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Programme Oenoterris
Des applications foliaires à la vigne pour des vins plus aromatiques

Dans le cadre de son programme Oenoterris, Sofralab a lancé trois nouveaux produits foliaires dans l'objectif d'obtenir des vins blancs et rosés plus aromatiques et des rouges plus fruités. Premiers retours d'expérience sur des rosés de Provence et des blancs du Gers.
Par Claire Furet-Gavallet Le 05 mai 2022
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 Des applications foliaires à la vigne pour des vins plus aromatiques
Jérôme Dufour, du laboratoire Oenolyse a testé, chez trois de ses clients, le nouveau programme foliaire de Sofralab destiné à obtenir des blancs et des rosés plus thiolés. - crédit photo : © oenolyse
C

’est à partir de la mi-FA que Jérôme Dufour a senti une différence. « Les rosés qui ont bénéficié du programme Oenoterris étaient plus complexes que les témoins. Les arômes étaient légèrement plus intenses, mais surtout plus persistants », décrit cet œnologue-conseil et dirigeant d’Oenolyse, un laboratoire œnologique basé à Meyreuil, dans les Bouches-du-Rhône.

Des produits commercialisés depuis 2021

Jérôme Dufour a testé, chez trois de ses clients, le nouveau programme foliaire de Sofralab destiné à obtenir des blancs et des rosés plus thiolés. Sofralab, qui regroupe Martin Vialatte, Œnofrance et la Station œnotechnique de Champagne, a travaillé avec Frayssinet, spécialiste de la fertilisation, pour développer trois produits (voir encadré). Ces produits sont commercialisés depuis 2021, après cinq ans d’étude.

Paul Jegerlehner, vigneron avec son père, propriétaire du Domaine de Ménard, à Gondrin, dans le Gers, a appliqué le protocole Oenoterris à la lettre sur 4 hectares de colombard. Il les a traités deux fois avant fleur avec Oenoterris Fleur et deux fois avant la véraison avec Oenoterris Arôme. Le reste de sa parcelle, 8 hectares au total, a reçu son produit habituel, Nutrimyr Thiols, à base d’azote et de soufre, une fois au début de la véraison, puis dix jours après.

"Un vin plus thiolé et plus complexe"

« L’une de mes deux meilleures cuves en 2021 était celle traitée avec les produits Oenoterris, raconte Paul Jegerlehner. Le vin était plus thiolé et complexe que les autres. J’ai récolté 150 hl/ha avec Oenoterris, contre 130 hl/ha sur la parcelle témoin. Et la teneur en azote assimilable est nettement supérieure : 250 mg/l, contre 190 mg/l pour le témoin. Enfin, ce qui m’a étonné c’est que la cuve Oenoterris n’a pas réduit vers 1020-1030 de densité, comme c’est le cas d’habitude pour mes autres cuves. »

Un programme qui coûte 150 à 200 €/ha

Comme lui, les clients de Jérôme Dufour ont appliqué sans faute le programme à la vigne, sur 2 parcelles de grenache et une de cinsault, en AOP Côtes de Provence. « Nous avons obtenu le même rendement pour les deux modalités, soit 55 hl/ha. Les rosés obtenus étaient plus complexes et fruités mais nous devons confirmer cela sur plusieurs millésimes » nuance l’œnologue-conseil. En moyenne, il a observé 40 mg/L d’azote assimilable de plus avec Oenoterris. Coût du programme « entre 150 et 200 € par hectare pour les quatre pulvérisations. Cela correspond à un programme foliaire assez haut de gamme. Il faut vraiment confirmer que cela apporte une plus-value », remarque Jérôme Dufour.

Selon le coût de ces produits, qu’il s’est vu offrir l’an dernier, Paul Jegerlehner va réitérer ses essais sur une plus grande surface de colombard cette année. « J’ai également des problèmes de millerandage sur des merlots, ce qui donne moins de rendements et une maturité hétérogène. Les vins ne sortent pas aussi fruités que je le voudrais. J’ai donc envie d’essayer le programme Oenoterris rouge », s’impatiente le vigneron. Un programme qui se compose d’Oenoterris Fleur et d’Oenoterris Expression, à appliquer aux stades petit pois et fermeture de la grappe, pour obtenir des vins rouges plus fruités.

Trois produits foliaires spécifiques

Sofralab commercialise trois nouveaux produits foliaires élaborés avec Frayssinet : Oenoterris Fleur, Oenoterris Arôme et Oenoterris Expression. Le premier sert à encadrer la fleur pour avoir une bonne fécondation et nouaison. Il est commun aux deux programmes, blanc et rouge, et est composé d’azote (N, 4 %) de phosphore (P, 3 %) de potassium (K, 2 %) d’un pool d’acides aminés (25 %) dont beaucoup d’arginine, un protecteur auxinique, des polyphénols et de la silice. « L’arginine est à la base de la constitution d’hormones régulatrices de la floraison. L’auxine stimule le système racinaire en période de stress hydrique et la silice est un éliciteur », détaille Céline Sparrow, directrice innovation et développement chez Sofralab. Dans Oenoterris Arôme, la cystéine est l’acide aminé prépondérant. « Elle a un rôle multiple sur les composés soufrés et azotés, notamment avec les précurseurs de thiols présents dans la baie. » Dans Oenoterris Expression, c’est la glycine bétaïne, « fortement osmoprotectrice lors de stress hydrique ». Tous les produits sont utilisables en bio. « Mais attention, il faut qu’ils soient appliqués sur une parcelle bien tenue dans sa globalité. »

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