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Les vins de Chablis entrevoient un millésime rêvé
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Avant véraison
Les vins de Chablis entrevoient un millésime rêvé

Alors que la véraison approche, de bons rendements sont de plus en plus probables dans le village de Bourgogne du nord. Le scénario rêvé dans un contexte de pénurie.
Par Clément L’Hôte Le 18 juillet 2022
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Les vins de Chablis entrevoient un millésime rêvé
S'annonçant précoce à date, la vendange pourrait commencer en septembre à Chablis. - crédit photo : Clément L'Hôte
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in mai, la fleur annonçait une jolie récolte 2022 à Chablis. À la mi-juillet, l’espoir se confirme. « Tout va bien jusqu’ici », se réjouit Guillaume Morvan, de la chambre d’agriculture de l’Yonne. Le conseiller viticole, qui avait observé une « belle reprise » après le gel d’avril, se félicite désormais d’une « bonne floraison », avec « très peu de coulure ». Seul bémol : «Un peu de millerandage, du fait de la grande hétérogénéité de stades due aux gelées ».

Après nouaison, la grêle n’a frappé que sur des couloirs extrêmement restreints. « Il y a peut être une centaine d’hectares touchés [sur près de 6 000 ha de vignoble, ndla], peu de viticulteurs s’en sont plaint. Sur certaines parcelles, les dégâts vont jusqu’à 25 %, mais à l’échelle de Chablis c’est insignifiant». Finalement, les orages ont plutôt aidé : « On a eu de l’eau régulièrement, notamment au mois de juin. Les baies gonflent bien. Tout le monde est satisfait là-dessus. »

 

Et parce qu’une bonne nouvelle peut en cacher une autre, « l’état sanitaire est excellent », se réjouit Matthieu Mangenot, directeur technique adjoint de Maison Albert Bichot, propriétaire de 65 ha dans le vignoble de Chablis avec le domaine Long-Depaquit. « La pression oïdium, très élevée au printemps, a été contenue. On a fait très attention, il était hors de question d’avoir des pertes. Le mildiou, moins menaçant, n’a pas provoqué de dégâts non plus. »

Seule crainte pour l’agronome : la période très chaude qui s’annonce. « Cela peut provoquer des brûlures directes. De notre côté, on a évité les stratégies d’effeuillage un peu fortes, et on ne rognera qu’après les grosses chaleurs». Et de se rassurer : « à chaque pic de température, on voit la capacité énorme de la vigne à mobiliser la réserve hydrique du sol».

Vers 45 à 50 hl/ha

L’une des dernières épreuves avant les vendanges, qu’il imagine pour l’instant « tout début septembre ». Particulièrement précoce pour Chablis. « Ce millésime présente des similitudes avec 2020 », abonde Guillaume Morvan, qui a observé ce début de semaine « les toutes premières baies vérées de chardonnay, dans une dizaine de parcelle».

Si aucun aléa ne vient frapper l’Yonne d’ici la récolte, les rendements seraient de nature à satisfaire tous les producteurs. « On pourrait se diriger vers 45 à 50 hl/ha, pas très loin d’une année normale », estime Matthieu Mangenot. Ce serait un soulagement économique, mais aussi commercial. «C’est important d’avoir une bonne vendange pour détendre l’atmosphère dans ce contexte de pénurie. De beaux rendements viendraient à point nommé pour ramener les transactions de vrac à des prix plus normaux, et faire en sorte que Chablis soit accessible au plus grand nombre. Mais sans pour autant avoir une récolte pléthorique, et risquer un retournement de marché.» Un souhait largement partagé dans le nord de la Bourgogne.

 

 

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