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Campagne vrac
Hausses sur les prix des vins blancs et rosés du Val de Loire

Les faibles volumes de vins de cépages blancs raffermissent les cours. Les AOP devraient pouvoir faire la jonction grâce aux stocks, qui sont bien moindres pour les IGP.
Par Olivier Bazalge Le 10 février 2022
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Hausses sur les prix des vins blancs et rosés du Val de Loire
Le vignoble du Val de Loire a été parmi les plus touchés par la baisse de récolte liée au gel d'avril 2021 - crédit photo : Syndicat des vins IGP Val de Loire
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n Val de Loire, InterLoire n'est pas encore en mesure de communiquer les volumes de vins produits à l’occasion de la récolte 2021. Le chiffre estimatif des douanes arrêté au 7 janvier faisait état d’une récolte estimée à 2,069 millions hl pour le bassin Valde Loire-Centre, soit une baisse de 34% par rapport au millésime précédent. Il apparaît donc comme un de plus touchés par les pertes de récolte cette année.

Alors qu’ils atteignaient presque 300 000 hl en 2020, les volumes d’IGP Val de Loire affichent un très net recul en plafonnant à 160 000 hl cette année. « Depuis 2011, le volume des IGP suit une tendance en yo-yo, à cause de la production qui oriente en priorité les volumes vers les AOP. La grande mixité des surfaces de notre bassin tend à accentuer ce mouvement de repli des volumes vers les AOP lorsque la récolte est faible. Il y a un enjeu de préservation des marchés les mieux valorisés par les producteurs », analyse Raphaël Fattier, directeur du syndicat des vins IGP Val de Loire.

Dynamique des crémants

Comme dans la plupart des bassins français, les pertes sont hétérogènes selon les zones, avec une constante autour des cépages blancs comme le sauvignon ou le chardonnay, très touchés. « L’Anjou et Saumur ont été plus épargnés par le gel alors que la zone nantaise et la Touraine ont été très atteintes », poursuit Raphaël Fattier. Il indique ainsi une baisse de moitié des volumes de Sauvignon en IGP, et -40% pour les IGP en Chardonnay ou en rosés.

La campagne d’achat a donc commencé tôt sur les blancs et rosés, « tout comme les vins de base pour crémants », indique Christine Thouron, présidente du syndicat régional des courtiers en vins et spiritueux du val de Loire. "Ce marché des bulles est très dynamique, avec des niveaux de stocks assainis, mais cette récolte déficitaire fait peser une inquiétude sur la jonction des millésimes", avise Pierre-Jean Sauvion, président de la commision communication d'InterLoire. Christine Thouron précise en outre qu’à cause du gel, les volumes de Cabernet d’Anjou seront certainement « inférieurs à ceux du millésime 2020, mais devraient toutefois permettre de répondre aux besoins du marché ».

Tensions croisées

Les prix de ceux-ci avaient baissé à l’occasion de la récolte 2020, avant de remonter du fait de la forte demande générale sur les crémants de Loire (passés d’une moyenne de 185 à 200 €/hl). « Cette mécanique a provoqué une hausse nécessaire des rémunérations des cabernets d’Anjou, sans quoi les producteurs auraient privilégié la production de vins de base pour Crémants plutôt que celle des cabernets », analyse Christine Thouron.

Le rosé d’Anjou voit lui aussi ses volumes baisser en conséquence, « 5 à 10 % de moins qu’en 2020, mais là aussi avec un effet levier sur un prix de base qui remonte à 170 €/hl contre 155 à 160 €/hl l’année passée », précise encore Christine Thouron. Ces trois AOC ont animé le marché vrac de début de campagne alors que le reste des appellations rouge en est encore aux phases d’échantillonnage. "Comme les crémants, le marché des rosés est très actif et les tensions de marchés sont forcément interconnectées", ajoute Pierre-Jean Sauvion.

Reprise de la restauration

Malgré les baisses de volumes attendues pour les 2021, il ne devrait pas y avoir de manques en Saumur-Champigny ou Saint-Nicolas de Bourgueil, car il y a des stocks. « Pour la plupart des AOP, il y avait des stocks, la jonction devrait se faire. En revanche, nous sommes en forte baisse sur les IGP, avec tout au plus 4 à 5 mois de stocks de commercialisation », souligne Raphaël Fattier. Les cours sont par conséquent élevés qu'en 2020, en particulier pour les sauvignons ou les IGP blancs en général.

« Depuis le 1er août, il y a déjà eu 71 000 hl d’IGP contractualisés, dont 52 800 hl de blancs, pour un total habituel de 130 000hl. Il y aura moins cette année donc la campagne est très bien lancée alors que ça ne bouge pas trop sur les rouges », abonde le directeur des vins IGP Val de Loire.

Pour Christine Thouron, la tension est plutôt attendue en Touraine sur Sauvignon ou Gamay et en Muscadet, où le gel devrait entraîner une perte de 30 % des volumes. « Il ne devrait toutefois pas y avoir de problèmes de jonction des millésimes en raison de stocks », précise-t-elle. La courtière et Pierre-Jean Sauvion s'accordent autour de la bonne dynamique commerciale des vins de la région grâce à la reprise de la restauration, même si les volumes de la grande distribution tardent à se relancer.

 

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