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Nouveau coup d'accélérateur en Corée du Sud pour les vins français

Dix ans après l'accord de libre-échange avec l'Union Européenne, le marché sud-coréen du vin connaît de nouveaux développements, accélérés par la crise Covid.
Par Alexandre Abellan Le 02 septembre 2021
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Nouveau coup d'accélérateur en Corée du Sud pour les vins français
En 2020, le réseau off-trade représente 57 % des vins achetés en Corée du Sud. - crédit photo : Business France
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l n’y a pas eu de coup frein, mais un véritable emballement de la consommation sud-coréenne de vin avec la crise sanitaire du covid-19 rapporte Najin Lim, la chargée de développement des boissons alcoolisées pour Business France à Séoul. Faisant état d’un marché en construction depuis 20 à 30 ans (voir encadré), l’experte rappelle que longtemps « le vin a été considéré comme un produit de luxe inaccessible, et les amateurs avaient peur d’en acheter, par crainte de se tromper ». Ayant causé un bond de consommation en juillet 2011, l’accord de libre-échange entre la Corée du Sud et l’Union Européenne a amorcé un changement de perception du vin dans le marché, qui s’accélère encore en 2020 avec le développement de la consommation à domicile (les bars et restaurants étant tenus de fermer dès 22 heures depuis décembre 2020).

Dans ce marché en croissance accélérée, la France reste le pays fournisseur de vin leader en valeur, et pointe à la quatrième place en volume, derrière le Chili, l’Espagne et l’Italie. Les vins chiliens sont particulièrement bien implantés sur le marché sud-coréen, bénéficiant depuis 2004 d’un accord de libre-échange, ce qui a conforté leur positionnement grâce à des prix très accessible en grande distribution.

Demande croissante sur les effervescents

Le développement du marché sud-coréen accélère sa diversification, même si la consommation de vins rouges reste dominante (73 % des volumes en 2020), Najin Lim note de fortes poussées des vins blancs (15 %) et effervescents (10 %). « Les vins français sont bien placés pour répondre à la demande croissante sur les effervescents. Leur consommation était jusqu’à présent considérée estivale, pour se rafraîchir, mais aujourd’hui on voit apparaître une consommation toute l’année, portée par la demande de consommatrices » indique l’experte, soulignant les opportunités pour les champagnes, mais aussi les crémants.

Si les vins français tirent profit de la demande croissante sur les vins premium (notamment pour les vins de Bordeaux, Bourgogne et de Champagne), d’autres bassins viticoles confortent leurs expéditions (IGP Pays d’OC, IGP Val de Loire…). « Il y a une recherche d’autres vins français, avec des importateurs s’intéressant aux origines les moins importés en Corée du Sud pour s’y positionner » rapporte Najin Lim. L’experte conseille de toujours passer par un importateur local, pour assurer le processus d’enregistrement en langue coréenne. Elle recense 900 opérateurs spécialisés dans l’importation de vins, dont 15 représentent 70 % des volumes. « Comme la Corée du Sud est un marché en pleine croissance, les opérateurs sont saturés et débordés de mails. Un importateur me disait recevoir plus de 100 mails par jour » prévient Najin Lim.

Modernisation du pays

Marché de 51,7 millions d’habitants, la Corée du Sud voit ses tendances naître et se concentrer dans la région de Séoul (dont la région réunit la moitié de la population nationale). « Les boissons alcoolisées sont un élément clé des interactions sociales en Corée du Sud, notamment dans le cadre professionnel » pointe l’experte, qui note l’impact de la pandémie de covid-19 sur les modes de consommation. Traditionnellement fort, le réseau de consommation sur le lieu d’achat (on-trade) est en chute (accentué par les annulations de repas d’entreprises). « Le secteur est modifié par la covid, et il sera encore modifié cette année » indique l’experte, notant le développement des ventes de vin par le e-commerce depuis l’autorisation du 3 avril 2020 (mais avec une limitation au seul click-and-collect).

A noter que s’il n’y pas de droits de douane en Corée du Sud, des droits d’accises s’appliquent. « Un vin partant à 4 € de France est vendu 15 à 20 € en caviste et 30 à 40 € en restaurant » indique Najin Lim, évoquant les impacts de +30 % du CIF (coût, assurance et fret), de +10 % pour une taxe d’éducation et +10 % de TVA.

Pour en savoir plus sur ce marché, cliquer ici.

 

 

Les dates clés du marché par Najin Lim

1988 : libéralisation des importations de vins suite aux Jeux Olympiques de Séoul.

1992 : premier caviste franchisé.

1996 : premier concours de sommellerie.

2004 : accord de libre-échange entre le Chili et la Corée du Sud.

2006 : succès du manga japonais les Gouttes de Dieu.

2011 : accord de libre-échange entre la Corée du Sud et l’Union Européenne.

2015 : accord de libre-échange entre la Corée du Sud et l’Australie.

Avril 2020 : autorisation de la vente de vin par e-commerce, mais seulement en click & collect.

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