants de la filière vin.
Lancement de l’arrachage définitif
« Les prêts et les allégements de charges pourront être activés dès le vote du budget » (avec des amendements proposés par le gouvernement) et « quant au dispositif d’arrachage, nous lançons le processus mercredi prochain au conseil spécialisé vin de FranceAgriMer à hauteur de 130 millions € » annonce la ministre, soulignant que « les dossiers pourront ensuite être déposés très rapidement par les vignerons ». Doivent pour cela aboutir les discussions sur les critères de priorité pour les candidats à l’arrachage en cas de consommation de la totalité de l’enveloppe dédiée. Avec 130 millions € annoncés et une prime à l’arrachage de 4 000 €/ha, 32 500 ha de vignes pourraient être arrachées avec ce plan, quand le récent sondage de FranceAgriMer faisait état de 35 000 ha pouvant être intéressés par l’arrachage.
En cas d’afflux de demandes, les élus viticoles proposent d’arbitrer avec une priorité pour les vignerons quittant le métier, en arrachant la totalité de leurs parcelles, puis un second critère faisant d’abord passer les vignes plantées depuis plus de 10 ans. Les décisions du mercredi 14 janvier pourraient donner une visibilité répondant, en partie, à l’impatience de la filière qui n’en pouvait plus d’attendre sans perspectives claires, alors que les travaux de taille et les besoins de traitements du millésime 2026 doivent être anticipés. Dans un communiqué, la FNSEA reconnait à l’issue de la conférence ministérielle « les réponses positives aux demandes formulées […] sur l’appui aux secteurs en crise : grande culture et viticulture ».
Mais la mise en œuvre de ce nouveau plan d’arrachage définitif nécessite de remplir deux conditions préalables : d’abord que la réglementation européenne réautorise l’arrachage définitif (ce qui demande la publication du paquet vin, attendue pour mars), ensuite que le projet de loi de finances pour 2026 soit adopté (garantissant le budget de 130 millions €). Sur ce dernier point, il arrive « un moment de clarification politique » avec les votes de deux motions de censure, possiblement ce mercredi 14 janvier à l’Assemblée nationale, estime Amélie de Montchalin, la ministre de l’Action et des Comptes publics, participant à la conférence de presse des annonces agricoles.
Pas de gouvernement, pas de capacité à aider les viticulteurs ?
« Pas tout, mais une grande partie de ce qui vous a été présentée, ce plan de 300 millions, dépend d’une chose : de notre capacité d’avoir un vrai budget, pas une loi spéciale qui est un service minimum, mais bien un budget de service maximum des urgences » indique la ministre, Amélie de Montchalin pointant que « sur la viticulture nous avons chaque semaine des questions aux gouvernements, des députés de tous les rangs, de tous les bords, de tous les partis, qui nous demandent quand est-ce que les 130 millions € d’engagement pris par la ministre pourront être activés. Les député qui représentent des régions agricoles et surtout viticoles auront mercredi une grande question devant eux. S’ils censurent le gouvernement, ils enverront un message très clair aux viticulteurs de leurs circonscriptions en leur disant qu’au fond ils sont en train de bloquer, de retarder, voire d’annihiler notre capacité au gouvernement de travailler ensemble pour que ces 130 millions € facilitent l’urgence du plan d’arrachage. »
Qui a dit que la crise viticole n’était pas suffisamment considérée par l’exécutif ? Elle semble désormais devenir un argument politique de premier plan. On peut espérer que ce sentiment d’urgence et de priorité reste vif pour l’avenir.



