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"Les vignerons ont besoin de soutien maintenant, pas quand ils mettront la clé sous la porte !"
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"Les vignerons ont besoin de soutien maintenant, pas quand ils mettront la clé sous la porte !"

Arrachage sans budget national, distillation sans financement européen, consolidations bancaires sans concrétisation gouvernementale… Les sujets viticoles en souffrance riment avec impatience pour Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France : "le plan de sortie de crise viticole a été présenté et tarde à se mettre en œuvre".
Par Alexandre Abellan Le 06 janvier 2026
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'La trêve des confiseurs est passée, les semaines qui viennent vont être très dures, pour ne pas dire violentes, si les choses n’avancent pas pour l’arrachage, la distillation sur fonds de crise européen et le dispositif de consolidation bancaires' prévient Jean-Marie Fabre. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives)
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n suicide glace la filière vin ce début d’annéetémoignant de la fragilité d’une filière éprouvée par les difficultés économiques et psychologiques.

Jean-Marie Fabre : Depuis des années des actes malheureux nous endeuillent. Retarder les aides ce n’est pas mieux sauter, c’est amplifier et accentuer les difficultés au vignoble. C’est la réalité du terrain, alors que ça patine sévèrement depuis les annonces du plan de sortie de crise lors du salon Sitevi il y a un mois et demi. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a dit lors d’un récent interview que "le monde agricole ne se paie pas de mots", il faut que les actions arrivent vite. Dans le contexte de la dermatose bovine et du Mercosur, nous sommes au bord d’une énième éruption de colère agricole. Ce sont des sujets majeurs, mais le sujet viticole ne peut pas être mis à la marge aujourd’hui. Le plan de sortie de crise viticole a été présenté et tarde à se mettre en œuvre. Il faut un déploiement rapide, efficace et actif de ce volet défensif nécessaire pour arrêter les pertes de revenus et l’aggravation des situations. Il faut aussi un deuxième volet offensif, avec la conquête commerciale de nouveaux marchés à l’export et la protection physique des vignobles contre les principaux aléas climatiques.

La trêve des confiseurs est passée, les semaines qui viennent vont être très dures, pour ne pas dire violentes, si les choses n’avancent pas pour l’arrachage, la distillation sur fonds de crise européen et le dispositif de consolidation bancaires. Ces dispositifs sont actés, il aurait fallu d’ores et déjà déployer dégager un fonds d’urgence en 2025 sans attendre le budget 2026. Le premier ministre peut débloquer des moyens quand les circonstances le nécessitent. Attendre, ce n’est pas reculer pour mieux sauter, mais pour encore plus s’enfoncer.

 

Annie Genevard explique que l’absence de vote du projet de loi de finances en décembre 2025 par les parlementaires met en suspens les 130 millions € annoncés par le gouvernement pour financer l’arrachage définitif dont la concrétisation est retardée.

Il y a aussi l’attente de parution du règlement européen permettant d’utiliser l’outil, dans le paquet vin. La publication est attendue pour le début mars. Pourquoi ne sommes-nous pas dans une phase de déploiement anticipé du dispositif, pour pouvoir appuyer sur le bouton lançant la mesure dès qu’elle sera autorisée début mars avec un appel à projet s’ouvrant et se fermant rapidement pour dire ceux qui pourront arracher dans l’enveloppe ? Il faut aller vite, dans le vignobles des hommes et des femmes ne savent pas s’ils vont pouvoir bénéficier de la mesure et donc s’ils doivent tailler et traiter. Ils sont dans l’expectative. On ne peut pas leur dire en mai si leurs demandes sont acceptées ou non.

 

Le ministère et la filière parlent d’un travail en avance de phase pour anticiper la validation de l’arrachage, avec l’idée d’une priorité pour les exploitants quittant le métier en arrachant toutes leurs vignes, puis d’un critère prioritaire pour les vignes de plus de 10 ans.

On le dit oralement, mais pour l’instant rien n’est structuré. Il faut accélérer les choses. En commençant par exiger de la Commission européenne la publication rapide du paquet vin, sans plus lanterner.

 

Le vignoble s’impatiente aussi de l’absence de réponse de Bruxelles à la demande de fonds européens pour financer la distillation de crise : la filière demande 80 millions €, le ministère parle de 40 millions €.

Ce suspens devient insupportable, cela fait 2 mois que l’on attend une réponse de la Commission à la demande française. Après avoir été chagriné par les demandes d’arrachage, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, semblait prêt à se mobiliser sur la distillation. Mais Hansen, mon frère Hansen on ne voit rien venir... C’est insupportable, ça ne peut plus durer. Et nous avons aussi besoin de fonds de crise pour conquérir les marchés fragilisés par les décisions politiques européennes, je pense à la Chine et aux États-Unis. Pour l’arrachage, le distillation et la consolidation bancaire, les vignerons ont besoin de soutien maintenant, pas dans deux mois, sinon ils mettront la clé sous la porte !

 

Vous êtes très mobilisé sur le sujet de la restructuration des encours bancaires après le rendez-vous manqué de l’an dernier.

Je demande au premier ministre, Sébastien Lecornu, de passer des paroles aux actes. Avec le ministère de l’Agriculture et les trois principaux réseaux bancaires, la filière a proposé et validé à unanimité de nouveaux critères sur l’année de référence, le plafond du montant d’encours pouvant être accordé et l’ouverture de l’outil aux caves coopératives. Nous attendons depuis plus d’un mois l’arbitrage entre Bercy et Matignon pour l’engagement de l’État via la Banque Publique d’Investissement (BPI). Nous n’avons pas de retours, alors que nos entreprises ont besoin dès aujourd’hui d’oxygène. Il faut véritablement une volonté d’agir sur le plan de crise dans les jours qui arrivent. On ne peut plus attendre des jours et des mois que nos entreprises s’enlisent de plus en plus. Elles ne pourront plus être sauvées si les outils calibrés et validés ne sont pas déployés. Il faut ce plan dit de sortie de crise pour arrêter l’hémorragie.

 

Vous parliez d’un volet offensif complétant cette sortie de crise défensive.

Pour ceux en grande difficulté dans le vignoble il est actuellement difficile de se projeter, mais si l’on obtient des aides aujourd’hui sans avoir la capacité de conquérir des marchés et de se protéger des aléas climatiques, on va continuer à faire mêmes constats. Nous devons lier le plan dit de sortie de crise à un plan massif de conquête commerciale et d’adaptation climatique. Nous avons besoin d’un cap allant au-delà, sinon on cautérisera chaque année l’hémorragie.

Il faut aider nos vins là où la politique européenne a percuté les performances économiques de notre secteur (en Chine et aux États-Unis). Le secteur doit être en capacité de bénéficier d’accords de libre-échange tous azimuts pour s’implanter dans des pays comme l’Inde et pour tenir sur le long terme, sans avoir besoin d’aides directes de l’Etat et pour vivre de notre métier durablement en gagnant des parts de marché et augmentant nos prix. Les vins ont un intérêt pour le Mercosur, mais on ne peut pas accepter de déstabiliser d’autres secteurs agricoles pour en bénéficier. Dans les accords commerciaux de demain, il faut que les branches agricoles soient traitées à part de toutes les autres. En tant qu’agriculteurs, on ne peut pas accepter de sacrifier la filière d’à côté. Dissocions les accords sur l’alimentaire des autres accords de libre-échange.

À quand une véritable ambition portée par le premier ministre et le président de la République sur un plan Marshall de lutte contre les aléas climatiques ? C’est une vraie responsabilité : si la phase de sortie de crise est réussie, l’arythmie de production rend impossible la gestion des entreprises. Si nous n’avons pas les moyens d’avoir une production régulière production permettant d’assurer notre rentabilité et des volumes à commercialiser, il n’y a pas de plan de financement dans nos bilans comptables. Gel, grêle, sécheresse… Les aléas climatiques sont l’élément central de notre déstabilisation durable et de notre incapacité à produire ce qui nous permet de faire tourner la boutique. Il y a une vraie nécessité à déployer la protection physique du vignoble contre ses principaux aléas locaux.

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