Accueil / Commerce/Gestion / Comment voir le vert à moitié plein pour les vins bio  
Comment voir le vert à moitié plein pour les vins bio  
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin

Face aux incertitudes
Comment voir le vert à moitié plein pour les vins bio  

Si tous les feux ne sont plus au vert pour les commercialisations des vins certifiés bio à Bordeaux et dans le Languedoc, les tendances de fond doivent permettre de rester positif pour l’avenir d’après leurs représentants.  
Par Alexandre Abellan et Olivier Bazalge Le 13 janvier 2023
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Comment voir le vert à moitié plein pour les vins bio   
« Pour pérenniser son activité, le vigneron Bio doit travailler sa commercialisation avec le même soin que celui qu’il apporte à son raisin et à sa vinification » indique le SVBNA, qui appelle les vignerons bio à définir une stratégie commerciale poussée. - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2021)
Q

ue l’on y pressente une vague à surfer ou un tsunami à éviter, l’arrivée de nouveaux volumes de vins certifiés bio est massive pour les vignobles d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine. « +50 % en cinq ans, +12 % en un an, le rythme de conversion des surfaces viticoles d'Occitanie vers le bio reste dynamique pour atteindre 57 045 ha de vignes bio ou en conversion dans la région. Cela concerne 3 329 exploitations, soit +50 % en cinq ans » situe Nicolas Richarme, le président de l’interprofession SudVinBio, en conférence de presse ce 12 janvier pour présenter le prochain salon Millésime Bio (30 janvier-1er février). Pour la Nouvelle-Aquitaine, « en 2021, sur les 32 528 ha engagés en Bio, 57 % étaient encore en conversion1. En clair, les volumes de vins Bio produits dans la Région vont doubler d’ici à 2024 » pose la dernière note économique des vins de Bordeaux par le Syndicat des Vignerons Bio de Nouvelle-Aquitaine (SVBNA).

Face à ces arrivées massives de vin, le marché des vins bio semble pour le moins attentiste. En Languedoc-Roussillon, « une légère baisse est constatée sur les cours en début de campagne, mais rien d'alarmiste car les volumes de sorties restent similaires à ceux de l'an dernier à même époque. Les cours de l'an dernier étaient plus hauts en raison de l'impact du gel dans le vignoble » analyse appuie Nicolas Richarme. Pour Bordeaux, « le vrac représente peu pour les ventes de bio, c’est epsilon. En réalité, c’est l’ensemble du marché du vrac qui baisse totalement. Mais il n’est pas à l’arrêt à Bordeaux. Il existe encore ! » explique Cécile Mallié Verdier, la responsable de la commission économique du Syndicat des Vignerons Bio de Nouvelle-Aquitaine. La vigneronne de Cadillac ajoute que « le vrac reste très petit [en volume] parce que les négociants ne veulent pas se risquer sur des engagements, alors qu’ils sont très axés sur la grande distribution qui prend [elle-même] 0 risque sur des produits ayant de la valorisation. Mais l’enjeu est de respecter la marge des producteurs, pas que des distributeurs. »

On ne doit pas fixer sa boussole sur les ventes en GD

Alors que la consommation de vin bio diminue en Grande et Moyenne Surfaces (GMS), les représentants de la filière nuancent le poids commercial des hyper et supermarchés par rapport à des réseaux spécialisés et des circuits de vente directe qui s’en sortent mieux. « La GMS ne commercialise que 35 % des volumes de vins bios mis en marché, plus de 50 % de ces volumes s'écoulent en vente directe avec une forte valeur ajoutée, c'est ce qui fait la force des vins bios pour lesquels le marché se porte bien » note Nicolas Richarme. « Les chiffres des ventes de vin bio sont difficiles à avoir. Nous avons les chiffres des ventes en GMS, qui sont restreints pour les mises en marché de la bio. On ne peut tout baser sur ces chiffres » analyse Cécile Mallié Verdier, pointant que les producteurs de bio se prennent en main commercialement : la conversion technique se doublant d’une approche commerciale plus proche des marchés. Toujours demandeurs de bio pour Cécile Mallié Verdier : « les bio connaissent bien leurs marchés, ils sont réactifs et attractifs. La consommation de bio baisse, mais moins que le reste des vins. C’est une tendance lourde. C’est un pari d’avenir. On ne doit pas fixer sa boussole sur les ventes en GD. »

« Il y a un ralentissement de la progression de consommation de vins bios, mais cette progression reste néanmoins positive » valide Jeanne Fabre, la présidente du salon Millésime Bio. « La consommation de vins bios a augmenté de 50 % entre 2013 et 2021, avec un profil de consommateur plus jeune. 46 % des moins de 45 ans ont déjà consommé un vin bio » poursuit Nicolas Richarme. Optimiste sans être confiante, la filière des vins bio reste mobilisée pour se créer de nouvelles opportunités commerciales. « L'afflux de volumes de vins bios cette année permet d'avoir les volumes disponibles pour aller vers de nouveaux marchés, tels l'Europe du Nord, pour laquelle nous voyons arriver d'importants appels d'offres dédiés aux vins bios » avance Jeanne Fabre. « Les volumes sont enfin disponibles pour répondre aux demandes des négoces pour sortir des marques* » ajoute Cécile Mallié Verdier, qui conclut : « nous avons les mêmes difficultés que les autres : il ne faut pas s’assoir sur ses lauriers et attendre chez soi que ça vienne. Ce n’est pas magique : c’est un vrai métier de vendre son vin. »

 

* : En 2020, le négoce bordelais estimait nécessiter 40 000 hl pour développer son offre de vin bio. « L’arrivée de nouveaux volumes vrac est un risque si et seulement si le commerce n’est pas organisé, si des marques ne sont pas développées ou lancées » analyse le SVBNA.

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
vitijob.com, emploi vigne et vin
Hérault - Stage VINO VIBES
Gironde - CDI GF MICHEL CONSEIL
Pyrénées-Atlantiques - CDI DOMAINE DE SOUCH
Gironde - CDI UNION DE PRODUCTEURS DE ST EMILION
Gironde - CDD Maison Johanès Boubée - Groupe Carrefour
© Vitisphere 2023 - Tout droit réservé